Accord de cessez-le-feu entre Kiev et les séparatistes prorusses

Un soldat ukrainien, un obus dans les mains,... (PHOTO VASILY FEDOSENKO, REUTERS)

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Un soldat ukrainien, un obus dans les mains, à Marioupol, le 5 septembre.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Valery KALINSOVKY, Béatrice LE BOHEC, Amélie HERENSTEIN
Agence France-Presse
MINSK, KIEV et MARIOUPOL

Kiev et les rebelles prorusses ont annoncé la signature d'un cessez-le-feu devant entrer en vigueur vendredi à 15 h GMT (11 h, heure de Montréal) au cours d'une rencontre à Minsk destinée à mettre fin à cinq mois de combats meurtriers dans l'est de l'Ukraine.

«Je confirme que nous sommes prêts à respecter le protocole d'accord signé et arrêter le feu à 18 h, heure de Kiev (11 h à Montréal)» vendredi, a déclaré à la presse le «premier ministre» de la République populaire autoproclamée de Lougansk, Igor Plotnitski.

Le président ukrainien Petro Porochenko a donné l'ordre à ses troupes de cesser le feu après 15 h GMT, après avoir annoncé sur son compte Twitter la signature d'«un protocole préliminaire pour un cessez-le-feu».

Le Kremlin a réagi aussitôt en espérant que l'accord sur le cessez-le-feu sera «respecté point par point».

Aucune précision n'a été donnée sur la durée du cessez-le-feu qui constitue un succès pour les séparatistes et la Russie, dans la mesure où il est susceptible d'entériner la perte pour Kiev de plusieurs villes de l'est de l'Ukraine après l'avancée victorieuse ces dernières semaines des rebelles, aidés sur le terrain par des militaires russes sur place, selon les Occidentaux.

De violents combats se sont déroulés vendredi aux abords du port stratégique de Marioupol (sud-est de l'Ukraine) vers lequel avancent les forces rebelles, tandis qu'une série d'explosions meurtrières a frappé dans la nuit Donetsk, fief séparatiste, faisant cinq morts.

Selon des journalistes de l'AFP sur place, aucun combat n'était observé aux environs de Marioupol après l'annonce du cessez-le-feu.

Sur la route entre Makiivka et Yasinuvata, au nord-est de Donetsk, un groupe de volontaires séparatistes du bataillon Vostok avait du mal à croire à un cessez-le-feu. Un entrepôt dégage une épaisse fumée noire. Le secteur de leur position a été bombardé a 14 heures. «À l'heure ou soi-disant ils voulaient commencer leur cessez-le-feu», ironise «Yourist» (le juriste), un combattant prorusse.

L'accord passé entre Kiev et les rebelles, soutenu par le président Vladimir Poutine pourrait permettre à Moscou d'éviter de nouvelles sanctions que les Occidentaux s'apprêtaient à prendre.

Les États-Unis préparaient, en étroite coordination avec l'UE, de nouvelles sanctions économiques contre la Russie pour accentuer la pression sur le Kremlin, accusé de souffler le chaud et le froid dans cette crise qui a fait près de 2600 morts depuis avril.

Le chef de la diplomatie britannique, Philip Hammond, a toutefois déclaré vendredi que les nouvelles sanctions prévues pourraient être levées en cas de cessez-le-feu.

Le cessez-le-feu obtenu lors des discussions du «groupe de contact» réunissant la Russie, l'Ukraine, les séparatistes et l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) est très loin du plan de paix souhaité par le premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk.

Ce dernier a rappelé qu'il devait inclure «le retrait des troupes russes, des bandits et des terroristes (les séparatistes - NDLR) et le rétablissement de la frontière».

Mais la marge de manoeuvre semble très faible pour Kiev, les troupes du président Petro Porochenko perdant chaque jour du terrain.

Une force de l'OTAN «très réactive» 

Face à l'attitude de la Russie en Ukraine, l'Alliance atlantique a annoncé vendredi la création d'une force «très réactive» qui pourra être déployée en quelques jours en cas de crise, et maintiendra une «présence permanente» dans l'est de l'Europe.

La signature de l'accord de cessez-le-feu intervient après que le président russe Vladimir Poutine ait présenté mercredi un plan de règlement de la crise en sept points.

Vladimir Poutine demande en particulier que les forces gouvernementales se retirent des régions industrielles de Donetsk et Lougansk.

Les Occidentaux soupçonnent le président russe, furieux de l'accord d'association économique entre l'Ukraine et l'Union européenne en juin, de tout faire pour que ces régions restent dépendantes des échanges commerciaux avec la Russie.

Preuve de cette défiance : les propos jeudi soir du secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, qui s'est livré à une violente charge contre la Russie.

«La Russie combat contre l'Ukraine, en Ukraine. Les troupes et les chars russes attaquent les forces ukrainiennes. Et alors qu'elle parle de paix, la Russie n'a pas fait un seul geste pour rendre la paix possible», a-t-il accusé.

La route de la Crimée

À Donetsk, de nombreuses explosions ont été entendues toute la nuit, marquant une recrudescence des bombardements après plusieurs jours d'accalmie. Selon la mairie, cinq civils ont été tués et neuf blessés.

Les insurgés ont poursuivi vendredi leurs attaques sur Marioupol, dernière grande ville dans l'Est sous contrôle des forces ukrainiennes. Après des tirs nourris jusque tard dans la nuit, les combats ont repris tôt vendredi.

La chute de ce port sur la mer d'Azov ouvrirait aux séparatistes la route de la Crimée, annexée par la Russie en mars dernier.

Selon une note des consultants politiques d'Eurasia Group, «un cessez-le-feu permanent reste incertain étant donné les différences fondamentales entre la Russie et l'Ukraine sur ce qu'impliquerait un accord de paix», notamment le refus de Kiev de retirer ses troupes de l'Est et d'accepter le modèle de fédéralisation réclamé par le Kremlin depuis des mois.




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