Ukraine: Porochenko rencontrera Poutine à Milan la semaine prochaine

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Le président russe Vladimir Poutine et son homologue ukrainien Petro Porochenko.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Serguiï BOBOK, Simon VALMARY, Ania TSOUKANOVA
Agence France-Presse
KHARKIV, Donetsk, Kiev

Le président ukrainien Petro Porochenko a annoncé samedi une rencontre avec son homologue russe Vladimir Poutine à l'occasion d'un sommet vendredi prochain à Milan, au moment où le processus de paix s'enlise dans l'est de l'Ukraine.

L'instauration d'un cessez-le-feu le 5 septembre a certes permis un apaisement dans un conflit qui a fait selon l'ONU plus de 3600 morts en six mois.

Mais les combats entre forces ukrainiennes et rebelles prorusses continuent de faire des victimes tous les jours dans plusieurs «points chauds» sur la ligne de front et notamment dans le fief séparatiste de Donetsk.

Deux civils y ont péri samedi à la suite de la chute d'un obus sur un immeuble, a affirmé la mairie qui avait déjà recensé trois morts la veille. L'armée ukrainienne a, quant à elle, annoncé la mort d'un garde frontière vendredi dans cette région.

En déplacement à Kharkiv, au nord de la zone rebelle, le président Porochenko, un pro-occidental, a confirmé sa participation au sommet de l'Asem (Dialogue Asie-Europe) qui réunira des dirigeants de l'Union européenne et de plusieurs pays asiatiques les 16 et 17 octobre. Il y rencontrera vendredi M. Poutine en présence de hauts responsables européens dont la chancelière allemande Angela Merkel et les premiers ministres italien Matteo Renzi et britannique David Cameron.

«Je ne m'attends pas à des négociations faciles», mais «je suis optimiste», a déclaré M. Porochenko, ajoutant que Moscou devait passer «des déclarations aux mesures concrètes».

Kiev et les Occidentaux, qui ont introduit des sanctions économiques sans précédent contre la Russie, accusent cette dernière d'avoir armé les rebelles et d'avoir déployé en août des troupes régulières pour les soutenir.

Si l'entretien doit se concentrer sur la recherche de la paix dans le bassin houiller russophone du Donbass, les deux chefs d'État vont aussi évoquer, selon M. Porochenko, la coupure des livraisons de gaz russe à l'Ukraine, qui doit également faire l'objet de négociations, à Berlin le 21 octobre.

Combats moins intenses

L'idée d'une nouvelle rencontre entre les présidents, mise en avant cette semaine par le Kremlin, rappelle leur premier entretien au moment des cérémonies du Débarquement, le 6 juin en Normandie, sous le patronage de Mme Merkel et du président français François Hollande.

Depuis, MM. Poutine et Porochenko se sont retrouvés fin août, à l'occasion d'une discussion en tête-à-tête en marge d'un sommet régional à Minsk, la capitale du Bélarus. Cette rencontre a été suivie de la signature de l'accord de cessez-le-feu dans cette même ville, le 5 septembre.

La semaine à venir s'annonce intense sur le plan diplomatique puisque le sommet de Milan sera précédé d'une rencontre notamment consacrée à la crise ukrainienne entre le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et son homologue américain John Kerry à Paris mardi.

Avant cette séquence, l'heure semble à l'apaisement sur le terrain, même si séparatistes et représentants de Kiev s'accusent mutuellement de ne pas respecter l'accord de Minsk, qui était censé permettre la création d'une zone tampon entre les belligérants.

«Dans l'ensemble, il y a des progrès dans les négociations», a affirmé à Kiev un porte-parole militaire, Andriï Lyssenko. «Nous espérons des résultats importants la semaine prochaine, qui dépendront du respect par la Russie de ses obligations».

Il a ajouté qu'une «diminution de l'intensité des tirs» des rebelles avait déjà été constatée.

Le nouveau gouverneur nommé vendredi par M. Porochenko pour diriger l'administration de la région de Donetsk, Olexandre Kikhtenko, s'est dit prêt à des discussions avec les insurgés, à condition qu'elles soient «constructives», et à appliquer les accords de Minsk.

«Conformément à ces accords, une zone tampon sera constituée et les armes lourdes seront retirées à une distance déterminée», a assuré ce général.

Côté rebelle, le premier ministre de la république séparatiste autoproclamée de Donetsk (DNR), Alexandre Zakhartchenko, s'est également déclaré disposé à retirer ses armes lourdes du front à condition qu'un cessez-le-feu soit respecté pendant cinq jours.

Mais des journalistes de l'AFP sur place ont continué d'entendre des tirs réguliers après cette annonce. La délimitation de ligne de démarcation continue par ailleurs d'être au centre de débats : M. Zakhartchenko a affirmé vendredi qu'il y avait eu un accord avec Kiev sur le sujet et que celui-ci attribuait aux insurgés des territoires actuellement contrôlés par les forces loyalistes, ce que Kiev a fermement démenti.

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