À Raqqa, la bataille «historique» contre l'EI touche à sa fin

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Près de quatre mois après leur entrée dans Raqqa, les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes soutenue par Washington, sont sur le point de reprendre à l'EI sa «capitale» dans le Nord syrien.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Delil SOULEIMAN
Agence France-Presse
Raqqa

«Civils, nous vous appelons à partir et rejoindre les zones sécurisées». À Raqqa, au milieu des ruines, un combattant antijihadiste s'adresse via un haut-parleur aux habitants pris au piège dans les derniers réduits tenus par le groupe État islamique (EI).

Près de quatre mois après leur entrée dans Raqqa, les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes soutenue par Washington, sont sur le point de reprendre à l'EI sa «capitale» dans le Nord syrien.

Les combats font encore rage cependant dans les dernières poches où les jihadistes ont été acculés.

Pour échapper aux frappes aériennes de la coalition internationale emmenée par les États-Unis, ils auraient trouvé refuge dans les abris souterrains de bâtiments gouvernementaux, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'avancée des forces est ralentie par la présence de civils qui seraient près de 15 000 à être encore pris au piège des combats selon l'ONU qui parle cependant d'une estimation «difficile à vérifier».

Avant de donner l'offensive près des silos à grains dans le nord de la ville, les combattants des FDS tentent d'évacuer les habitants pris au piège des affrontements.

Pour fuir, les civils doivent échapper à la vigilance des tireurs embusqués de l'EI, mais aussi prier pour ne pas marcher sur les mines enfouies par les jihadistes.

«Graves pénuries»

«Nous sommes venus ici parce qu'il y a des civils, nous avons eu des informations selon lesquelles ils veulent sortir», explique Ahmed Abou Cheikh, radio à la main et foulard noir autour du crâne.

«Environ 70 mètres nous séparent d'eux, nous allons les arracher aux mains» de l'EI, assure ce combattant des FDS qui dirige une unité chargée de l'évacuation des civils.

Autour de lui, un paysage de désolation. Sur un panneau au milieu des destructions est inscrit le mot «jihad». Partout, de hauts monticules de terre édifiés par les jihadistes pour ralentir l'avancée des FDS.

«Dieu est le plus grand», peut-on lire en lettres noires sur les murs de Raqqa, théâtre des pires atrocités commises par le groupe ultraradical depuis la prise de la ville en 2014.

Des dizaines de milliers de civils ont fui les combats ces derniers mois, depuis le début de l'offensive des FDS visant à reconquérir les territoires autour de Raqqa.

Des centaines d'autres ont péri dans les frappes de la coalition, selon l'OSDH. Ceux qui restent vivent dans «des conditions incroyablement difficiles» et souffrent «de graves pénuries de nourriture, d'eau et de médicaments», selon le Bureau des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).

Entrées dans Raqqa début juin, les FDS contrôlent désormais la grande majorité de la ville, et les derniers jihadistes «n'ont plus la capacité de lancer des attaques ou d'utiliser des voitures piégées», assurait jeudi un commandant des FDS, Rojda Felat.

«Promesse»

Autour de lui, le bruit des tireurs embusqués et des tirs d'obus se fait entendre. Des colonnes de fumée s'élèvent après les frappes aériennes.

Les combats se poursuivent dans un secteur du centre-ville, près du principal hôpital de Raqqa et d'un stade de football où des jihadistes se sont retranchés.

Dans l'hôpital, les jihadistes utilisent «les civils comme des boucliers humains», ralentissant l'avancée des FDS et la prise de contrôle du bâtiment, selon Jihane Cheikh Ahmed, une porte-parole des FDS.

«Nous contrôlons 80% de Raqqa. Les 20% restant sont dans la ligne de tir de nos forces», indique-t-elle à l'AFP, précisant que la victoire devrait être annoncée «dans les semaines à venir».

«Pour la première fois, nous pouvons traverser du front ouest au front est, parce que nos forces tiennent la majorité de la ville», a-t-elle souligné.

À ses côtés, des combattants des FDS dansent la dabkeh, une danse traditionnelle du Moyen-Orient, et se prennent en photo pour immortaliser l'instant.

«Cette victoire, c'était une promesse faite pour nos amis qui sont morts», lâche le jeune combattant Berkhdan, la tête entourée par un foulard vert traditionnel décoré de fleurs.

«Nous sommes en train de vivre des moments historiques. La libération de Raqqa va entrer dans les livres d'Histoire», poursuit-il.




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