Une affaire de voile bientôt sous la loupe de la Cour suprême

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Les plaintes pour discrimination religieuse déposées par l'Agence pour l'égalité devant l'emploi ont plus que doublé au cours des quinze dernières années, peut-on lire dans le document des organisations religieuses.

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Agence France-Presse
WASHINGTON

La Cour suprême des États-Unis va se pencher sur le cas d'une musulmane portant un foulard islamique, dont l'embauche a été refusée chez Abercrombie, une enseigne bien connue pour la tenue «sexy» de ses vendeurs.

À son retour de trois mois de pause estivale, la plus haute instance judiciaire du pays s'est saisie jeudi de la plainte de l'Agence fédérale pour l'égalité devant l'emploi (EEOC, Equal Employment Opportunity Commission) contre la chaîne de vêtements très prisés des adolescents, Abercrombie & Fitch (A&F).

Samantha Elauf, alors âgée de 17 ans, s'était vu refuser un emploi de vendeuse chez Abercrombie à Tulsa, en Oklahoma, en 2008, au motif qu'elle portait un foulard lors de l'entretien de recrutement et que cela violait la politique d'Abercrombie «en matière d'apparence».

À l'instar de New York, les magasins d'A&F sont réputés pour ses mannequins aux torses sculpturaux et aux jeans très bas sur les hanches, appâtant le client à l'entrée, et pour ses vendeuses aux tailles de guêpe et aux décolletés généreux revêtues de jupes courtes et de liquettes ajourées.

C'est dans un magasin pour enfants que la jeune femme voilée a postulé, sans demander explicitement d'ajustement, en vertu de sa religion, des pratiques de la marque d'habillement.

«Les modèles», c'est ainsi qu'Abercrombie qualifie ses vendeurs, «sont tenus de présenter le style Abercrombie aux clients», souligne l'entreprise dans sa réponse à la Cour.

«Mme Elauf savait que le magasin d'Abercrombie avait une politique en matière d'apparence qui interdit les vêtements noirs et exige des modèles qu'ils portent des styles de vêtements similaires à ceux qui sont vendus dans le magasin», argue Abercrombie, qui estime n'avoir jamais été au courant d'un «quelconque différend religieux».

La jeune femme est soutenue par une coalition d'organisations religieuses et par le gouvernement de Barack Obama, qui via son EEOC a déposé le recours devant la haute Cour.

Cette affaire est d'importance, selon les plaignants, car «la tendance récente montre la nécessité de protéger le droit à la religion sur le lieu de travail».

Les plaintes pour discrimination religieuse déposées par l'Agence pour l'égalité devant l'emploi ont plus que doublé au cours des quinze dernières années, peut-on lire dans le document des organisations religieuses. Et si «les différends religion-travail sont fréquents, ils peuvent presque toujours s'arranger sans difficulté (...) par le dialogue».

Dans cette affaire, la Cour d'appel du 10e Circuit - basée dans le Colorado - a estimé que la loi fédérale de 1964 sur les droits civiques ne protège que les employés qui ont explicitement demandé un ajustement du règlement sur la base de leur religion.

Cette loi interdit la discrimination religieuse à l'embauche, sauf si l'employeur démontre qu'il ne peut pas «ajuster raisonnablement» son activité à une pratique religieuse.

Les neuf juges de la haute Cour entendront cette affaire vraisemblablement en janvier 2015, le calendrier d'audiences étant rempli jusqu'en décembre. Une décision est attendue en juin.

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