Trump à couteaux tirés avec un chef vedette

Donald Trump réclame 10 millions de dollars aux chefs... (photo jonathan ernst, archives reuters)

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Donald Trump réclame 10 millions de dollars aux chefs José Andrés et Geoffrey Zakarian pour rupture de contrat. Les chefs ont répliqué avec leur propre poursuite de 8 millions de dollars.

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Alors qu'il avait certainement mieux à faire à deux semaines de son investiture, le futur président des États-Unis a témoigné hier matin dans le litige qui l'oppose à un chef espagnol. Cinq questions pour mieux comprendre cette situation étonnante.

QUI EST JOSÉ ANDRÉS ? 

José Andrés est un chef espagnol, maintenant installé aux États-Unis et citoyen américain. Il fait partie de ce prestigieux cercle de chefs célébrités qui possèdent quelques restaurants dans plusieurs grandes villes américaines. On pense à Wolfgang Puck, Gordon Ramsay, Emeril Lagasse ou les Momufuku de David Chang. José Andrés a maintenant une trentaine d'adresses, presque toutes sur le sol américain, dont un camion de cuisine de rue et un service de traiteur. Plusieurs de ses établissements servent des tapas espagnoles. À Washington seulement, Andrés a déjà neuf restaurants.

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Lorsque Donald Trump a lancé sa campagne électorale, en 2015, en parlant des Mexicains comme de violeurs, le chef José Andrés a décidé qu'il ne voulait plus avoir de restaurant dans le nouvel hôtel Trump de Washington.

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QUEL EST LE PROBLÈME ? 

Le chef Andrés devait ajouter un autre restaurant à sa collection, dans le nouvel hôtel Trump, à Washington. Or, l'entrepreneur espagnol a vite réalisé que Donald Trump avait des opinions qui ne cadraient pas avec ses valeurs. Lorsque M. Trump a lancé sa campagne électorale, en 2015, en parlant des Mexicains comme de violeurs, José Andrés ainsi qu'un autre chef, Geoffrey Zakarian, ont décidé qu'ils ne voulaient plus avoir de restaurant dans le futur hôtel. Trump leur a réclamé 10 millions de dollars chacun pour rupture de contrat. Les chefs ont répliqué avec leur propre poursuite de 8 millions de dollars. Andrés estime que les commentaires du futur président envers la communauté hispanique rendent impossible, pour lui, la possibilité d'ouvrir et d'exploiter un restaurant à saveur espagnole dans un hôtel Trump. 

C'EST TOUT ? 

Pas tout à fait. José Andrés a aussi publiquement appuyé Hillary Clinton durant la campagne présidentielle, critiquant avec passion les propos du candidat républicain... le jour de l'ouverture du fameux hôtel Trump, dans un ancien et grandiose bureau de poste de la capitale américaine. Le président désigné a avoué lors d'une conférence de presse qu'il avait été blessé par le comportement d'Andrés et de Zakarian. 

Y AURA-T-IL UN PROCÈS ? 

Aussi improbable que cela ait pu paraître au début de cette affaire, tout porte à croire que les deux parties se dirigent tout droit vers les tribunaux, malgré les demandes répétées du chef pour régler le litige à l'amiable. La déposition du président désigné a été faite hier matin de la Trump Tower par vidéo, pour des raisons de sécurité. Les avocats de Trump ont bien essayé de lui éviter cet exercice, mais ils ont été déboutés en Cour supérieure. 

La situation est exceptionnelle, mais pas unique. Quatre présidents américains ont déjà dû témoigner devant la justice, dont Bill Clinton dans l'affaire de Paula Jones, qui l'accusait de harcèlement sexuel. 

Les avocats de Donald Trump ne risquent pas de manquer de travail dans les mois qui viennent. Plusieurs autres poursuites pendent au nez du futur président, dont l'une de protestataires qui affirment avoir été brutalisés par la sécurité du milliardaire devant la Trump Tower. Des participants aux rassemblements de Trump durant la campagne affirment, eux aussi, avoir été brutalisés par l'équipe du politicien. Dans un autre domaine, un traiteur qui a travaillé dans un événement à l'hôtel Trump de Soho accuse le prochain président et son équipe... de ne pas lui avoir versé les pourboires auxquels ses employés avaient droit. Plusieurs autres poursuites ou menaces de poursuite sont sur la table du milliardaire. Le litige qui oppose le futur président à l'autre chef, Geoffrey Zakarian, n'est toujours pas réglé non plus. Quant à José Andrés, hier matin encore, sur Twitter, il écrivait ceci : « Terminons cela sur un ton amical et donnons l'argent à une oeuvre de charité. » Le message, qui contenait même un bonhomme sourire, n'a pas eu de suite.

ET ALORS, QUE MANGE-T-ON À L'HÔTEL DE M. TRUMP ? 

C'est finalement le chef David Burke qui a accepté d'être à la tête de la grande table de l'hôtel Trump de Washington. Le chef est également un restaurateur à succès, avec huit restaurants, de différents styles, dans son porte-folio. 

À Washington, les tapas ont donc cédé leur place au steak vieilli et à un menu de brasserie plutôt classique qui fait la part belle aux poissons et fruits de mer, crus ou cuits. David Burke a au moins un point en commun avec son nouveau patron et président : il est un produit de la téléréalité. Burke a participé aux populaires compétitions culinaires Iron Chef America et Top Chef Master. Lorsqu'un journaliste lui a demandé s'il était à l'aise à la perspective de s'installer dans un hôtel Trump dans ces circonstances, le chef américain a noté que personne ne boycottait Jean-Georges Vongerichten, célèbre chef français, qui a, lui aussi, plusieurs tables aux États-Unis, dont trois dans la Trump Tower, à New York. Vongerichten était aussi aux fourneaux le jour du mariage de Donald Trump et de Melania Knauss, en 2005.




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