Ukraine: les séparatistes disent avoir retiré leurs armes du front

Des soldats ukrainiens attendent avant de monter à... (PHOTO VALENTYN OGIRENKO, REUTERS)

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Des soldats ukrainiens attendent avant de monter à bord d'un hélicoptère lors d'un exercice militaire, le 6 mars près de Zhytomyr.)

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Maxime POPOV
Agence France-Presse
SNIJNÉ

Les séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine ont affirmé samedi avoir retiré leurs armes du front dans le cadre de derniers accords de paix, un processus difficile à contrôler pour les observateurs internationaux, dont le nombre doit doubler.

Six observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe présents samedi à Snijné, à 90 km du fief rebelle de Donetsk, n'ont fait aucun commentaire sur ce que les rebelles ont présenté comme «la dernière étape» du retrait de leurs armes lourdes.

«Le retrait des armements est terminé à 100%. Nous sommes décidés à régler ce conflit de manière pacifique, mais nous sommes préparés à toutes les éventualités», a déclaré un responsable séparatiste Denis Pouchiline.

Samedi matin huit mortiers de 120 mm ont été apportés dans une vieille usine de briques qui sert d'entrepôt militaire près de Snijné. L'entrepôt contenait déjà quatre autres pièces d'artillerie lourde.

En accusant l'Ukraine de ne pas avoir retiré tous ses armements, le dirigeant de la république séparatiste de Donetsk Alexandre Zakhartchenko a menacé de faire revenir les armes rebelles sur leurs positions si «Kiev ne remplissait pas ses engagements dans le cadre des accords de Minsk» signés le 12 février avec la médiation du président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel et en présence du président russe Vladimir Poutine.

Pas de morts, ni blessés

Interrogé par l'AFP le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko a dit «ne disposer d'aucune information» sur le retrait rebelle.

«Les observateurs internationaux ne nous l'ont pas encore confirmé», a-t-il ajouté.

Signe d'une accalmie relative dans le conflit de onze mois qui a fait plus de 6000 morts, M. Lyssenko s'est félicité du fait que personne n'a été tué, ni blessé dans les rangs de l'armée ukrainienne en 24 heures «pour la première fois depuis des mois».

Selon lui, les positions de l'armée ont été visées par des tirs d'artillerie rebelle à quatorze reprises en 24 heures près d'Avdiïvka, dans la région de Donetsk.

L'Ukraine a de son côté affirmé poursuivre le retrait de ses lance-roquettes multiples Ouragan, a indiqué à l'AFP un autre porte-parole militaire Anatoli Stelmakh sans préciser combien de temps ce processus allait encore durer.

Retrait difficile à contrôler

Le retrait des armes qui devrait créer une zone tampon d'une profondeur de 50 à 140 kilomètres, en fonction du type d'équipements, est très difficile à contrôler sur le terrain.

Chargée de surveiller ce retrait, l'OSCE a expliqué à maintes reprises ces derniers jours observer «des mouvements» sans pouvoir confirmer qu'il s'agissait bien d'un retrait.

«Nous réclamons un inventaire des armes qui existent et une liste des routes empruntées et des lieux où ils comptent conserver les armes», avait dit à l'AFP un porte-parole de l'organisation, Michael Bociurkiw.

Moscou, Kiev et les Européens ont convenu vendredi d'augmenter à mille le nombre d'observateurs internationaux.

La mission de l'OSCE en Ukraine compte actuellement 450 observateurs dont 324 dans l'Est séparatiste prorusse qui se plaignent toutefois de ne pas pouvoir circuler librement.

«Il est crucial que les observateurs aient accès aux zones qu'ils n'avaient pas pu contrôler dans le passé», a souligné samedi à Riga le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier en marge d'une réunion à Riga des ministres des Affaires étrangères de l'UE.

Accusée par Kiev et les Occidentaux d'armer les séparatistes de l'Est et d'y avoir déployé des «milliers et des milliers» de troupes régulières, la Russie dément toute implication dans le conflit malgré les témoignages de plus en plus fréquents y compris dans la presse russe de la présence de ses soldats en Ukraine.

Le débat sur la politique à adopter face à la Russie pour son rôle dans la crise ukrainienne est vif au sein de l'Union européenne divisée entre partisans de la plus grande fermeté -la Pologne, les pays baltes et la Grande-Bretagne- et ceux qui sont les plus mesurés comme l'Italie, la Grèce ou l'Espagne alors que les sanctions économiques qui arrivent à échéance en juillet, doivent être renouvelées d'ici juin.

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