Liberté de la presse: l'Égypte adopte une loi controversée

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Le président égyptien Abdel Fatah al-Sissi en octobre 2014.

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Notre dossier sur le soulèvement populaire qui secoue l'Égypte. »

Agence France-Presse
Le Caire

Le président égyptien Abdel Fatah al-Sissi a ratifié dimanche une loi antiterroriste qui prévoit une amende très lourde pour les journalistes qui rapporteraient des informations contredisant les communiqués officiels en cas d'attentats.

Au lendemain de l'assassinat le 29 juin du procureur général Hicham Barakat dans un attentat spectaculaire, toujours non revendiqué, M. Sissi avait promis une législation plus dure «pour lutter contre le terrorisme».

Cet attentat avait été suivi le 1er juillet par une série d'attaques djihadistes de grande ampleur contre des militaires dans la péninsule du Sinaï et l'armée avait été ulcérée par la couverture médiatique de ces attaques.

Elle avait fait état de 21 soldats tués dans ces violences, mais les médias avaient publié des bilans bien plus lourds, citant des responsables de la sécurité.

La loi controversée, publiée au journal officiel, instaure une amende pouvant aller de 200 000 à 500 000 livres égyptiennes (entre 33 000 et 84 000 $) pour toute personne diffusant ou publiant de «fausses» informations sur des attentats ou des opérations contre des combattants islamistes.

Les détracteurs de la loi estiment que ces amendes pourraient contraindre des petites publications à fermer, et dissuader les autres médias de travailler de manière indépendante.

Le gouvernement prévoyait initialement une peine de deux ans de prison minimum. Il y avait renoncé face à la bronca des journalistes.

En revanche, une clause a été ajoutée autorisant les tribunaux à «empêcher les personnes condamnées à exercer leur profession pendant une période ne pouvant pas excéder un an, si l'infraction viole les principes de la profession». Le métier de journaliste n'est pas spécifiquement mentionné.

Cette loi a ravivé la crainte que des journalistes se trouvent au tribunal en raison de leur travail.

Trois journalistes de la chaîne qatarie Al-Jazeera ont été condamnés en première instance en 2014 à des peines allant jusqu'à 10 ans de prison pour avoir «diffamé» le pays et soutenu les Frères musulmans, l'organisation de l'ex-président islamiste Mohamed Morsi, destitué par l'armée en 2013.

Ils ont obtenu d'être jugés à nouveau. Le verdict est attendu à la fin du mois.

Selon des responsables du gouvernement, pour qu'un journaliste soit condamné en vertu de la nouvelle loi, le texte exige que soit prouvée l'intention de diffuser de fausses informations.

La loi préconise par ailleurs la peine de mort pour les personnes coupables d'avoir créé, dirigé ou financé une organisation «terroriste», et la prison pour celles jugées coupables de promotion du terrorisme.

Depuis la destitution de M. Morsi, les groupes djihadistes ont multiplié les attentats visant les forces de sécurité.

Les attaques ont tué des centaines de policiers et de soldats, tandis que plus de 1400 personnes, en majorité des pro-Morsi, ont été tuées dans la répression des manifestations de l'opposition.

Des dizaines de milliers d'autres ont été arrêtés dont plusieurs centaines condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs, qualifiés par l'ONU de «sans précédent dans l'histoire récente» du monde.

Des dizaines de ces peines ont cependant été annulées par la Cour de cassation. Egalement condamné à mort en juin, M. Morsi a fait appel.

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