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Angela Merkel appelle l'Europe à « défendre ses frontières », sans les « fermer »

La chancelière allemande Angela Merkel en compagnie du... (PHOTO MAX ROSSI, REUTERS)

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La chancelière allemande Angela Merkel en compagnie du premier ministre italien Matteo Renzi.

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Agence France-Presse
ROME

La chancelière allemande Angela Merkel a appelé jeudi les Européens, dont les principaux dirigeants étaient réunis à Rome, à « défendre les frontières externes » européennes afin d'éviter un « retour aux nationalismes », mais sans pour autant «résoudre le problème sans avoir recours à la fermeture des frontières».

« De la Méditerranée au pôle Nord », cette défense des frontières constitue un « défi pour l'avenir de l'Europe », a souligné la chancelière, pour qui l'enjeu est « la libre circulation » prévue par les accords de Schengen.

Lors d'une conférence de presse avec le chef du gouvernement italien Matteo Renzi, la chancelière a insisté sur la nécessité « de respecter la dignité humaine » des migrants et de « partager le fardeau » du flux migratoire, car « il n'est pas possible de fermer les frontières ».

L'Europe « forteresse » est « absurde », mais si « nous voulons convaincre nos concitoyens que nous sommes en mesure de leur donner un sentiment de sécurité, alors il faut exercer un contrôle effectif sur nos frontières externes », a renchéri dans la soirée le président du Conseil européen Donald Tusk, lors d'un débat à Rome sur l'avenir de l'Europe.

M. Renzi a pour sa part insisté devant la presse sur la nécessité d'avoir « une stratégie pour l'Afrique » comme cela avait été le cas pour régler le problème de « la route des Balkans », qui portait des centaines de milliers de réfugiés depuis la Turquie vers la Grèce.

L'Italie propose ainsi un plan nommé « Migration Compact », qui met l'accent sur l'aide aux pays d'origine et sur la coopération avec les pays de transit, en visant par exemple un accord avec la Libye sur le modèle de celui conclu par l'UE avec la Turquie.

Mais « nous ne sommes pas d'accord sur les formes de financement » du « Migration Compact », a reconnu M. Renzi, « l'Allemagne refusant les eurobonds » pour financer les pays africains d'origine et de transit des migrants.

Le chef du gouvernement italien devait ensuite recevoir le président de la Commission européenne, Jean-Claude Junker, le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le président du Parlement européen, Martin Schulz, avant de tenir avec eux une conférence sur l'avenir de l'UE.

Avec quelque 26 000 migrants débarqués depuis le début de l'année selon M. Renzi (28 600 selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés), l'Italie est redevenue la principale porte d'entrée méditerranéenne depuis la fermeture de la route des Balkans et l'accord controversé sur le renvoi vers la Turquie des nouveaux arrivants en Grèce.

Évoquant les menaces autrichiennes de renforcement des contrôles au tunnel stratégique du Brenner pour juguler l'arrivée de migrants par l'Italie, Matteo Renzi a évoqué une « attitude erronée » et une « position anachronique ». Mme Merkel a, elle, jugé qu'il fallait « résoudre le problème sans avoir recours à la fermeture des frontières ».

« Migration Compact »

Contrairement aux années précédentes, où plus de la moitié des arrivants poursuivaient leur route vers l'Europe du Nord, l'Italie redoute de devoir faire face seule à l'accueil des nouveaux venus, la rigueur imposée par l'UE dans l'identification des arrivants ne leur permettant plus d'aller déposer leur demande d'asile ailleurs.

Parallèlement, le système de répartition des réfugiés au sein de l'UE reste grippé et le projet d'amende de 250 000 euros par demandeur d'asile refusé ne changerait pas forcément la donne pour l'Italie : il n'y a pour l'instant quasiment pas de Syriens, d'Irakiens ni même d'Érythréens - les trois nationalités principales reconnues pour la répartition - sur les embarcations de fortune secourues cette année au large de la Libye.

Vendredi, le pape François devrait également évoquer la crise migratoire lors d'une audience avec les trois responsables de l'UE puis avec Mme Merkel, ainsi que dans un important discours lors de la cérémonie de remise du prix Charlemagne.

Ce prix, qui récompense chaque année « une contribution exceptionnelle à l'unification européenne », a été attribué au pontife argentin pour « son encouragement et son message d'espoir pour la paix et le vivre ensemble » en Europe, a expliqué la ville allemande d'Aix-la-Chapelle, à l'origine de ce prix.

L'Europe est « dans une phase très fragile », a averti Mme Merkel. Il faut éviter qu'elle ne périsse, atteinte du « syndrome maya », celui d'une civilisation qui disparaît peu à peu, a dit de son côté M. Renzi, citant une préoccupation également partagée, a-t-il dit, par la chancelière allemande.

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