La Turquie prête à soutenir une opération anti-EI à la frontière syrienne

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La Turquie considère l'EI et le PYD comme des organisations terroristes et les combat alors que son allié américain soutient les Kurdes contre les djihadistes en Syrie.

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Burak Akinci
Agence France-Presse
Ankara

La Turquie s'est dite prête à soutenir une opération pour chasser le groupe État islamique (EI) de la ville syrienne de Jarablos, près de la frontière, au moment où des rebelles syriens soutenus par Ankara semblaient se préparer à l'offensive.

La Turquie a aussi ordonné en soirée aux habitants de Karkamis d'évacuer pour «des raisons de sécurité» la petite ville turque qui fait face à Jarablos et a été touchée par des tirs de mortier en matinée.

«Il est conseillé aux habitants du centre-ville et de six quartiers de s'installer dans des secteurs plus sûrs», a indiqué le bureau du gouverneur local dans un communiqué.

Le ministre des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu avait déclaré auparavant: «Nous ne voulons pas de Daech (acronyme arabe de l'EI) en Irak ni en Syrie. Nous apporterons toutes sortes de soutien à l'opération (visant à chasser les jihadistes) de Jarablos».

L'artillerie turque avait pilonné mardi des positions de l'EI à Jarablos en réponse à des tirs de mortiers et de roquettes depuis la Syrie sur son sol, à Karkamis et sur la ville frontalière turque de Kilis, plus à l'ouest.

Ces bombardements interviennent alors que des centaines de rebelles syriens soutenus par Ankara préparent du côté turc une offensive pour capturer Jarablos -- le dernier point de passage contrôlé par l'EI à la frontière turco-syrienne -- selon des sources rebelles et l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Cette opération est motivée par la volonté d'Ankara d'empêcher la prise de contrôle par les milices kurdes de cette localité et d'«ouvrir un corridor pour les rebelles modérés», a souligne un responsable turc.

Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'OSDH, a indiqué à l'AFP que le pilonnage turc visait à «empêcher l'avancée des Forces démocratiques syriennes (FDS) de Minbej vers Jarablos» et d'empêcher que les Kurdes se positionnent davantage à la frontière.

Les FDS sont une alliance de combattants kurdes et de groupes armés arabes luttant contre l'EI.

Lundi soir l'artillerie avait déjà bombardé des positions de cette milice, du PYD (Parti de l'union démocratique, kurde) et de l'EI à Jarablos et ses environs.

La Turquie considère l'EI et le PYD comme des organisations terroristes et les combat alors que son allié américain soutient les Kurdes contre les jihadistes en Syrie.

L'OSDH a d'autre part fait état de l'assassinat mardi du commandant du conseil militaire tout juste mis en place à Jarablos et relevant des FDS, un crime commis, selon les forces kurdes, par les services secrets turcs. 

«Nouvelle page» avec la Syrie

Lundi soir le premier ministre turc Binali Yildirim a exhorté les pays impliqués dans la crise syrienne dont la Russie, les États-Unis et l'Iran à unir leur forces pour «ouvrir une nouvelle page» en Syrie, tandis que son ministre des Affaires étrangères prônait la nécessité de «nettoyer» la frontière des jihadistes.

Un attentat samedi dans la ville turque de Gaziantep, près de la frontière, a tué 54 convives d'un mariage kurde.

Mais la question de savoir qui sont les auteurs reste entière après que M. Yildirim a affirmé «totalement ignorer» leur identité, alors que le président Recep Tayyip Erdogan avait évoqué la responsabilité d'un adolescent «probablement» issu de l'EI.

Ankara a accueilli par ailleurs mardi dans le contexte de la lutte antijihadiste le principal dirigeant de la région autonome du Kurdistan irakien, Massoud Barzani.

M. Yildirim avait déclaré le week-end dernier que son pays allait avoir un rôle plus actif dans le conflit syrien.

Cette question comme celle de l'extradition de l'ex-imam Fethullah Gülen, exilé aux État-Unis, que les autorités turques désignent comme le cerveau du putsch avorté du 15 juillet en Turquie, sera à l'ordre du jour des discussions du vice-président américain Joe Biden mercredi à Ankara.

Le coup d'État raté a provoqué des tensions avec Washington qui montre peu d'empressement pour extrader Gülen. Une délégation américaine est actuellement à Ankara pour enquêter sur le réseau Gülen.

Les États-Unis ont d'ailleurs confirmé mardi qu'ils avaient été saisis d'une demande «formelle» d'extradition du prédicateur par Ankara, mais, s'est empressé d'ajouter le département d'État, que cette requête n'était «pas liée à la tentative de coup d'État», sans en dire plus.

La Turquie a fait le grand ménage après le coup de force contre ses sympathisants.

Près de la moitié des généraux de l'armée turque ont notamment été limogés et incarcérés. Et 586 colonels, soit la moitié des colonels de l'armée, vont être envoyés à la retraite, a annoncé le ministère de la Défense.

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