Le Trésor souffle le chaud et le froid sur les sanctions contre l'Iran

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Après l'accord historique signé en juillet 2015 pour lever les sanctions liées au programme nucléaire en Iran, Téhéran «a tenu parole», a affirmé le secrétaire au Trésor Jack Lew.

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Virginie MONTET
Agence France-Presse
Washington

Main tendue à un Congrès arc-bouté contre un allègement des sanctions iraniennes ou porte ouverte à de nouvelles concessions, le secrétaire au Trésor américain Jack Lew a soufflé le chaud et le froid mercredi sur l'évolution des sanctions contre l'Iran.

Dans un discours à Washington, le haut responsable a mis en garde contre l'usage excessif des sanctions financières qui pourrait affaiblir le rôle des États-Unis et du dollar sur les marchés mondiaux.

«Nous devons être conscients que le risque d'abuser des sanctions peut diminuer notre position de leader dans l'économie mondiale et l'efficacité des sanctions elles-mêmes», a-t-il déclaré au Carnegie Endowment for International Peace. On doit «résister à l'impulsion d'avoir recours aux sanctions d'une façon trop légère».

Le secrétaire au Trésor a reconnu que Washington devait aussi «être prêt à alléger les sanctions lorsqu'elles ont réussi» même si cela est difficile dans le cas de l'Iran.

Après l'accord historique signé en juillet 2015 entre les grandes puissances pour lever les sanctions liées au programme nucléaire en Iran, Téhéran «a tenu parole», a affirmé M. Lew. Il est, en retour, de la responsabilité des États-Unis «de tenir parole, à la lettre comme à l'esprit», a-t-il ajouté.

Dans le même temps, Jack Lew a réitéré que les sanctions non-nucléaires contre l'Iran liées au soutien au terrorisme et à la déstabilisation régionale «demeuraient en place».

Il a assuré que l'administration américaine avait largement expliqué aux milieux d'affaires étrangers ce qu'il est possible ou pas possible de faire en Iran, faisant une référence implicite aux inquiétudes des banques européennes notamment.

Pour Mark Dubowitz, expert à la Foundation for Defense of Democracies, l'ambivalence du dirigeant du Trésor signale que l'administration américaine s'apprête à faire «une concession majeure aux Iraniens en leur permettant l'accès à des transactions en dollars», un changement qui rencontrerait une vive opposition au Congrès.

«Il m'apparaît clair que l'administration considère sérieusement d'accorder à l'Iran l'utilisation du dollar dans les transactions commerciales», estime M. Dubowitz, interrogé par l'AFP.

Bataille avec le Congrès

À la clé se situent les transferts dits «U-Turn», actuellement interdits, qui permettraient à des banques iraniennes et étrangères de procéder à des transactions financières en dollars en ayant accès aux chambres de compensation off shore.

Ces transferts ont été bannis en novembre 2008. La semaine dernière, le président de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, Ed Royce, s'est alarmé dans une lettre au président Obama du fait que des licences puissent être accordées permettant de procéder à ces transactions en dollars.

Pour Mark Dubowitz, le ton du secrétaire au Trésor est «une porte ouverte à un futur allègement» alors que le gouvernement de la République islamique reproche aux États-Unis de n'avoir levé les sanctions que «sur le papier».

Le guide suprême d'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, a accusé la semaine dernière Washington de «ne pas respecter ses engagements» et affirmé que l'Europe était réticente à faire des affaires avec l'Iran «par peur» des États-Unis.

Mais, selon Patrick Clawson, directeur de recherche au Washington Institute spécialisé sur le Moyen-Orient, les déclarations du Trésor relèvent simplement «de la bataille politique intérieure avec le Congrès».

Pour lui, ouvrir une porte vers moins de sanctions en Iran «serait bien difficile à faire pour l'administration». L'intervention du chef du Trésor n'entendait qu'«empêcher le Congrès d'instaurer de nouvelles sanctions» à l'encontre de l'Iran.

Si l'administration «estime avoir un problème avec le régime de sanctions, ayant des difficultés à les lever après qu'un pays s'est mis en conformité, alors elle devrait parler de Myanmar !», assure Patrick Clawson rappelant que de nombreuses sanctions restent en place contre la Birmanie bien après le processus de démocratisation du pays.

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