Les renforts irakiens arrivent à Kobané

Les peshmergas n'ont pas encore commencé à se... (PHOTO ILYAS AKENGIN, AFP)

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Les peshmergas n'ont pas encore commencé à se battre, «mais cela ne saurait tarder».

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Crise dans le monde arabe

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Mohamad AL GHANDOUR, Mohamad Ali Harissi
Agence France-Presse
SURUC et Beyrouth

Les combattants kurdes irakiens se préparaient samedi à se joindre à la bataille de Kobané pour aider à vaincre les djihadistes du groupe État islamique (EI), après leur entrée dans cette troisième ville kurde de Syrie dévastée par des semaines de combats.

À l'occasion de la journée mondiale «Urgence Kobané», les Kurdes ont manifesté dans le calme en Turquie et dans plusieurs pays d'Europe -France, Grande-Bretagne, Allemagne- en signe de solidarité avec cette cité devenue le symbole de la résistance face à l'EI, un groupe ultra-radical responsable d'atrocités en Syrie comme en Irak.

Attendus depuis plusieurs jours, 150 peshmergas venus du Kurdistan irakien sont arrivés vendredi soir à Kobané, après avoir quitté la ville turque de Suruç et traversé la frontière, distante d'environ un kilomètre.

Équipés de lance-roquettes, de fusils automatiques et de mortiers, ces renforts n'ont toujours pas participé aux combats et se concentrent pour l'instant sur un soutien logistique, selon Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Quelque 3000 à 4000 djihadistes livrent combat à environ 1500 à 2000 membres de la principale milice kurde syrienne des YPG (Unités de protection du peuple) qui défendent Kobané, a-t-il précisé.

L'arrivée des renforts pourrait donner un coup de pouce aux YPG, mais leurs armes ne suffiraient pas pour faire face à des djihadistes beaucoup mieux équipés, notamment avec des chars, a dit le chef de l'ONG qui s'appuie sur un large réseau d'informateurs dans le pays ravagé la guerre civile.

M. Rahmane a estimé que la résistance acharnée des YPG, qui ont l'avantage du terrain, et le soutien aérien crucial quotidien de la coalition dirigée par les États-Unis avaient empêché jusque là la chute de Kobané aux mains des djihadistes.

Optimisme prudent

Mustafa Ebdi, un militant kurde originaire de Kobané, s'exprimant depuis la zone frontalière en Turquie, a lui aussi jugé nécessaire «plus de renforts et d'armes» tout en faisant part de «l'optimisme ambiant après l'arrivée des peshmergas».

«Certains Kurdes m'ont appelé pour me demander quand nous pourrons rentrer chez nous (à Kobané). Certains croient que la bataille sera bientôt terminée, mais je pense qu'elle sera encore longue», a-t-il ajouté en soulignant que «l'EI recevait aussi des renforts».

«Nous sommes satisfaits de l'arrivée des peshmergas irakiens, mais nous avons besoin de plus de combattants, de plus d'armes et la frontière (avec la Turquie) doit être complètement ouverte» pour permettre aux Kurdes qui le veulent d'aller aider à libérer leur ville, a-t-il poursuivi. «Moi-même je veux aller à Kobané prendre les armes. Je veux libérer ma maison».

Polat Can, un porte-parole des YPG, se veut plus rassurant. «Nous n'avons jamais cessé d'être optimistes, même lorsque nous n'avions pas l'aide de la coalition, ou des (peshmergas). Nous n'aurions pas pu résister durant 46 jours si nous n'étions pas confiants dans notre victoire».

Il a confirmé que les peshmergas n'avaient pas commencé à se battre, «mais cela ne saurait tarder. Pour l'heure ils déploient leurs armes, repèrent le terrain et se répartissent les tâches. L'artillerie et les armes lourdes qu'ils ont apportées joueront un rôle important».

Entre-temps, les forces des YPG ont repoussé un nouvel assaut dans le nord des djihadistes qui cherchent à couper l'accès de la ville à la Turquie et à l'encercler, selon l'OSDH.

Frappes et attentats en Irak

Depuis le début de l'offensive de l'EI le 16 septembre pour conquérir Kobané, environ un millier de personnes ont péri, en grande majorité des combattants des deux camps selon l'OSDH, et plus de 300 000 habitants de la région ont pris la fuite, la plupart en Turquie. Les djihadistes ont réussi à s'emparer de près de 70 villages sur le chemin de Kobané, où ils sont entrés le 6 octobre.

Une prise totale de cette ville permettrait à l'EI de contrôler une longue bande de territoire à la frontière.

Le passage des renforts a été accepté par Ankara, sous la pression des États-Unis. Mais la Turquie se refuse toujours à laisser passer des combattants kurdes turcs.

Accusé de crimes contre l'Humanité par l'ONU, l'EI a mis à profit la guerre civile en Syrie et l'instabilité politique et sécuritaire en Irak pour s'emparer de larges territoires où il fait régner la terreur -viols, rapts, décapitations.

En Irak, de nouvelles frappes de la coalition ont été lancées contre l'EI dans le nord et l'ouest du pays. L'armée tente, non sans grande peine de regagner du terrain sur les djihadistes, et cherche à reprendre la ville de Baïji (nord), pour sécuriser la principale raffinerie du pays.

Ailleurs dans le pays, 24 personnes ont péri dans des attaques dans et autour de Bagdad, à quelques jours d'une grande fête religieuse chiite.

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