Attaques à New York et au New Jersey: le suspect arrêté

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Le suspect Ahmad Khan Rahami a été blessé lors de son arrestation.

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Catherine TRIOMPHE, Thomas URBAIN
Agence France-Presse
New York

La police américaine a interpellé et inculpé le principal suspect d'attentats à New York et dans le New Jersey ce week-end, un Américain d'origine afghane, une arrestation qui renforce l'hypothèse d'une attaque d'inspiration jihadiste.

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Les enregistrements de vidéosurveillance montrent un même homme, que l'on croit être Ahmad Khan Rahami, près du lieu de l'explosion et près de la bombe qui n'a pas explosé.

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Ahmad Khan Rahami, 28 ans, a été arrêté lundi à Linden, dans le New Jersey, tout près de la ville d'Elizabeth où il habitait, après une fusillade avec les forces de l'ordre.

«Nous avons désormais toutes les raisons de penser que l'attaque», qui a fait 29 blessés, était bien «un acte de terrorisme», a déclaré le maire de New York, Bill de Blasio, après l'arrestation.

Il a précisé qu'«aucun autre individu n'était recherché» pour l'attentat de New York. Un agent du FBI a ajouté ne disposer à ce stade d'«aucune information» sur une cellule terroriste «opérationnelle».

Le jeune homme a été formellement inculpé lundi soir pour tentatives de meurtre et possession d'une arme à feu, selon plusieurs médias américains, mais ces chefs d'accusation sont liés à la fusillade qui a conduit à son arrestation et non aux attentats eux-mêmes.

Des images de la chaîne ABC, tournées peu après l'arrestation à Linden, montrent un jeune homme barbu, étendu sur un brancard avec une plaie au bras, avant d'être porté dans une ambulance.

Quelques informations ont commencé à filtrer sur son passé et ses motivations.

Le New York Times citait des amis du suspect qui ont remarqué «un changement de comportement et de sa pratique religieuse, après ce qu'ils croient avoir été un voyage en Afghanistan». Il avait disparu quelque temps il y a environ quatre ans, selon le quotidien.

Ahmad Khan Rahami a «beaucoup» voyagé, notamment en Afghanistan et au Pakistan, où il avait une épouse, a déclaré le gouverneur de New York Andrew Cuomo sur CNN. «Mais nous n'avons trouvé à ce stade aucun lien avec l'ISIS (acronyme anglais du groupe État islamique), les talibans, etc. qui pourrait expliquer ce comportement», a-t-il ajouté.

Voleurs et SDF

Le maire d'Elizabeth, Chris Bollwage, a souligné qu'il n'était «pas dans les radars» de la police locale. Sa famille avait cependant eu maille à partir avec la mairie qui l'avait obligée à réduire les horaires d'ouverture du restaurant familial dans lequel Ahmad Khan Rahami travaillait.

Les Rahami -- l'une des rares familles musulmanes dans un quartier fortement hispanique -- estimaient être victimes de sentiments islamophobes, ce qu'a démenti M. Bollwage.

Ahmad Khan Rahami est soupçonné à la fois pour l'explosion survenue samedi soir dans le quartier de Chelsea, à Manhattan, et pour la bombe artisanale placée sur le parcours d'une course à pied organisée samedi matin à Seaside Park, une ville côtière du New Jersey.

Cette bombe n'a pas fait de victimes, le départ de la course ayant été retardé.

D'autres engins artisanaux, qui n'ont pas explosé, ont été retrouvés ce week-end: un tout près du site de l'explosion à Manhattan et d'autres dans le New Jersey, dont l'un dans une gare proche de l'aéroport de Newark, près d'Elizabeth.

«Ce que s'est passé n'a rien à voir avec la communauté musulmane ni la foi musulmane. C'est un jeune homme malade, dérangé», a déclaré Salaam Ismial, un travailleur social d'une mosquée locale.

Un responsable de la police de New York a indiqué que deux voleurs avaient contribué incidemment à récupérer les engins non explosés. À Elizabeth, deux sans-abri ont apporté à la police des engins récupérés dans une poubelle.

Les autorités n'ont trouvé à ce stade «aucun lien» entre ces attentats et celui perpétré dans un centre commercial du Minnesota samedi, selon le président Barack Obama. Un étudiant d'origine somalienne y a blessé dix personnes à l'arme blanche avant d'être abattu par un policier.

Lundi, la diaspora somalienne du Minnesota a exprimé sa crainte de représailles.

La police américaine a interpellé et inculpé le principal... (image fbi/REUTERS) - image 6.0

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image fbi/REUTERS

Des enquêteurs du FBI perquisitionnent un logement dans... (REUTERS) - image 6.1

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Des enquêteurs du FBI perquisitionnent un logement dans le centre d'Elizabeth, au New Jersey, lors de l'enquête visant Ahmad Khan Rahami, le 19 septembre.

REUTERS

«Faire peur»

Même si cette seule attaque du Minnesota a été revendiquée par l'organisation État islamique, l'évolution rapide de l'enquête à New York et dans le New Jersey pointe de plus en plus vers la piste islamiste.

Elle ravive la crainte de nouveaux attentats meurtriers en pleine campagne présidentielle.

Les extrémistes «essaient de blesser des innocents, mais ils essaient aussi de nous faire peur à tous», a déclaré Barack Obama. «Et de changer notre façon de vivre pour saper nos valeurs. Donc (...), nous avons tous un rôle à jouer pour ne pas succomber à la peur.»

La démocrate Hillary Clinton et le républicain Donald Trump, candidats à la présidentielle du 8 novembre, se sont immédiatement saisis des dernières informations pour s'attaquer mutuellement.

«Des attaques terroristes islamiques ont eu lieu dans le Minnesota, à New York et dans le New Jersey. Ces attaques ont été rendues possibles à cause de l'ouverture extrême de notre système d'immigration, qui ne permet pas de contrôler suffisamment les individus qui entrent dans notre pays», a déclaré Donald Trump devant des milliers de partisans en Floride.

À l'inverse, Mme Clinton a vanté son expérience et cherché à rassurer les Américains.

«Souvenez-vous que des millions et des millions d'Américains sont des citoyens naturalisés venus du monde entier, a-t-elle dit à la presse. «Il y a des millions d'Américains musulmans pacifiques et qui n'ont aucun problème avec la loi.»

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