L'offensive d'Obama sur les armes déclenche la colère des républicains

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Jérôme CARTILLIER
Agence France-Presse
WASHINGTON

De retour d'Hawaï, Barack Obama passe à l'attaque sur le contrôle des armes à feu avec des initiatives attendues cette semaine qui devraient cependant se heurter aux limites de son pouvoir: sans l'appui du Congrès, il pourrait se contenter de mesures à portée limitée.

À l'entame de sa dernière année au pouvoir, le président américain veut marquer les esprits après sept années durant lesquelles - fusillade après fusillade - il n'a pu qu'exprimer sa frustration.

En contournant le Congrès et en s'appuyant sur de probables décrets, il sait qu'il s'expose à des recours en justice, et place le débat au coeur de la campagne présidentielle.

«Nous ne serons bientôt plus en mesure d'acquérir des armes», a lancé lundi - dans son style lapidaire - le milliardaire Donald Trump, qui fait la course en tête dans le camp républicain.

Avant même de connaître la nature des annonces présidentielles, il a dénoncé sur CNN le fond comme la méthode, ironisant sur un président qui préfère selon lui passer «deux semaines à jouer au golf» plutôt que de s'asseoir avec les élus du Congrès pour trouver un compromis. Au Congrès pourtant, l'impasse sur le sujet est totale.

M. Obama devait rencontrer lundi après-midi la ministre de la Justice Loretta Lynch pour examiner les options possibles. Des annonces devraient suivre rapidement. Jeudi soir, il répondra aux questions du public en direct sur CNN.

La Maison-Blanche est restée jusqu'ici muette sur ses projets. La principale mesure pourrait porter sur une généralisation de l'obligation de contrôles d'antécédents judiciaires et psychiatriques avant toute vente d'arme.

Dans de nombreux endroits aux États-Unis - en particulier dans les foires itinérantes -, il reste en effet possible d'acquérir une arme sans aucun des contrôles exigés des armuriers homologués par les autorités fédérales.

Quelque 90 personnes trouvent la mort par balle chaque jour à travers le pays.

Un droit «fondamental»

Si un décret présidentiel serait contesté en justice par le lobby pro-armes, son impact sur le terrain est loin de faire l'unanimité. Et l'efficacité du dispositif pourrait être difficile à mesurer dans le temps si la Maison-Blanche bascule dans des mains républicaines.

Tous les opposants de Barack Obama ont promis à l'unisson d'effacer d'un trait de plume toute mesure sur ce thème. «Dès mon premier jour au pouvoir, tous ces décrets disparaitront», a ainsi assuré le sénateur de  la Floride Marco Rubio.

Les opposants au durcissement des lois sur les armes invoquent inlassablement le deuxième amendement de la Constitution qui stipule qu'«il ne pourra être porté atteinte au droit du peuple de détenir et de porter des armes». Mais ce paragraphe, ratifié en 1791, donne lieu à de multiples interprétations et est au coeur d'innombrables procédures judiciaires.

Le président de la Chambre des représentants, le républicain Paul Ryan, a dénoncé lundi le «mépris» du président pour les Américains qui tiennent à cet amendement. «Il agit comme si le droit de porter des armes est quelque chose qui devait être toléré alors que - comme l'a réaffirmé la Cour suprême en 2008 - c'est fondamental», a-t-il estimé.

L'argument de son camp est bien rôdé: les mesures envisagées par M. Obama n'auraient pas empêché les récentes fusillades qui ont ensanglanté l'Amérique. La priorité doit être donnée à la réponse aux personnes souffrant de troubles psychiatriques et à une application plus stricte des lois existantes.

M. Obama, de son côté, répète qu'il n'entend pas toucher au célèbre amendement, mais qu'il «ne doit pas être aussi facile pour quelqu'un qui veut faire du mal de mettre la main sur des armes».

«Je reçois trop de lettres de parents, d'enseignants et d'enfants pour rester les bras croisés», a-t-il averti dans son message de voeux du 1er janvier.

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