Un an après sa disparition, le mystère du vol MH370 demeure

Un membre de l'aviation néo-zélandaise (la New Zealand... (PHOTO RICHARD POLDEN, ARCHIVES REUTERS)

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Un membre de l'aviation néo-zélandaise (la New Zealand Royal Air Force) regarde par le hublot de l'avion à bord duquel il prend place alors qu'il participe aux recherches du Boeing de la Malaysa Airlines, le 11 avril 2014.

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Vol MH370

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Vol MH370

Disparu des radars en mars 2014 avec 239 personnes à bord, le vol MH370 de Malaysia Airlines parti de Kuala Lumpur pour Pékin ne s'est jamais rendu dans la capitale chinoise. Ayant changé son plan de vol et mis le cap vers l'ouest, le Boeing 777, dont on n'a toujours aucune trace, se serait abîmé dans l'océan Indien, selon les autorités malaisiennes. »

Agence France-Presse
SYDNEY

Un an après les faits, la disparition du vol MH370 de la Malaysian Airlines demeure une énigme, malgré la mise en oeuvre de la plus vaste opération de recherche jamais organisée pour retrouver un avion.

Le 8 mars 2014, le Boeing, qui effectuait la liaison entre Kuala Lumpur et Pékin, est porté disparu avec 239 personnes à son bord. 

QUESTION : Où en sont les recherches?

RÉPONSE : Des navires explorent le fond sous-marin, en quête de l'épave, en utilisant des sonars sophistiqués qui ont déjà ratissé environ 40 % d'une «zone prioritaire de recherche», dans la partie la plus septentrionale de l'océan Indien, sur quelque 60 000 kilomètres carrés.

Rien n'a encore été trouvé en dehors de plusieurs conteneurs maritimes au cours de cette opération dirigée par l'Australie et qui doit s'achever en mai.

Les autorités n'ont pas encore décidé ce qui se passera si rien n'est découvert d'ici là. Mais, dans quelques mois, les tempêtes de l'hiver austral vont commencer à affecter toute opération.

Q : Qu'adviendra-t-il si l'épave est repérée?

R : Une très délicate phase de récupération s'amorcerait alors dans l'obscurité de profondeurs allant jusqu'à 4000 mètres sous le niveau de la mer, avec un fond potentiellement entravé d'amas volcaniques, de montagnes sous-marines, de crêtes et de vallées.

Les coordonnateurs de cette opération peuvent toutefois s'appuyer sur l'expérience acquise lors des recherches du vol Rio-Paris d'Air France en 2009, dans l'océan Atlantique. Ses boîtes noires avaient été localisées après une difficile recherche de deux ans, avec des drones submersibles et d'autres moyens. Un véhicule, commandé à distance, avait finalement été envoyé pour les arracher du fond marin, à près de 4000 mètres de profondeur.

Q : Les recherches se font-elles au bon endroit?

R : Cela demeure incertain même si les responsables des opérations le prétendent. La zone de l'accident a été déterminée grâce à l'analyse de signaux du MH370 détectés par un satellite. Ils situent la dernière position de l'appareil le long de deux arcs potentiels : un s'étendant au nord en Asie centrale, l'autre s'étendant vers le sud dans l'océan Indien.

L'arc au nord a été écarté, la plupart des experts considérant que l'avion aurait été aperçu. Bien que les données satellites soient imprécises, l'océan Indien a été jugé comme la zone la plus probable.

La vanité des recherches nourrit cependant les doutes, notamment auprès des familles des disparus.

Q : Quelles sont les principales théories aujourd'hui sur ce qui a pu se produire?

R : Les spéculations demeurent principalement concentrées autour d'une défaillance mécanique ou structurelle, une prise d'otage ou un acte terroriste, mais rien n'est jusqu'alors venu étayer l'un ou l'autre des scénarios.

Le mystère autour de ce drame a alimenté une kyrielle de théories complotistes, donnant lieu à des livres, des documentaires et moult échanges sur l'internet.

Le mois dernier dans le New York Magazine, Jeff Wise, expert en aviation, a défrayé la chronique en suggérant que le vol MH370 avait rejoint une base russe dans le Kazakhstan à l'instigation de Vladimir Poutine, pour intimider l'Occident sur fond de crise ukrainienne ou pour entrer en contact avec un passager ou récupérer un objet caché à bord.

Q : Est-ce que nous savons tout ce que les autorités savent?

R : Le gouvernement de la Malaisie et la compagnie aérienne ont constamment répété qu'ils n'avaient rien à cacher.

Les proches de victimes ont cependant dénoncé leurs déclarations contradictoires au début de la crise et les ont accusés de lenteur dans la communication des informations, faite parfois partiellement.

Tim Clark, directeur général de la compagnie aérienne Emirates, avait fait part l'an dernier de ses doutes sur la transparence totale des autorités.

Q : Y a-t-il eu des précédents dans l'aviation?

R : Selon le Réseau de la sécurité aérienne basé aux Pays-Bas, qui recense les incidents aériens, il y a un seul autre cas connu dans lequel un avion transportant plus de 100 personnes a disparu sans laisser de traces.

L'affaire remonte à 1962, lorsqu'un avion de la société américaine Flying Tiger Line, affrété par l'armée américaine, a disparu entre l'archipel de Guam et les Philippines avec 107 personnes à bord. Son sort reste inconnu.

Q : Quels enseignements l'aviation pourra-t-elle tirer du vol MH370?

R : À moins que les boîtes noires ou l'épave ne soient retrouvées, l'industrie aéronautique va être incapable de déterminer ce qui a pu mal fonctionner et donc envisager des mesures correctrices. Ces faits ont cependant favorisé la mise en oeuvre de mesures supplémentaires pour réduire les risques de disparition d'un avion.

L'instauration du suivi en temps réel de n'importe quel avion de ligne en détresse, à compter de 2016, a par exemple reçu le soutien des participants à un sommet mondial de l'aviation le mois dernier à Montréal.

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