Premières arrestations après la tuerie en Tunisie

Le ministre tunisien de l'Intérieur Najem Gharsalli (au... (PHOTO KENZO TRIBOUILLARD, AFP)

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Le ministre tunisien de l'Intérieur Najem Gharsalli (au centre) dépose une gerbe de fleurs sur le lieu où le drame s'est joué, en compagnie de ses homologues français (à gauche, Bernard Cazeneuve), allemand (2e en partant de la gauche, Thomas de Maizière) et britannique (2e en partant de la droite, Theresa May).

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Camille BOUISSOU
Agence France-Presse
PORT EL KANTAOUI, Tunisie

La Tunisie a annoncé lundi les premières arrestations en lien avec le pire attentat djihadiste de son histoire, commis il y a trois jours contre des touristes dans un hôtel, Londres payant le plus lourd tribut avec probablement une trentaine de morts.

Sous l'oeil d'agents armés et cagoulés, les ministres allemand, français et britannique de l'Intérieur, accompagnés de leur homologue tunisien Najem Gharsalli, ont rendu hommage lundi, sur le lieu-même du carnage au sud de Tunis, aux 38 personnes tuées et aux 39 blessées dans l'attaque.C'est sur la plage et autour des piscines de l'hôtel Imperial Marhaba à Port El Kantaoui, près de Sousse, qu'un étudiant tunisien de 23 ans identifié comme Seifeddine Rezgui a ouvert le feu vendredi sur les vacanciers avant d'être abattu.

Cette attaque qui intervient après celle du musée du Bardo en mars a choqué les Tunisiens et porté un coup dur au tourisme, un secteur crucial déjà mal en point depuis la révolution de 2011.

Lundi soir, la ministre du Tourisme Selma Elloumi Rekik a ainsi indiqué que l'impact économique pour la Tunisie de l'attentat pourrait atteindre plus de 450 millions d'euros en 2015, alors que le budget de l'Etat est de 13,3 milliards d'euros.

Plus tôt, lors une conférence de presse à l'Imperial Marhaba, M. Gharsalli, le ministre de l'Intérieur, avait annoncé l'arrestation «d'un premier groupe, dont le nombre est important, du réseau qui était derrière ce criminel terroriste», en allusion à l'auteur de l'attaque revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

M. Gharsalli, qui s'exprimait aux côtés de ses homologues français Bernard Cazeneuve, allemand Thomas de Maizière et britannique Theresa May, n'a toutefois pas précisé le nombre ou l'affiliation des personnes arrêtées.

Annulations de voyage

Le gouvernement tunisien a décidé après l'attentat d'armer la police touristique et de la renforcer par un millier d'agents de sécurité supplémentaires à partir de mercredi pour protéger hôtels, plages et sites touristiques.

La Grande-Bretagne a payé le plus lourd tribut dans l'attaque. Dix-huit Britanniques ont été identifiés parmi les 38 morts mais ce bilan pourrait s'alourdir et atteindre «environ 30» morts, selon Londres.

Cette attaque est la plus meurtrière pour les citoyens britanniques depuis les attentats suicide du 7 juillet 2005 à Londres (52 morts).

Lundi, un avion militaire britannique est arrivé en Tunisie pour aider à l'évacuation des blessés.

Le ministère tunisien de la Santé a indiqué n'avoir identifié jusqu'ici que 25 des 38 victimes, la plupart d'entre elles étant en tenue de plage au moment de l'attentat et n'ayant donc pas leurs papiers sur elles. Deux Allemands, trois Irlandais, une Portugaise, une Belge et un ou une Russe figurent aussi parmi les morts.

Face aux craintes de chiffres «catastrophiques» pour le tourisme sur le court-terme, le ministère du Tourisme a annoncé des mesures d'urgence pour soutenir les professionnels du secteur, comme des prêts «exceptionnels».

Plus tôt, le syndicat des agences de voyages françaises (Snav) avait indiqué enregistrer «80% d'annulations et de demandes pour une autre destination» concernant juillet, sur un total de 8.000 à 10 000 dossiers de réservations de voyages avec hôtel.

«Les Tunisiens sont adorables»

Et des milliers de touristes avaient été évacués par des avions affrétés par les tours opérateurs dès le jour de l'attentat.

Néanmoins certains ont choisi de rester, comme Ted et Dawn, deux touristes britanniques arrivés la veille de l'attaque pour leur «deuxième lune de miel».

«Nous avons entendu tous les tirs et nous avons fait nos bagages mais nous avons changé d'avis, les Tunisiens sont des gens adorables», dit à l'AFP Dawn, tout en reconnaissant avoir «eu peur de sortir du complexe» hôtelier.

Lundi, une vidéo amateur de l'attentat circulait sur les réseaux sociaux, montrant le tueur marcher d'un pas tranquille sur la plage après le massacre.

Selon des témoins, l'attaque a duré de 30 à 40 minutes, et beaucoup se demandaient pourquoi l'assaillant n'a pas été neutralisé plus tôt par les forces de l'ordre. Interrogé par l'AFP, le porte-parole de l'Intérieur a refusé de réagir, arguant de l'enquête en cours.

Le Premier ministre Habib Essid a déclaré dans une interview diffusée lundi par la chaîne américaine CNN que Seifeddine Rezgui s'était «principalement radicalisé sur internet».

Il a fait aussi état d'informations non confirmées «selon lesquelles il faisait partie d'une organisation et était très, très proche d'une mosquée qui forme (des recrues), du moins du point de vue intellectuel».

Depuis la révolution de 2011 qui a chassé du pouvoir le dictateur Zine Al Abidine ben Ali, la Tunisie fait face à une menace jihadiste croissante qui, couplée avec les bouleversements politiques et les tensions économiques et sociales, a pesé sur le tourisme.

Des dizaines de soldats et policiers ont en outre été tués par des jihadistes dans ce pays qui fournit le plus gros contingent de ressortissants - environ 3000 - auprès de groupes extrémistes.

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