Syrie: l'EI revendique l'attentat suicide près d'Al-Bab

Un kamikaze a tué au moins 51 personnes,... (PHOTO AP/Thiqa News Agency)

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Un kamikaze a tué au moins 51 personnes, en majorité des rebelles, en faisant exploser sa voiture piégée dans une localité près d'Al-Bab, dans le nord de la Syrie, le 24 février.

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Crise dans le monde arabe

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Rana MOUSSAOUI, Nazeer Al-KHATIB, Rana MOUSSAOUI
Agence France-Presse
Al-Bab et Beyrouth

L'armée turque et ses alliés rebelles syriens ont été visés vendredi par un attentat suicide qui a fait au moins 51 morts, au lendemain de leur prise d'Al-Bab, fief du groupe État islamique (EI) dans le nord de la Syrie.

L'attentat a été revendiqué dans la journée par le groupe ultraradical dans un communiqué sur l'internet.

Deux soldats turcs ont également été tués et plusieurs blessés dans une autre attaque suicide dans la ville même, tombée jeudi aux mains des forces turques et des insurgés syriens après plus de deux mois d'offensive.

L'armée turque a annoncé à son tour vendredi la prise d'Al-Bab. Dans un communiqué elle affirme que « tous les quartiers d'Al-Bab sont passés sous [son] contrôle vendredi » et celui des rebelles syriens.

Un kamikaze a tué au moins 51 personnes - 34 civils et 17 rebelles -, en faisant exploser sa voiture piégée dans une localité située à moins de dix kilomètres au nord-est d'Al-Bab, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

« Moins de 24 heures après la défaite de l'EI, un kamikaze a visé deux sièges des rebelles dans la localité de Soussiane » à 8 km d'Al-Bab, a indiqué à l'AFP le directeur de cette ONG Rami Abdel Rahmane.

Le bilan n'a cessé de s'alourdir depuis le matin, des dizaines de personnes succombant à leurs blessures, d'après l'OSDH.

Les deux quartiers généraux des rebelles étaient situés l'un à proximité de l'autre. Des civils se trouvaient également dans la zone, d'après l'OSDH.

Pour Abou Jaafar, commandant du groupe rebelle Liwa al-Moutassem, l'identité des auteurs ne fait aucun doute : « Ce sont les ''chiens'' [du chef de l'EI Abou Bakr] al-Baghdadi qui ne peuvent pas supporter leur immense défaite et leurs kamikazes ont commencé à prendre leur revanche », a-t-il dit à l'AFP.

Le commandant, qui se trouvait près de Soussiane quand a eu lieu l'attentat, a expliqué que le kamikaze avait mené son attaque au moment où se tenait une réunion entre des civils d'Al-Bab, de hauts responsables rebelles et des forces turques « pour mettre sur pied un appareil sécuritaire et un plan pour reconstruire Al-Bab ».

D'après lui, « des cellules dormantes de l'EI ont eu vent de cette information et ont préparé la voiture piégée ».

« Chats errants, rues défoncées »

Le même jour, deux soldats turcs ont été tués et plusieurs blessés à Al-Bab, a annoncé le premier ministre turc Binali Yildirim.

« Il y a eu un attentat suicide contre nos militaires qui effectuaient un contrôle routier à l'entrée d'Al-Bab, nous avons deux martyrs et des blessés », a déclaré M. Yildirim à la presse à Ankara.

« Cette ville est dans un état chaotique, il y a des explosifs, des bombes, des pièges », a-t-il ajouté précisant qu'une « opération de nettoyage est actuellement menée avec une extrême minutie ».

Un correspondant de l'AFP qui a pu pénétrer dans Al-Bab a vu que des chats errants, déambulant dans les rues défoncées par les bombes, venaient renifler les corps de djihadistes de l'EI.

Les portes des échoppes du marché dans le centre de la localité ont été soufflées et des caisses de nourriture et de médicaments sont dispersées sur le sol.

Un rebelle griffonne sur un mur le nom de son bataillon alors que dans le sud, des secouristes avec des bulldozers retirent des corps des ruines, en prenant garde de ne pas faire exploser les mines laissées derrière eux par les djihadistes.

Les rebelles syriens et l'armée turque poursuivaient vendredi leurs opérations de ratissage pour sécuriser cette ville qui comptait environ 100 000 habitants avant le début de la guerre en 2011.

Située à 25 kilomètres au sud de la frontière turque, Al-Bab était visée depuis le 10 décembre par une opération menée par les forces turques et leurs alliés rebelles syriens.

Sa reprise est un succès majeur pour Ankara qui avait lancé fin août une opération militaire dans le nord de la Syrie pour chasser les djihadistes des environs de sa frontière.

Cette avancée des rebelles à Al-Bab contre l'EI intervient au moment où a été inauguré à Genève un quatrième round de pourparlers entre régime et insurgés sous l'égide de l'ONU pour tenter de mettre fin à la guerre qui ravage la Syrie depuis six ans.

Mais cette victoire contre l'organisation djihadiste la plus redoutée au monde ne change pas la donne à Genève car le groupe est exclu de toute discussion de paix.




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