Levée de boucliers contre le défilé militaire de Trump

Donald Trump a visité des soldats américains au... (PHOTO JIM WATSON, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE)

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Donald Trump a visité des soldats américains au Japon en novembre dernier.

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Sylvie LANTEAUME
Agence France-Presse
Washington

«Futile», «Napoléon en devenir»: le souhait de Donald Trump d'organiser un défilé militaire sur le modèle de celui du 14 Juillet en France suscitait mercredi un barrage de critiques aux États-Unis, au point que la Maison-Blanche paraissait déjà reculer.

La Maison-Blanche a annoncé mardi que le président souhaitait un défilé pour mettre en avant la puissance militaire américaine, une démonstration de force qui n'est pas dans la tradition des États-Unis.

«Nous sommes en train de préparer des options, nous les enverrons à la Maison-Blanche pour qu'elle prenne une décision», a confirmé mercredi le ministre américain de la Défense Jim Mattis, au cours d'une conférence de presse à la Maison-Blanche.

M. Trump caressait déjà l'idée d'un défilé militaire à Washington avant son élection et s'était déclaré particulièrement impressionné par le défilé du 14 juillet - qualifié de formidable - lorsqu'il avait été reçu en grande pompe par le président Emmanuel Macron à Paris.

Aucune date n'a été fixée, le lieu du défilé n'a pas encore été choisi et le coût n'a pas encore été évalué, mais le Pentagone «veut s'assurer qu'il représente toutes les composantes des forces armées américaines», a indiqué à l'AFP le colonel Rob Manning, porte-parole du ministère de la Défense.

Il a estimé que le défilé serait «très populaire» au sein des forces armées américaines.

Gaspillage et égo

Mais un sondage en ligne organisé mercredi par le quotidien de l'armée américaine Military Times montrait que sur les 3700 personnes ayant participé à la mi-journée, 70 % considéraient qui s'agira d'un «gaspillage d'argent, alors que les soldats sont très occupés», tandis que 30 % jugeaient que ce serait une «superbe opportunité de montrer la puissance de l'armée».

Interrogé à la Maison-Blanche sur le bien-fondé de ce genre de manifestation, M. Mattis, qui est un ancien général des Marines, a refusé de s'engager: «Nous connaissons tous dans ce pays l'affection et le respect du président pour les militaires», s'est-il contenté de répondre.

Quant à la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, elle est apparue prudente, laissant entendre que l'idée puisse être abandonnée. «Nous n'avons pris aucune décision définitive», a-t-elle dit. «Nous ne faisons qu'explorer nos options. (...) C'est littéralement un remue-méninges.»

«Le président explore les différentes façons dont il pourrait mettre les militaires en lumière et leur montrer notre respect», a-t-elle ajouté.

Alors que le dernier défilé militaire jamais organisé aux États-Unis date de 1991, fin de la guerre du Golfe, et que M. Trump n'a jamais rendu visite aux soldats américains qui se battent en Afghanistan ou en Irak, de nombreuses voix se sont élevées contre l'idée même de faire un étalage de la force de frappe des États-Unis.

«Nous sommes l'armée la plus puissante du monde, nous en sommes fiers et nous avons raison. Nous n'avons pas besoin de faire parader notre équipement militaire sur Pennsylvania Avenue pour le montrer à quiconque», a ainsi déclaré sur CNN l'ex-porte-parole de la diplomatie américaine et du Pentagone John Kirby, qui est un vice-amiral à la retraite. Dans un tweet, il a comparé le président américain au dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

Pour le général à la retraite Paul Eaton, cette demande de Donald Trump ne fait que refléter ses «tendances autoritaires». «Pour quelqu'un qui vient de déclarer que ne pas l'applaudir était une "trahison" et qui a dans le passé admiré les tactiques de personnes comme Saddam Hussein et Vladimir Poutine, il est clair qu'un défilé militaire n'est pas destiné à saluer les militaires. Il est destiné à montrer les militaires le saluant», a-t-il tweeté.

Le président américain a accusé les élus démocrates qui ne l'ont pas applaudi lors de son discours sur l'état de l'Union de s'être rendus coupables de «trahison».

L'élue démocrate Jackie Speier a estimé que M. Trump était un «Napoléon en devenir», tandis que la dirigeante des démocrates à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, s'est insurgée contre le coût d'un grand défilé, affublant le président du diminutif méprisant «Donnie».

«Nous avons des familles de soldats qui arrivent tout juste à joindre les deux bouts et Donnie veut dépenser des millions pour un défilé futile qui gonflera son égo pathétique», s'est-elle exclamée sur Twitter.

Même le sénateur républicain Lindsay Graham s'est inquiété. «Je ne voudrais pas que ce défilé soit axé sur l'armement, mais sur le service et le sacrifice», a-t-il tweeté.

Quant à l'ex-candidat à la présidentielle Bernie Sanders, il s'est gaussé sur Twitter de l'admiration de Donald Trump pour le défilé du 14 Juillet. «Hé, M. le Président, plutôt que de copier le défilé militaire de la France, pourquoi ne pas plutôt copier le système de santé français ?»




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