L'EI engage une «guerre de l'eau»

Selon des responsables locaux, la «guerre de l'eau»... (PHOTO KARIM KADIM, ARCHIVES AP)

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Selon des responsables locaux, la «guerre de l'eau» menée par l'EI va forcer les populations des localités touchées à fuir. Ci-dessus, des résidants de Ramadi quittent la ville située à 65 km à l'ouest de Bagdad, alors que les combats entre les djihadistes (qui ont depuis pris la ville) et les soldats irakiens faisaient rage, le 20 mai.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Jean Marc MOJON, David HARDING, Sara HUSSEIN
Agence France-Presse
BAGDAD, DOHA et BEYROUTH

Le groupe armé État islamique (EI) a engagé une «guerre de l'eau» en Irak en fermant les vannes d'un barrage à Ramadi, ce qui va rendre encore plus complexe l'opération de reconquête de cette ville lancée par les forces irakiennes.

Cette initiative de l'EI témoigne de la difficulté à reprendre les territoires conquis par les djihadistes en Irak et en Syrie malgré le soutien réaffirmé mardi par les pays de la coalition internationale réunis à Paris.

Il faudra «probablement une génération ou plus» pour vaincre la «menace mondiale» que représente l'EI, a d'ailleurs affirmé mercredi le général John Allen, l'émissaire américain pour la coalition dirigée par les États-Unis. «Ce sera une longue campagne», a-t-il assuré lors d'un forum à Doha.

La priorité est actuellement donnée à la reprise de Ramadi, capitale de la vaste province d'Al-Anbar (ouest) dont la chute aux mains de l'EI le 17 mai avait représenté un sérieux revers pour Bagdad et ses alliés.

Dans les jours suivants, le premier ministre irakien Haider al-Abadi avait assuré que la reconquête de Ramadi serait une question de jours.

Mais, depuis, la contre-offensive avance lentement même si les forces gouvernementales, soutenues par des milices chiites et des tribus sunnites, ont repris une partie des environs de la ville.

L'EI garde l'initiative, comme l'a prouvé sa décision de fermer les vannes d'un barrage situé à Ramadi qui régule le cours de l'Euphrate. La baisse du niveau du fleuve en aval provoque des coupures dans l'approvisionnement de Khaldiyah et Habbaniyah, deux zones encore sous contrôle gouvernemental à Al-Anbar, selon des responsables locaux.

«DAECH (acronyme arabe de l'EI) mène désormais une sale guerre de l'eau», a dénoncé Sabah Karhout, le chef du conseil provincial d'Al-Anbar. «Il espère déstabiliser Khaldiyah et Habbaniya (...) Fermer l'eau est le pire crime qu'il puisse commettre. Cela va forcer les enfants, les femmes et les personnes âgées à fuir, ce qui lui permettra de lancer des attaques».

L'EI a choisi cette stratégie, car il «n'a probablement pas assez de combattants à nous opposer dans le cadre d'une guerre conventionnelle», souligne Arkan Khalaf al-Tarmuz, un autre élu provincial. «Il utilise donc l'eau comme une arme pour affaiblir les zones où se trouvent des bases militaires».

«Progrès importants»

Les forces gouvernementales se retrouvent par ailleurs à la merci des attaques au camion piégé, une technique dévastatrice de plus en plus utilisée par l'EI pour semer la terreur et faire de nombreuses victimes.

Le groupe a ainsi revendiqué mardi une attaque-suicide perpétrée la veille par trois kamikazes, qui a fait 47 morts en visant une base de la police au nord de Bagdad.

Placé sur la défensive après la chute de Ramadi, M. Abadi avait qualifié d'«échec» mardi à Paris la stratégie suivie par les pays de la coalition internationale, États-Unis en tête.

Le premier ministre a néanmoins reçu leur soutien à son plan de reconquête des territoires perdus même s'il lui a été demandé d'accélérer les réformes politiques, en particulier pour inclure la minorité sunnite.

Le numéro deux de la diplomatie américaine Antony Blinken a défendu la stratégie de la coalition. En menant plus de 4000 raids en neuf mois, elle a entraîné des «progrès importants»: l'EI contrôle «25 % de moins de l'Irak», beaucoup de matériel a été détruit et plus de 10 000 militants de l'EI ont été tués, ce qui «va finir par avoir un effet».

24 morts en Syrie

En Syrie, la lutte contre l'EI passe aussi par une transition politique, selon la coalition, qui a officiellement entériné mardi «l'incapacité» du régime de Bachar al-Assad à lutter contre les djihadistes.

Affaiblie, l'armée recourt de plus en plus aux attaques par hélicoptère avec largage de barils explosifs sur les zones rebelles. Au moins 24 personnes, dont huit enfants, ont ainsi trouvé la mort mercredi dans de nouvelles attaques dans le nord du pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Plusieurs milliers de combattants irakiens et iraniens sont par ailleurs arrivés récemment en Syrie, avec pour objectif principal de défendre Damas et sa banlieue, a indiqué à l'AFP une source sécuritaire syrienne.

«Quelque 7000 combattants iraniens et irakiens sont arrivés en Syrie» et «le but est d'arriver à 10 000 hommes pour épauler l'armée syrienne et les milices progouvernementales», a affirmé ce membre des services de sécurité à Damas sous couvert de l'anonymat.

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