Donald Trump répète les mêmes slogans depuis les années 80

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Qui succédera à Barack Obama ? Consultez notre dossier sur l'élection présidentielle américaine 2016. »

Ivan Couronne
Agence France-Presse
Washington

Sur le plateau d'Oprah, Donald Trump laisse planer le doute sur une éventuelle candidature à la présidentielle: «Je le ferais pour gagner, je n'ai pas l'intention de perdre», dit-il à la présentatrice vedette.

C'était en 1988. Le promoteur immobilier new-yorkais avait 42 ans.

Il renoncera cette fois-ci, mais le suspense recommence en octobre 1999, cette fois plus sérieusement: Donald Trump envisage pendant quelques mois de briguer l'investiture du parti de la Réforme, créé par le milliardaire populiste Ross Perot.

«Je suis républicain, je suis assez conservateur. Je suis plutôt progressiste sur les questions de société, surtout la santé, etc.», dit-il alors à Larry King pendant une interview d'une heure sur CNN. «J'ai été militant démocrate et républicain. Ce qui compte, c'est les gens».

Donald Trump professe même son amitié pour la Première dame Hillary Clinton et regrette que le couple Clinton se soit fait avoir sur le prix de la maison qu'ils venaient d'acheter dans l'État de New York.

«Je suis très pro-choix», dit-il aussi sur NBC, le terme signifiant qu'il est favorable au droit à l'avortement, bien qu'il ajoute «haïr le concept d'avortement».

Le Donald Trump flamboyant des années 1980 et 1990, inextinguible malgré les faillites de plusieurs de ses casinos, ressemble beaucoup au Donald Trump favori de l'investiture républicaine de 2016: convaincu de sa destinée, obsédé par son image, l'homme d'affaires parle déjà de lui-même à la troisième personne et est omniprésent dans les médias, avec son bagout charmeur.

Mais si en 30 ans il a retourné sa veste sur des sujets chers aux conservateurs par intérêt électoral (avortement, armes à feu), Donald Trump n'a pas changé une ligne du message populiste et protectionniste qui est au coeur de son succès.

Le libre-échange est l'exemple le plus flagrant. Aujourd'hui, pas un discours de Donald Trump n'inclut une tirade contre les pays qui «arnaquent» les États-Unis dans le commerce, à commencer par le Mexique et la Chine.

Qui étaient les coupables en 1999?

«La France est un affreux partenaire, le pire que notre pays n'ait jamais eu», lâche-t-il un jour sur Fox News.

«Le monde nous escroque. L'Allemagne nous escroque comme jamais. L'Arabie Saoudite nous escroque comme jamais. La France, ce sont les pires équipiers que j'ai vus de ma vie», dit-il sur CNN, en ajoutant le Japon à la liste.

Les mots sont les mêmes, le message identique: l'Amérique a besoin d'un président qui aura la colonne vertébrale pour la défendre.

Mépris des «politiciens»

Retour en 1988, à la convention d'investiture du républicain George Bush, à La Nouvelle-Orléans. Il confie, encore à Larry King, qu'il «doute qu'il se lancera un jour en politique au-delà de ce que je fais déjà, j'aime le système, c'est beau à voir».

Mais comme en 2016, il se vante d'être populaire dans la classe ouvrière. «Les gens qui m'aiment le plus sont les chauffeurs de taxi. Les gens riches ne m'aiment pas parce qu'on est en concurrence».

La semaine dernière, après sa victoire dans le Nevada, les sondages de sorties d'urnes ont confirmé son intuition et le candidat s'est exclamé: «j'adore ceux qui n'ont pas fait d'études!»

Quant aux «riches», il n'a aujourd'hui officiellement que du mépris pour ceux, patrons et lobbyistes, qui financent les candidatures de ses adversaires.

Cette souche populiste se reflète dans son attachement à une couverture maladie universelle. Le sujet est loin d'être abscons pour les conservateurs de 2016. Le parti républicain souhaite unanimement abroger la réforme du système de santé de Barack Obama, dénoncée comme un premier pas vers le socialisme.

Donald Trump, aujourd'hui, promet l'abrogation, mais... jure que «les gens ne mourront pas dans la rue si je suis président». «Les gens vont dire, il n'est pas conservateur. Appelez ça comme vous voudrez», a-t-il dit.

En 1999, il s'affichait très progressiste sur la santé. «Ça doit être un droit si on veut être un grand pays».

Il n'est pas alors la personnalité incendiaire qu'il est devenu dans la campagne actuelle. Il appartient à la catégorie des people, fait les gros titres pour ses projets immobiliers et ses divorces. Mais il est déjà persuadé d'être l'incarnation du rêve américain, ce qui est l'essence de son message millésime 2016.

Les «politiciens» restent la cible du mépris de l'auteur du livre à succès The Art of the Deal, paru en 1987.

«Je ne peux pas tout vous promettre, mais je peux vous dire une chose: ce pays reprendra un sacré paquet d'argent à ces gens qui depuis 25 ans abusent de nous», dit-il à Oprah en 1988.

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