Edward Snowden devant le Conseil de l'Europe

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L'ancien consultant de l'agence américaine de renseignement NSA était auditionné par téléconférence depuis Moscou où il est réfugié, par des députés de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, une organisation paneuropéenne basée à Strasbourg, très en pointe en matière de défense des droits de l'homme.

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Edward Snowden, un ancien consultant de la CIA, a révélé l'existence de programmes secrets de surveillance des communications électroniques en remettant des documents compromettants aux quotidiens The Guardian et The Washington Post. Il s'est depuis réfugié à Hong Kong alors que le gouvernement américain a lancé une enquête contre lui. »

Agence France-Presse

Le lanceur d'alertes Edward Snowden a plaidé mardi en faveur de nouvelles normes internationales, pour éviter que les abus commis par la NSA en matière de surveillance des données ne se généralisent dans le monde, lors d'une audition devant le Conseil de l'Europe.

L'ancien consultant de l'agence américaine de renseignement NSA était auditionné par téléconférence depuis Moscou où il est réfugié, par des députés de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, une organisation paneuropéenne basée à Strasbourg, très en pointe en matière de défense des droits de l'homme.

«Nous avons l'obligation de développer des normes internationales pour empêcher que ne se banalise le recours à de tels abus», a-t-il déclaré à propos des programmes de surveillance de masse des télécommunications développés par la NSA.

«Il ne s'agit pas juste d'un problème américain ou visant l'UE, mais d'un problème international», a-t-il estimé.

La NSA a développé des algorithmes pour déterminer des «personnes d'intérêt», c'est-à-dire intéressantes à surveiller, «qui ne sont encore soupçonnées d'aucun crime», a-t-il rappelé.

«On rend des gens coupables par association», sans avoir mené d'enquête sur eux, a-t-il ajouté, estimant qu'il s'agissait là d'une «violation des droits de l'homme».

En outre, cette surveillance ne s'exerce «pas seulement pour la prévention du terrorisme», mais également à des fins de «maintien de l'ordre, pour la détection de délits même non violents», a dit l'ancien consultant de 30 ans, dénonçant l'«utilisation disproportionnée d'un moyen d'enquête extrêmement invasif contre un groupe de population», plutôt que «contre des individus spécifiquement ciblés».

«C'est la pire menace contre les droits civils des temps modernes», qui s'exerce sans aucun contrôle juridique et surtout sans aucune possibilité de sanction contre les responsables des abus, s'est alarmé le lanceur d'alerte.

Les autorités américaines ne sont pas les seules à blâmer, car elles sont unies par un «partenariat très fort» avec certains États européens, a-t-il souligné. Le mois dernier, M. Snowden avait déjà insisté sur ce point dans une déposition écrite adressée à une commission du Parlement européen.

Selon lui, l'UE a laissé se mettre en place, sous pression américaine, un «bazar» de l'espionnage généralisant la surveillance de masse à tous les citoyens, notamment en Suède, aux Pays-Bas, ou en Allemagne.

«C'est difficile d'obtenir des changements révolutionnaires du jour au lendemain, surtout en matière de droits de l'homme», a témoigné mardi Edward Snowden. «Néanmoins, nous avons fait des progrès considérables, car on en parle. Le fait qu'aujourd'hui l'homme de la rue est sensible à ce problème est un progrès», a-t-il estimé.

À la suite des révélations d'Edward Snowden, Barack Obama avait mis en oeuvre à la mi-janvier une réforme des programmes de surveillance électronique américains, sans remettre en cause le principe de collecte massive de données par la NSA.

Mardi, la Cour de justice du Luxembourg a imposé de son côté une révision de la législation européenne sur la conservation des données personnelles (communications téléphoniques et électroniques) utilisée pour lutter contre le crime organisé et le terrorisme, qu'elle a jugée nécessaire, mais disproportionnée et trop intrusive.




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