Haïti foudroyé

Un jeune Haïtien blessé reçoit des soins à... (Photo: Ivanoh Demers, La Presse)

Agrandir

Un jeune Haïtien blessé reçoit des soins à l'Hôtel Villa Créole à Port-au-Prince.

Photo: Ivanoh Demers, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
la liste:5683:liste;la boite:548653:box

En photos

Sur le même thème

Un violent séisme de magnitude 7 à l'échelle de Richter a frappé Haïti peu avant 17h, mardi, causant d'importants dommages, principalement à Port-au-Prince. Des centaines de personnes seraient mortes et plusieurs sont emprisonnées sous les décombres.

Les témoignages d'horreur arrivaient au compte-gouttes, en soirée, alors que les communications avec Haïti étaient extrêmement ardues.

> Réagissez sur le blogue de Patrick Lagacé

> Réagissez sur le blogue de l'édito

Le photographe de La Presse Ivanoh Demers se trouvait à Haïti en compagnie de la journaliste Chantal Guy au moment du séisme. La Presse les a joints mardi. Le photographe était à l'hôtel Villa Créole à Pétionville, banlieue proche de Port-au-Prince, lors des premières secousses. «Ici, les murs sont tous à terre, a-t-il dit. Je suis sorti de ma chambre et le mur de l'hôtel où j'étais s'est effondré à côté de moi. Tout tombait partout. C'est un cauchemar», a déclaré M. Demers, qui s'apprêtait à passer la nuit dehors.

L'épicentre du séisme est à 15 km à l'ouest de Port-au-Prince. La première secousse a duré plus d'une minute, faisant tressauter des véhicules en pleine rue. Elle a été ressentie par plus de 2 millions de personnes. Après la première secousse, des centaines de personnes sont descendues dans les rues en criant.

Au moins 13 autres secousses se sont ensuite succédé, dont l'une d'une magnitude de 5,9 et une autre de 5,5. Une alerte au tsunami a été lancée mais annulée par la suite.

Craignant l'effondrement de leurs maisons, les citoyens les ont abandonnées et se sont massés dans les rues. «On entend les gens crier et hurler. On les entend de partout. Je pense que c'est ce qu'il y a de plus difficile», a raconté Ivanoh Demers.

De nombreux immeubles de la capitale haïtienne se sont effondrés, notamment le Palais national, le ministère des Finances, le palais de justice ainsi que la cathédrale de Port-au-Prince. Le siège de la Mission de stabilisation de l'ONU en Haïti (MINUSTAH) a aussi été détruit en grande partie, a dit un employé local, selon qui plusieurs personnes se trouvaient sous les décombres.

Partout dans la région de la capitale haïtienne, les dommages étaient majeurs. On signalait plus de maisons effondrées que debout. Une nuage de poussière s'est élevé au-dessus de la ville.

Un homme tente de porter secours à une... (Photo: Tequila Minsky, The New York Times) - image 2.0

Agrandir

Un homme tente de porter secours à une femme blessée à Port-au-Prince.

Photo: Tequila Minsky, The New York Times

Marjorie Villebranche, qui travaille à la Maison d'Haïti à Montréal, a joint ses proches à Port-au-Prince. «Ils disent que partout, c'est le chaos. Les maisons se sont effondrées. Les routes aussi. Il y a des amoncellements de maisons, d'autos et de gens. On ne distingue pas les corps dans les débris», a déclaré Mme Villebranche.

Producteur de spectacles évangéliques à Montréal, Jean Wesley Charles a réussi à parler à sa famille, qui habite Port-au-Prince. Son frère Jean-Marie rentrait chez lui quand la route s'est mise à trembler. «Il dit qu'il a failli tomber dans une crevasse, a raconté M. Charles. Quand il est arrivé chez lui, tout l'intérieur de sa maison était détruit.»

La Presse a joint Jean-Marie Charles à Port-au-Prince. «Il y a beaucoup, beaucoup de dommages. Mais moi, ça va», a dit M. Charles avant que la communication ne soit interrompue.

Les deux neveux de Jean Wesley Charles habitent près de l'aéroport de Port-au-Prince, à Village Solidarité. «Ils n'ont plus de maison. Dans leur quartier, tout est détruit, a-t-il dit. Plus personne n'a d'électricité.»

Quarante-deux agents du Service de police de la Ville de Montréal se trouvent en Haïti et certains manquent à l'appel, a déclaré mardi soir le chef du corps policier, Yvan Delorme. Le SPVM et la Gendarmerie royale du Canada participent depuis 20 ans à un programme visant à épauler la Police nationale d'Haïti.

Un premier convoi d'aide est déjà parti des États-Unis en direction d'Haïti, le pays le plus pauvre des Amériques. Un peu plus de deux des neuf millions d'habitants du pays habitent Port-au-Prince. Quelque 70 % des Haïtiens vivent avec moins de 2 $ par jour.

Selon l'ambassade d'Haïti aux États-Unis, le tremblement de terre d'mardi est une «catastrophe majeure» pour le pays, déjà frappé par une série de catastrophes naturelles meurtrières dans les dernières années.

Notre journaliste Chantal Guy était à Port-au-Prince en compagnie de l'auteur Dany Laferrière à l'occasion du festival littéraire Étonnants Voyageurs. Lundi soir, dans un courriel, elle a écrit qu'elle avait parlé deux fois à la radio en compagnie de l'écrivain. «Les voix de Chantal Guy et d'Ivanoh Demers ont résonné à 8 h et à 5 h aux heures de grande écoute à Port-au-Prince. La magie que je ressens, c'est que tout le monde est étonné que nous soyons ici pour la littérature. Nous avons une autre approche que ce à quoi ils sont habitués, et ça nous ouvre des portes», a écrit Mme Guy, qui se porte bien, tout comme M. Laferrière.

Les Haïtiens se réjouissaient donc en début de semaine de savoir nos journalistes là pour quelque chose de positif plutôt que pour une catastrophe. Et la catastrophe les a rattrapés.

- Avec Martin Croteau et l'AFP

APPEL À TOUS :

Vous avez des amis ou de la famille sur place, vous détenez des informations privilégiées, vous possédez des photos du séisme? Merci de communiquer avec nous à redaction@lapresse.ca.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer