Les Occidentaux déplorent les élections séparatistes dans l'Est

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Un militant pro-russe garde le site d'une mine dans la ville de Makiivka, près de Donetsk, bastion des séparatistes.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Christian SPILLMANN, Olga NEDBAEVA
Agence France-Presse
Bruxelles et Kiev

Les Occidentaux ont mis en garde mercredi contre la prochaine organisation d'élections par les séparatistes dans l'est prorusse de l'Ukraine que Moscou a d'ores et déjà promis de reconnaître au moment où les rebelles disent se préparer à la guerre.

Ces scrutins prévus pour dimanche, une semaine après les législatives ukrainiennes remportées par des pro-occidentaux, risquent d'accentuer le conflit qui a fait plus de 3700 morts et provoqué la pire crise entre Moscou et l'Ouest depuis la fin de la guerre froide.

Sans faire un lien avec la crise en Ukraine, l'OTAN a annoncé de son côté avoir procédé à plusieurs interventions aériennes ces deux derniers jours après avoir détecté une intense activité de l'aviation militaire russe dans l'espace européen.

S'y ajoute le conflit gazier russo-ukrainien qui menace les approvisionnements de l'Europe en hiver et auquel Ukrainiens, Russes et Européens tentaient mercredi de trouver une issue à l'occasion d'une nouvelle série de négociations à Bruxelles. La Commission a annoncé dans la soirée que les pourparlers allaient se poursuivre toute la nuit, restant très prudente sur les chances d'un accord.

Parallèlement, l'Union européenne a «déploré», tout comme les États-Unis la veille, la volonté de la Russie de reconnaître les scrutins en territoires rebelles, à la suite des déclarations en ce sens faites par le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

Ces élections «vont sérieusement ébranler les accords de Minsk (sur un cessez-le-feu), qui doivent être rapidement appliqués dans leur totalité», a estimé le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

«La guerre sera longue»

Sur le terrain, Kiev a signalé de nombreuses attaques au mortier et au lance-roquettes multiples contre ses soldats. Des rebelles interrogés par l'AFP ont, pour leur part, estimé que la «guerre serait longue».

«Si Kiev voulait la paix, tout serait fini depuis longtemps», a dit un commandant rebelle à Loukové, petit village de l'est de l'Ukraine.

Le «Premier ministre» de la république autoproclamée de Donetsk Alexandre Zakhartchenko a accusé Kiev de non-respect de ses engagements et a dit que son camp «se préparait à la guerre».

La mairie de Donetsk, bastion des séparatistes, a fait état d'un civil tué en 24 heures dans des bombardements de quartiers proches de l'aéroport, l'un des points chauds où les combats n'ont pas cessé depuis la mise en oeuvre du cessez-le-feu le 5 septembre.

Des porte-parole militaires ukrainiens ont affirmé que les forces ukrainiennes avaient subi six attaques dans le secteur de l'aéroport et également essuyé des tirs au mortier près de Marioupol, port stratégique sur la mer d'Azov, qui ont fait trois blessés.

La veille, les rebelles ont reçu un soutien politique de poids : Sergueï Lavrov a en effet annoncé que Moscou reconnaîtrait «bien entendu» leurs élections. «Cela constituerait une claire violation des engagements pris par la Russie et les séparatistes dans les accords de Minsk», a réagi le secrétaire d'État américain, John Kerry.

Difficiles pourparlers 

L'Union européenne avait décidé mardi de maintenir ses sanctions économiques contre la Russie, qui ont un impact sur son économie, au bord de la récession.

C'est dans ce contexte peu favorable que Kiev, Moscou et l'UE discutent de la reprise des livraisons de gaz russe en Ukraine suspendues en juin.

Le commissaire européen à l'Énergie, Günther Oettinger, a évalué à 50% les chances de parvenir à un accord. «L'Ukraine a de gros problèmes de paiement, elle est pratiquement insolvable», a-t-il regretté.

«Notre objectif est de parvenir à un accord provisoire pour un paquet pour l'hiver qui assure la sécurité de l'acheminement par l'Ukraine du gaz russe acheté par l'UE jusqu'à fin du mois de mars 2015», a dit M. Oettinger.

Si Kiev et Moscou se sont mis d'accord sur un prix provisoire, le remboursement de la dette gazière ukrainienne reste en suspens. Pour relancer les livraisons, la Russie réclame le versement d'1,45 milliard de dollars au titre des arriérés de paiement et 1,6 milliard de dollars au titre du règlement par anticipation des factures des livraisons pour novembre et décembre. Moscou exclut toute livraison avant paiement.

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