L'armée syrienne bombarde près de Damas avant les négociations

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Lundi, les forces du régime ont redoublé leurs bombardements à la périphérie de Damas, la capitale syrienne, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) et des militants sur le terrain.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Maya Gebeily
Agence France-Presse
Beyrouth

Les forces gouvernementales syriennes ont accentué lundi leur campagne de bombardement sur les positions rebelles à la lisière de Damas à l'approche de nouvelles négociations à Genève.

Des représentants de l'opposition et du régime de Bachar al-Assad doivent se retrouver jeudi pour tenter une nouvelle fois de mettre fin à six ans de guerre qui ont fait plus de 310 000 morts.

Mais les forces du régime ont redoublé lundi leurs bombardements à la périphérie de la capitale syrienne, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) et des militants sur le terrain.

«Les raids aériens ont tué sept personnes, dont une femme et un enfant, et blessé 12 autres à Barzé», un quartier tenu par les rebelles dans le nord de Damas, a affirmé l'OSDH.

Des obus ont également frappé Qaboun, un autre quartier rebelle du nord-est de la capitale.

Les rebelles et le régime s'étaient accordés sur un cessez-le-feu local à Qaboun en 2014, mais la violence a repris ces derniers jours et au moins 16 personnes y ont été tuées samedi lorsque des obus tirés par l'armée ont frappé des funérailles à Qaboun, selon l'Observatoire.

«Aujourd'hui (lundi) c'est le troisième jour de bombardements, avec des tirs d'obus et de roquettes et des raids aériens», a confirmé à l'AFP Hamza Abbas, joint par internet, en précisant qu'il entendait le bruit incessant du pilonnage.

À New York, l'ONU a dit son inquiétude. Des responsables de l'ONU ont reçu des informations sur des civils tués ou blessés lors de bombardements à la lisière de Damas, a indiqué son porte-parole Farhan Haq. Plus de 100 000 civils démunis vivent dans ces zones, a-t-il souligné.

«Message sanglant»

La principale composante de l'opposition avait accusé dimanche le régime d'intensifier ses attaques et a dénoncé «un message sanglant de la part d'un régime criminel» destiné à saboter les négociations de paix de Genève.

Les récents bombardements «mettent en danger les efforts destinés à aboutir à une transition politique en Syrie», a dénoncé le Haut comité de négociations (HCN), qui rassemble un large éventail de groupes de l'opposition et de la rébellion et sera à Genève.

La délégation du HCN sera dirigée par l'avocat Mohammad Sabra, qui remplace Mohammad Allouche, du puissant groupe regroupe rebelle l'Armée de l'islam, implanté dans la Ghouta, la grande banlieue à l'est de Damas, dans la ligne de mire de l'armée depuis plusieurs mois.

Le régime d'Assad est «absolument déterminé à se débarrasser de cette enclave rebelle d'une manière ou d'une autre», écrit Aron Lund, dans une analyse publiée par le Centre Carnegie pour le Moyen-Orient.

«Même affaiblie et encerclée, la Ghouta orientale demeure un poignard pointé sur le coeur du régime d'Assad et mobilise des milliers de soldats», explique-t-il. Envahir cette région peut avoir un impact significatif sur les pourparlers de paix «car la délégation de l'opposition n'aura pas une grande valeur» sans l'Armée de l'islam, précisé Aron Lund.

«Peur» 

Radwan al-Homsi, un militant antirégime de Binninch (nord-ouest) ne se fait guère d'illusions avant le nouveau rendez-vous de Genève, et relève que la violence s'est toujours accrue après les autres sessions de pourparlers en 2012, 2014 ou 2016.

«Ce sera comme pour les autres conférences, juste de l'encre sur du papier», estime-t-il. «Nous avons maintenant très peur de tout ce qui s'appelle conférence car chaque conférence est suivi d'une campagne militaire», assure cet homme de 27 ans.

Depuis la dernière réunion en avril 2016, les rebelles ont perdu leur place forte d'Alep et doivent tenir en compte le nouveau partenariat entre leur principal allié, la Turquie, et la Russie, qui soutient le régime.

En compagnie de l'Iran, ces deux pays ont organisé deux sessions de pourparlers entre le gouvernement et les principaux groupes à Astana.

Jeudi, quatre militaires russes ont été tués dans l'explosion d'une mine artisanale au passage de leur convoi en route pour Homs (centre), ont annoncé lundi les agences de presse russes citant l'armée russe.

Par ailleurs, huit civils ont été tués lors d'un raid aérien sur Raqa (nord), le fief du groupe État Islamique (EI), a indiqué l'OSDH sans pouvoir déterminer qui en était l'auteur.

Autre fief de l'EI dans le nord de la Syrie, la ville d'Al-Bab a été la cible de bombardements qui ont coûté la vie à 11 personnes d'une même famille, dont trois enfants, selon l'OSDH.

L'Observatoire précise que l'artillerie et l'aviation turques étaient en action au moment des faits pour ouvrir la voie aux soldats turcs et aux rebelles syriens qui tentent d'avancer vers le centre de cette petite ville, où des djihadistes sont assiégés.

Dans le sud du pays, trois personnes sont mortes dans une attaque du groupe djihadiste Fateh al-Cham, ex-branche d'Al-Qaïda, contre un hôpital dans la ville méridionale de Deraa, selon l'agence officielle Sana.

Près de la frontière libanaise, 250 rebelles et membres de leurs familles dans la région de Sherghaya ont été évacués vers la province d'Idleb dans le cadre d'un accord local de trêve conclu avec le régime, a par ailleurs indiqué l'OSDH. 




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