Déploiement de forces inhabituel à Bagdad

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Ces mesures de sécurité «sont très inhabituelles et ressemblent à celles que nous imposons pour un état d'urgence», a déclaré un haut responsable de la police irakienne.

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L'État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Jean Marc MOJON
Agence France-Presse
Bagdad

Un déploiement inhabituel de forces a eu lieu dans des zones stratégiques à Bagdad dans la nuit de dimanche à lundi, peu de temps avant que le Premier ministre annonce son intention de déposer une plainte contre le président, qu'il accuse d'avoir violé la Constitution.

«Il y a une forte présence de membres de la sécurité, de la police et de l'armée, spécialement autour de la "zone verte"», un quartier hautement protégé où sont basées les institutions clé du pays, a indiqué un haut responsable de la police à l'AFP.

Ce déploiement a débuté vers 15h30, 90 minutes avant que le Premier ministre Nouri al-Maliki annonce à la télévision d'État qu'il allait déposer une plainte contre le président Fouad Masoum.

Ces mesures de sécurité «sont très inhabituelles et ressemblent à celles que nous imposons pour un état d'urgence», a déclaré ce haut responsable de la police.

«De nombreuses rues ont été fermées, ainsi que plusieurs ponts clé», a précisé un responsable au ministère de l'Intérieur. «Tout est lié à la situation politique», a-t-il ajouté.

«Aujourd'hui je vais déposer une plainte devant la Cour fédérale contre le président», a annoncé Nouri al-Maliki dans une déclaration surprise retransmise à minuit heure locale par la télévision d'État.

Il accuse le président d'avoir violé deux fois la Constitution, notamment en ne confiant pas à un Premier ministre désigné la mission de former un nouveau gouvernement.

Soutien américain 

Washington a aussitôt exprimé son soutien au président: «Les États-Unis soutiennent pleinement le président Fouad Masoum dans son rôle de garant de la Constitution irakienne», a déclaré la porte-parole du département d'État Mary Harf.

«Nous réaffirmons notre soutien à un processus de sélection d'un Premier ministre qui puisse représenter les aspirations du peuple irakien en créant un consensus national et en gouvernant de manière ouverte», a-t-elle indiqué.

«Nous rejetons tout effort visant à aboutir à des résultats à travers la coercition ou la manipulation du processus constitutionnel ou judiciaire», a-t-elle averti.

La coalition de Nouri al-Maliki, un chiite, a remporté les législatives du 30 avril et ce dernier vise un 3e mandat, mais il est vivement critiqué pour son autoritarisme et son choix de marginaliser la minorité sunnite.

Malgré l'enjeu, le Parlement a reporté dimanche au 19 août une session faute de consensus entre les députés sur le choix du Premier ministre.

Lors d'un déplacement en Irak dimanche, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a appelé à la mise en place d'un gouvernement d'union: «Il faut que tous les Irakiens se sentent représentés et puissent ensemble mener la bataille contre le terrorisme».

Les Kurdes reprennent la main 

Sur le plan militaire, alors que les forces kurdes ont subi ces derniers jours plusieurs revers face aux insurgés sunnites, menés par les jihadistes de l'État islamique (EI), elles ont repris la main dimanche, au troisième jour des frappes aériennes menées par les États-Unis.

«Les peshmergas ont libéré Makhmour et Gwer (...) Le soutien aérien américain a aidé», a affirmé un porte-parole des forces kurdes, Halgord Hekmat.

Makhmour et Gwer, prises il y a quelques jours par des insurgés sunnites, sont situées au sud-ouest de la capitale du Kurdistan irakien, Erbil, où Washington a évacué une partie du personnel de son consulat.

Les États-Unis, qui se sont retirés d'Irak il y a près de trois ans, ont commencé vendredi à mener des frappes contre les positions des insurgés. Dimanche, les forces américaines ont poursuivi leurs attaques, affirmant avoir mené «avec succès de multiples frappes aériennes, tant avec des avions qu'avec des drones, pour défendre les forces kurdes près d'Erbil».

L'avancée de l'EI a jeté ces derniers jours plus de 200 000 personnes sur les routes avec notamment la prise de Qaradosh, plus grande ville chrétienne d'Irak située entre Mossoul et Erbil, et de Sinjar, bastion des Yazidis, une minorité kurdophone non musulmane, à l'ouest de Mossoul.

Nombre de Yazidis sont piégés dans les arides montagnes environnantes, menacés autant par la faim et la soif que par les jihadistes.

«Crimes contre l'humanité»

Parallèlement, les États-Unis ont largué de nouvelles cargaisons de vivres --52 000 repas au total depuis jeudi soir-- et des conteneurs d'eau à destination des «milliers de citoyens» menacés sur les monts Sinjar, selon le Pentagone. Le Royaume-Uni a également commencé dimanche à larguer de l'aide.

L'Union européenne a dénoncé des «crimes contre l'humanité» dans les zones où progressent les jihadistes, évoquant des «persécutions et des violations des droits humains fondamentaux».

Au Vatican, le pape s'est dit «effaré et incrédule» face aux informations relatant les «violences de tout type» en Irak, et a appelé à «une solution politique efficace au niveau international et local» pour les stopper.

Les forces kurdes en Irak, Syrie et Turquie travaillent ensemble pour briser le siège autour des monts Sinjar et secourir les déplacés.




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