Évacuation de villes assiégées en Syrie

À Rachidine, une ville à l'est d'Alep tenue... (Ammar Abdullah, REUTERS)

Agrandir

À Rachidine, une ville à l'est d'Alep tenue par l'opposition, un correspondant de l'AFP a vu arriver quelque 5000 habitants de Foua et Kafraya à bord d'environ 80 autocars et de 20 ambulances. Sur cette photo, des habitants fuient Foua.

Ammar Abdullah, REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Omar HAJ KADOUR, Rouba EL HUSSEINI
Agence France-Presse
Beyrouth et RACHIDINE

Des milliers de civils et de combattants ont quitté vendredi quatre villes assiégées depuis deux ans par l'armée ou des rebelles en Syrie, à la suite d'un accord entre les parties adverses.

À Moscou, le chef de la diplomatie russe Serguei Lavrov a réclamé que l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) puisse enquêter sur le terrain afin de déterminer qui était responsable de l'attaque chimique présumée ayant fait 87 morts dans le nord de la Syrie le 4 avril.

Le désespoir et la tristesse se lisaient sur les visages fatigués des hommes, femmes et enfants quittant les quatre villes assiégées. Ils sont montés dans des cars en ignorant si un jour ils pourraient revenir chez eux, dans un pays où plus de la moitié de la population est déplacée ou en exil.

«Les gens sont déroutés. Le sentiment qui prévaut c'est l'angoisse, la tristesse et la colère», a affirmé Mohamed Darwich, un médecin de la ville de Madaya. «Nous ne savons pas ce qui va arriver à ceux qui restent et nous ignorons quelle sera notre destinée. Nous espérons pouvoir revenir bientôt. C'est malgré tout notre terre».

L'accord sur les évacuations des villes progouvernementales de Foua et Kafraya et de celles tenues par les rebelles de Madaya et Zabadani, a été parrainé par le Qatar, soutien des rebelles, et l'Iran, allié du régime.

Ces transferts sont les derniers d'une longue série depuis le début de la guerre civile il y a six ans.

Chassé-croisé

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), quelque 5000 personnes à bord d'environ 80 autocars et 20 ambulances ont quitté Foua et et Kafraya, deux enclaves chiites progouvernementales de la province d'Idleb tenues par les rebelles dans le nord-ouest. Parmi elles figurent 1300 combattants prorégime.

En vertu de l'accord, les 16 000 habitants de Foua et Kafraya doivent se rendre, via Rachidine (tenue par l'opposition), à Alep, à Damas ou dans la province de Lattaquié (ouest), places fortes du régime.

En soirée, les bus étaient sur le chemin d'Alep, selon l'OSDH.

«Je ne peux pas vous décrire ce que je ressens, mais j'espère qu'un jour l'harmonie reviendra entre nous comme c'était le cas avant» la guerre, a déclaré un habitant à l'AFP lors de l'étape à Rachidine.

Parallèlement, plusieurs milliers de personnes ont quitté Madaya et Zabadani, villes rebelles assiégées par les forces gouvernementales dans la province de Damas, pour se diriger vers la province rebelle d'Idleb.

Les bus partis de Madaya sont arrivés plus tard à Rachidine, d'où ils doivent se rendre dans la ville d'Idleb, selon l'OSDH.

Plus de 30 000 personnes sont censées être évacuées en vertu de l'accord conclu en mars qui a débuté mercredi avec un échange de prisonniers.

Selon l'OSDH, des milliers de civils à Madaya ont choisi d'y rester, tandis que l'armée est entrée dans la ville à la mi-journée.

Zabadani avait été la première ville syrienne tombée entièrement aux mains de la rébellion en janvier 2012.

«Experts indépendants»

Dans un entretien accordé mercredi à l'AFP à Damas, le président syrien Bachar al-Assad a affirmé que «le déplacement qui se fait dans ce contexte est obligatoire». «Nous ne l'avons pas choisi, et nous souhaitons que toute personne puisse rester dans son village et dans sa ville (...) Ils rentreront bien sûr chez eux après la libération», a-t-il assuré.

De son côté, l'opposition a qualifié «les transferts forcés de crimes contre l'Humanité».

À Moscou, les chefs de la diplomatie iranienne et russe, dont les pays sont alliés de Damas, se sont réunis avec leur homologue syrien, une semaine après la frappe américaine sur une base aérienne syrienne. Cette dernière a été menée, selon Washington, en représailles à l'attaque chimique présumée ayant fait 87 morts dans la ville rebelle de Khan Cheikhoun dans le nord-ouest.

Dans l'entretien à l'AFP, M. Assad a déclaré que cette attaque chimique était «une fabrication à 100%», qui a été montée par «l'Occident, principalement les États-Unis» pour «servir de prétexte» à la frappe du 7 avril contre la base aérienne.

M. Lavrov a estimé vendredi «inacceptable» que l'OIAC «analyse ce qui s'est passé (à Khan Cheikhoun) à distance». Il a ajouté qu'une enquête «transparente» de l'OIAC nécessitait l'apport «d'experts indépendants, de groupes supplémentaires d'experts qui représenteront les pays de la région, la Russie, les États-Unis et l'Europe».




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer