Israël passe aux sanctions contre les Palestiniens

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Les premières sanctions pourraient être un début de gel du transfert des taxes collectées par Israël pour le compte de l'Autorité palestinienne, argent qui devait servir notamment à la renconstruction des infrastructures dans les territoires occupés.

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Pourparlers israélo-palestiniens
Pourparlers israélo-palestiniens

Restez à l'affût des derniers développements des pourparlers de paix entre Israéliens et Palestiniens consultant notre dossier. »

Daphné ROUSSEAU
Agence France-Presse
Jérusalem

Israël, inhabituellement montré du doigt par l'allié américain pour le blocage du processus de paix, a réagi mercredi en incriminant les Palestiniens, contre lesquels il a commencé à prendre des sanctions.

Les ministres arabes des Affaires étrangères réunis au Caire ont «fait porter à Israël l'entière responsabilité de la dangereuse crise» des négociations, soutenant la position du président palestinien Mahmoud Abbas, qui a accusé Israël d'avoir pour «objectif stratégique de gagner du temps».

Les ministres du gouvernement de Benyamin Nétanyahou ont reçu mercredi instruction de limiter les contacts avec leurs homologues palestiniens, sauf en matière de sécurité et de négociations, selon une source gouvernementale israélienne.

«En réponse aux violations palestiniennes des promesses faites dans le cadre des négociations de paix, il a été demandé aux ministres de s'abstenir de rencontrer leurs homologues palestiniens», a précisé cette source sous couvert de l'anonymat, en allusion à la signature des demandes d'adhésion de la Palestine à 15 conventions et traités internationaux.

Cette décison a aussitôt valu à Israël une nouvelle critique des États-Unis. Washington a jugé «fâcheux» que l'État hébreu ait ainsi décidé de limiter ses contacts ministériels avec les Palestiniens.

Le ministre palestinien du Travail Ahmad Majdalani a toutefois minimisé la portée de cette décision, soulignant que «90% des affaires quotidiennes se traitent avec l'administration militaire israélienne».

«Dans les faits, il n'y a pas de rencontres organisées entre ministres palestiniens et israéliens, à part entre ministres des Finances», a déclaré M. Majdalani à l'AFP.

Le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah a annoncé dans un communiqué avoir organisé des réunions d'urgence des institutions et ministères «pour étudier les répercussions de la décision du gouvernement israélien imposant des sanctions supplémentaires au peuple palestinien».

Une source gouvernementale palestinienne a indiqué à l'AFP que les premières sanctions pourraient être un début de gel du transfert des taxes collectées par Israël pour le compte de l'Autorité palestinienne.

Kerry vise surtout Israël 

Une source gouvernementale israélienne a par ailleurs confirmé à l'AFP qu'«Israël envisageait de retenir une partie des sommes remises tous les mois par Israël à l'Autorité en réaction aux gestes unilatéraux des Palestiniens».

«Nous considérons que le fait que l'Autorité palestinienne donne chaque mois des sommes importantes aux prisonniers palestiniens et à leurs familles est une forme de soutien au terrorisme. Nous envisageons de ne pas verser aux Palestiniens l'équivalent de cet argent», a précisé cette source sous couvert de l'anonymat.

Réunis au Caire, les ministres arabes des Affaires étrangères ont «fait porter à Israël l'entière responsabilité de la dangereuse crise» des négociations, soutenant la position du président palestinien, qui a accusé Israël d'avoir pour «objectif stratégique de gagner du temps».

Selon l'entente conclue en juillet sous l'égide du secrétaire d'État américain John Kerry, Israël s'engageait à libérer en quatre phases 104 prisonniers incarcérés avant les accords d'Oslo de 1993. En contrepartie, la direction palestinienne avait consenti à suspendre toute démarche d'adhésion aux organisations internationales jusqu'à la fin des pourparlers.

Mais Israël a refusé de libérer le 29 mars, comme prévu, un quatrième et dernier contingent de prisonniers, réclamant désormais une prolongation des négociations au-delà du 29 avril.

Mahmoud Abbas a riposté en signant le 1er avril les demandes d'adhésion de la Palestine à 15 conventions et traités internationaux, estimant que les nouvelles exigences posées par Israël pour ces libérations le déliaient de son engagement.

M. Kerry a critiqué mardi les deux parties pour leurs récentes décisions, mais s'en est pris plus particulièrement à Israël.

«Malheureusement, les prisonniers (palestiniens) n'ont pas été libérés le samedi (29 mars) quand ils devaient l'être», a-t-il déploré, pointant ainsi du doigt de façon inhabituelle Israël.

«Puis, un jour, deux jours, trois jours sont passés et dans l'après-midi, quand ils (les Israéliens, NDLR) pouvaient peut-être le faire, 700 logements de colonisation étaient annoncés à Jérusalem et pouf, voilà où nous en sommes», a-t-il regretté.

Le gouvernement Nétanyahou est resté largement silencieux sur cette mise en cause des États-Unis, qui fournissent à Israël une aide militaire annuelle de 3,1 milliards de dollars, soit environ 20% du budget israélien de la Défense.

Les rares ministres à s'exprimer ont rejeté sur les Palestiniens la responsabilité de la crise.

«Pendant des années, ce sont les Palestiniens qui ont tenté, avec leurs explosions, de nous empêcher de vivre dans la capitale éternelle du peuple juif et Israël ne présentera jamais ses excuses pour ses constructions à Jérusalem», a lancé le ministre de l'Economie Naftali Bennett, chef du parti nationaliste religieux Foyer Juif. Il faisait référence aux 708 unités prévues dans le quartier de colonisation de Gilo.

Malgré ces échanges d'accusations, une nouvelle rencontre entre négociateurs israéliens et palestiniens sous médiation américaine est prévue jeudi à Jérusalem, au lendemain de la réunion de la Ligue arabe.

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