Irak: le commandant de l'EI à Fallouja tué par une frappe aérienne

Les forces irakiennes ont lancé lundi une opération... (PHOTO AHMAD AL-RUBAYE, AFP)

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Les forces irakiennes ont lancé lundi une opération d'envergure pour reprendre cette ville située à 50 kilomètres à l'ouest de la capitale irakienne et contrôlée par l'EI depuis janvier 2014.

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Le groupe État islamique

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Ahmad AL-RUBAYE, Jean-Marc MOJON
Agence France-Presse

Des centaines de civils ont fui vendredi le secteur de Fallouja en Irak alors que la coalition internationale appuie des offensives contre les djihadistes du groupe Etat islamique (EI) dans cette ville et dans la province de Raqqa en Syrie.

Menée par les États-Unis, la coalition a intensifié ses raids, affirmant vendredi avoir tué le chef des djihadistes à Fallouja, une ville à 50 kilomètres à l'ouest de Bagdad, que les forces irakiennes tentent de reprendre à l'EI.

«Nous avons tué plus de 70 combattants ennemis, y compris Maher Al-Bilawi, qui était le commandant des forces de l'EI à Fallouja», a déclaré le colonel américain Steve Warren, précisant que la coalition avait procédé à plus de 20 bombardements par air et avec de l'artillerie ces quatre derniers jours dans cette zone.

La date de la mort du chef de l'EI n'était pas claire.

Les forces irakiennes ont lancé depuis lundi une offensive pour reprendre Fallouja tenue par l'EI depuis 2014.

Elles ont atteint trois ponts menant à la ville, a déclaré le commandant irakien Abdelwahab Al-Saadi. Mais elles ont rencontré «une résistance dans les banlieues», le groupe djihadiste ayant recours «aux voitures piégées, aux attaques suicide et aux tireurs embusqués».

Des centaines d'Irakiens ont fui vendredi le secteur de Fallouja avec l'aide des forces gouvernementales selon des responsables.

Conditions dramatiques

L'ONU avait indiqué jeudi que 800 personnes avaient réussi à fuir Fallouja depuis le début de l'offensive, estimant que 50 000 civils y vivaient encore dans des conditions dramatiques, la nourriture étant «rare» et les «médicaments épuisés».

En Syrie, la coalition a également intensifié ses frappes contre l'EI dans la province de Raqqa en appui à un assaut terrestre majeur de forces arabo-kurdes (FDS) lancé mardi.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 150 raids auraient été menés en trois jours dans la province de Raqqa mais le porte-parole de la coalition, le colonel Warren, a qualifié ce chiffre «d'incorrect».

D'après le site de la coalition, 83 raids ont été menés en Syrie et en Irak depuis le lancement des offensives à Fallouja et dans la province de Raqqa.

En Irak comme en Syrie, la communauté internationale s'inquiète du sort des civils pris au piège dans les combats.

Le Conseil de sécurité de l'ONU devait débattre vendredi du désastre humanitaire en Syrie où plus de 280.000 personnes ont été tuées et des millions jetées sur les routes depuis 2011.

Même si l'alliance arabo-kurde exclut dans l'immédiat un assaut contre la capitale provinciale Raqqa, le plus important fief de l'EI en Syrie, les civils cherchent à la quitter mais en sont empêchés par l'EI, selon l'OSDH.

Environ 300 000 personnes vivent dans la ville de Raqqa, où l'EI utilise les civils comme «boucliers humains» selon les FDS.

«L'EI ne délivre pas de permis pour quitter la ville, même pas aux gens malades ou qui ont besoin d'être soignés ailleurs», a dit le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Des familles ont toutefois pu s'échapper et rejoindre la province d'Idleb (nord-ouest). Selon Abou Mohammed, un fondateur du groupe de militants «Raqqa is Being Slaughtered Silently», des habitants paient des passeurs 400 dollars (360 euros) par personne pour fuir.

«Les gens ont peur d'une attaque féroce de l'aviation, que ce soit celle de la coalition, de la Russie ou du régime» syrien, toutes impliquées dans le conflit, a dit un autre militant du groupe, Hamoud al-Moussa.

L'organisation djihadiste a installé de nouveaux barrages militaires dans la ville, selon ce groupe.

Craintes pour 100 000 déplacés

Les FDS sont également soutenues au sol par des membres des forces spéciales américaines, dans un rôle «de conseil et d'assistance» selon le Pentagone. Ils ont été vus avec les combattants de la milice kurde des YPG dans le village de Fatsa repris aux djihadistes dans le nord de la province de Raqqa.

La Turquie a dénoncé l'«hypocrisie» des États-Unis, en évoquant la présence des soldats américains dont certains arboraient l'insigne des YPG, milice considérée comme «terroriste» par Ankara.

Les États-Unis ont demandé à leurs soldats d'ôter ces écussons, a déclaré vendredi le colonel Steve Warren.

A l'ouest de la province de Raqqa, dans celle d'Alep, l'EI progressait en direction des localités d'Azaz et de Marea, proches de la frontière turque et tenues par les rebelles, selon des militants.

«Nous sommes terriblement inquiets pour environ 100 000 personnes prises au piège entre la frontière turque et les lignes de front», a indiqué Pablo Marco, responsable régional des opérations pour Médecins sans frontières.

Toujours dans la même province, des bombardements du régime contre des zones rebelles ont fait au moins 15 morts, selon des secouristes.

L'Union européenne a prorogé vendredi d'un an ses sanctions contre le régime du président Bachar al-Assad.

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