Armes chimiques: Barack Obama met en garde Damas

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Les manifestations pour un changement de régime en Syrie donnent lieu à de violentes répressions. Lisez notre dossier sur le sujet. »

Agence France-Presse
Washington

Le président Barack Obama a menacé de «conséquences» son homologue syrien Bachar al-Assad s'il faisait usage d'armes chimiques, un responsable américain affirmant que Damas était en train de mélanger les composants nécessaires à la militarisation du gaz sarin.

Sans que l'on sache si la décision est liée, l'ONU a annoncé qu'elle suspendait ses opérations en Syrie en raison de la dégradation de la sécurité, un mouvement suivi par l'Union européenne qui a décidé de réduire sa délégation au minimum.

«Plusieurs indices nous laissent penser qu'ils sont en train de mélanger des précurseurs chimiques», a révélé à l'AFP un responsable américain, évoquant le gaz sarin et donnant corps aux mises en garde américaines tout au long de la journée.

M. Obama a pris à témoin M. Assad. «Le recours à des armes chimiques est et serait totalement inacceptable. Si vous commettez l'erreur tragique d'utiliser ces armes, il y aura des conséquences et vous en répondrez», a prévenu le président américain lors d'une allocution à Washington.

A Prague, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a adressé un «avertissement très sévère» aux dirigeants syriens.

Les États-Unis sont «inquiets à l'idée qu'un régime de plus en plus assiégé (...) réfléchisse à l'utilisation d'armes chimiques contre les Syriens», a renchéri le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney.

Pour Washington, l'utilisation d'armes chimiques constituerait le franchissement d'une «ligne rouge».

Le gaz sarin est un puissant neurotoxique qui provoque une paralysie complète puis la mort. Ses précurseurs chimiques sont stockés séparément pour éviter tout accident, le fait de les mélanger constitue une étape vers sa militarisation.

La Jordanie, frontalière de la Syrie, a jugé par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Nasser Judeh, en visite à Washington, que l'usage de ces armes «changerait la donne» et provoquerait une intervention internationale.

Mais Damas a aussitôt «réaffirm(é) qu'elle ne fera pas usage de ce genre d'armes, si elle en possède, contre son peuple», selon une source au ministère des Affaires étrangères citée par l'agence de presse officielle Sana.

Sur le terrain, l'ONU «va suspendre ses missions dans le pays jusqu'à nouvel ordre» et retirer son «personnel non essentiel» de Syrie, a déclaré son porte-parole Martin Nesirky. Même chose pour l'Union européenne, qui a «décidé de réduire ses activités à Damas à leur minimum».

Le régime peut tomber «à n'importe quel moment»

Selon Irin, l'agence de presse de l'ONU, les Nations unies ont aussi suspendu tous les déplacements en dehors de Damas et retiré certaines agences de la ville d'Alep (nord), théâtre de combats entre l'armée et les rebelles.

«La situation sécuritaire est devenue extrêmement difficile, y compris à Damas», a expliqué Radhouane Nouicer, coordinateur de l'aide humanitaire en Syrie, cité par Irin.

Après 20 mois de violences, le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi a estimé dans un entretien à l'AFP que le régime syrien pouvait tomber «à n'importe quel moment».

Les combats se sont de fait étendus récemment aux abords de l'aéroport de Damas, où les vols ont dû être suspendus, et les liaisons téléphoniques et internet ont été interrompues pendant 48 heures.

L'artillerie et l'aviation syriennes ont bombardé les quartiers sud de Damas et sa banlieue, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), proche de l'opposition, et un chasseur MiG a été abattu.

Le journal syrien proche du pouvoir, Al-Watan, avait promis dimanche «l'enfer» à ceux qui songeraient à attaquer Damas. Lundi, il faisait état de nouvelles «opérations de qualité de l'armée» qui a tué de nombreux «terroristes».

A la lisière de la Turquie, au moins 12 personnes, dont huit rebelles jihadistes, ont été tués dans un raid aérien à Ras al-Aïn, selon l'OSDH, qui a dénombré pour lundi 86 morts dont 32 civils, 32 rebelles et 22 soldats.

Le Liban a de son côté demandé lundi aux autorités syriennes le rapatriement des corps de 21 jeunes sunnites libanais tués vendredi en Syrie où ils étaient venus combattre aux côtés des rebelles.

L'OSDH a recensé plus de 41 000 morts depuis mars 2011.

Sur le plan diplomatique, le président russe Vladimir Poutine a condamné depuis Istanbul le déploiement prévu en Turquie de missiles sol-air Patriot de l'OTAN. Depuis des mois, la Russie a systématiquement mis son veto à tout projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la Syrie.

L'OTAN doit répondre favorablement dans les prochains jours à la demande d'Ankara, alarmée des débordements de la guerre sur son territoire. Lundi encore, des avions de chasse turcs ont été dépêchés vers la frontière, après un raid de l'aviation de Damas sur une localité tenue par les rebelles.

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