Syrie: l'EI à l'assaut de Hassaké

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Son éventuelle chute donnerait à l'EI le contrôle d'une deuxième capitale provinciale en Syrie après celle de Raqqa (nord), son bastion.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Rana MOUSSAOUI
Agence France-Presse
BEYROUTH, Liban

Les djihadistes du groupe armé État islamique (EI) livraient vendredi de violents combats à l'armée de Bachar al-Assad pour tenter de capturer Hassaké, une importante capitale provinciale de Syrie dont la chute constituerait un nouveau revers pour le régime.

Le Conseil de sécurité des Nations unies s'est en outre insurgé devant une nouvelle vague de bombardements aux barils d'explosifs, condamnant «toutes les violences contre des civils», alors que l'armée du régime ne cesse d'avoir recours à ces armes sur les territoires tenus par les insurgés, faisant 100 morts en 48 heures,dont 20 enfants, selon une ONG.

Depuis le 30 mai, l'EI tente à coups d'assauts et d'attentats suicide de s'emparer de Hassaké, chef-lieu de la province éponyme située dans le nord-est du pays.

Le contrôle de cette ville est partagé pour le moment entre le régime et les forces kurdes.

Son éventuelle chute donnerait à l'EI le contrôle d'une deuxième capitale provinciale après celle de Raqa (nord), son bastion. La capitale provinciale d'Idleb (nord-ouest) échappe aussi au régime mais elle est aux mains du Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, et de rebelles syriens.

Combats acharnés

Le conflit en Syrie a été déclenché en mars 2011 par la répression sanglante d'une révolte pacifique qui s'est ensuite militarisée plongeant le pays dans la guerre civile. Profitant du chaos, des groupes djihadistes se sont emparés de vastes régions.

Responsable d'atrocités et fort de dizaines de milliers de combattants, l'EI contrôle désormais la moitié du territoire syrien ainsi que de vastes régions en Irak voisin.

Vendredi, «des combats acharnés se poursuivent entre forces du régime et l'EI aux abords sud de Hassaké, l'armée de l'air bombardant violemment les positions djihadistes», selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les quartiers à la périphérie sud sont tenus par l'armée «qui continue de mobiliser» des renforts, a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

Selon des militants, des familles se sont déplacées vers les quartiers kurdes, dans le nord et l'ouest, par peur des tirs.

Depuis le début de la bataille de Hassaké, au moins 130 personnes ont péri selon l'ONG: 71 côté régime et 59 djihadistes dont 11 kamikazes à bord de voitures piégées, arme de prédilection de l'EI.

L'EI s'est emparé jusqu'à présent d'une prison, d'une station d'électricité - provoquant un black-out dans la ville -, et de positions militaires près de Hassaké.

100 morts en 48 heures

Ailleurs en Syrie, le régime poursuivait ce que l'OSDH et des militants considèrent comme une campagne aérienne «punitive» contre les civils en région rebelle. En 48 heures, 94 civils, dont 20 enfants et 16 femmes, ont péri dans ces raids aux barils d'explosifs, selon l'ONG.

C'est surtout dans la province septentrionale d'Alep que les bilans sont les plus lourds.

Plus au nord d'Alep, près de la cité de Marea, une bataille féroce se poursuivait entre le Front Al-Nosra et ses alliés d'une part et l'EI de l'autre. Située sur une route menant à la Turquie, Marea est cruciale pour le ravitaillement.

Dans sa guerre contre les rebelles, le régime est aidé par les combattants du mouvement chiite libanais Hezbollah ainsi que par des combattants iraniens.

Dans une déclaration télévisée, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a affirmé que ses combattants avaient réussi à reprendre au Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, et à ses alliés «quelques dizaines de kilomètres2» dans la région montagneuse du Qalamoun, à cheval entre le Liban et la Syrie.

«La prochaine bataille au Qalamoun sera avec l'EI. Ce groupe est à nos frontières et il constitue une menace pour l' existence du Liban», a-t-il dit.

En Irak, alors que les forces armées tardent à lancer leur contre-offensive pour reprendre à l'EI Ramadi, la capitale provinciale d'Al-Anbar frontalière de la Syrie, le président Barack Obama évoquera avec le premier ministre irakien Haider al-Abadi les moyens de soutenir les forces irakiennes, en marge du sommet du G7 ce week-end en Allemagne.

Malgré les raids intensifs menés contre l'EI depuis dix mois par une coalition internationale dirigée par les États-Unis, les djihadistes continuent à avancer en Syrie et en Irak.

L'EI a ainsi tiré vendredi 40 roquettes contre un quartier résidentiel près d'Amriyat al-Fallouja. Cette localité d'al-Anbar située à 30 km au sud-ouest de Bagdad est toujours sous le contrôle des forces gouvernementales. Selon des sources médicales et policières, six femmes et quatre enfants ont été blessés par ces tirs.



Cent morts en 48 heures

Ailleurs en Syrie, le régime poursuivait ce que l'OSDH et des militants considèrent comme une campagne aérienne «punitive» contre les civils en région rebelle; 94 civils, dont 20 enfants et 16 femmes, ont péri dans ces raids en 48 heures, selon l'ONG. Des centaines ont été blessés.

C'est surtout dans la province septentrionale d'Alep et son chef-lieu éponyme que les bilans sont les plus lourds. Vendredi, dans le quartier rebelle de Myassar à Alep, un couple et leur enfant ont été tués par un baril d'explosif, selon l'OSDH.

Les ONG internationales dénoncent régulièrement l'utilisation des barils d'explosifs par le régime qui dément recourir à cette arme destructrice et aveugle.

Plus au nord d'Alep, près de la cité de Marea, une bataille féroce se poursuivait entre le Front al-Nosra et ses alliés d'une part et l'EI de l'autre. Située sur une route menant à la Turquie, Marea est cruciale pour le ravitaillement.

Dans sa guerre contre les rebelles, le régime est aidé par les combattants du Hezbollah libanais ainsi que par les combattants iraniens.

En Irak, alors que les forces armées tardent à lancer leur contre-offensive pour reprendre à l'EI Ramadi, la capitale provinciale d'Al-Anbar frontalière de la Syrie, le président Barack Obama évoquera avec le premier ministre irakien Haider al-Abadi les moyens de soutenir les forces irakiennes, en marge du sommet du G7 ce week-end en Allemagne.

Malgré les raids intensifs menés contre l'EI depuis dix mois par une coalition internationale dirigée par les États-Unis, les djihadistes ont réussi à avancer en Syrie et en Irak.

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