L'armée américaine autorise un traitement hormonal pour Chelsea Manning

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Agence France-Presse
WASHINGTON

L'armée américaine a accepté de fournir un traitement hormonal pour devenir une femme à Chelsea Manning, la taupe de Wikileaks incarcérée dans une prison militaire du Kansas, a-t-on appris auprès d'un responsable du Pentagone.

Le commandant de la prison militaire de Fort Leavenworth où Chelsea Manning est incarcérée a pris la décision le 5 février, a-t-on précisé de même source.

La décision a été prise sur la base de «l'évaluation de l'état médical» de Chelsea Manning, a-t-on ajouté.

L'avocat de Chelsea Manning, Chase Strangio, a salué la décision des autorités militaires.

«C'est un premier pas important», qui est «en accord avec les recommandations de tous ses médecins», a souligné dans un communiqué l'avocat, qui travaille pour l'Union américaine pour la défense des libertés (ACLU).

Mais l'avocat a regretté que la prison militaire «continue de refuser que Chelsea puisse se laisser pousser les cheveux comme les autres détenus féminins, une partie cruciale du traitement, reconnue par ses médecins», a ajouté l'avocat.

Manning avait déjà reçu en avril 2014 l'aval d'un juge pour changer son prénom de «Bradley» à «Chelsea».

Chelsea Manning a été condamnée en août 2013 à 35 ans de prison pour avoir transmis plus de 700 000 documents confidentiels au site WikiLeaks, alors qu'elle était encore Bradley et qu'elle travaillait comme analyste du renseignement en Irak.

En septembre 2014, Chelsea Manning avait déposé plainte devant un tribunal fédéral pour obtenir ce traitement hormonal, estimant que le refus de ce traitement violait le principe constitutionnel de l'interdiction des châtiments cruels et inhumains.

Selon Vincent Villano, du Centre national pour l'égalité transgenre, la décision de l'armée est une première pour un détenu de prison militaire.

Mais, a-t-il expliqué, l'administration fédérale des prisons «a déjà reconnu il y a plusieurs années que la Constitution américaine empêchait de refuser aux détenus ce traitement».

Selon des documents mis en ligne par le Centre national pour les droits des lesbiennes (NCLR), au moins deux détenus civils ont déjà obtenu le droit de commencer le traitement après avoir été incarcérés.

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