Syrie: «le temps est compté» à Alep, prévient l'ONU

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La violence des bombardements a également contraint les écoles d'Alep-Est de suspendre les cours samedi et dimanche pour, selon elles, « la sécurité des élèves et des enseignants après les frappes aériennes barbares ».

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Karam AL-MASRI, Rim HADDAD
Agence France-Presse
ALEP, DAMAS

L'émissaire de l'ONU en Syrie a averti dimanche que le «temps était compté» pour éviter un «écroulement» des quartiers rebelles d'Alep soumis à des bombardements meurtriers du régime qui avance face aux insurgés.

Au cours d'une visite à Damas, Staffan de Mistura a demandé l'arrêt des attaques qui se sont intensifiées ces derniers jours contre les civils dans cette ville divisée du nord de la Syrie, «horrifiant» l'ONU.

Les violents bombardements menés par l'armée du président syrien Bachar al-Assad ont tué 115 civils, dont 18 enfants, depuis mardi dans les quartiers est d'Alep, selon un bilan donné par l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) dimanche. Huit enfants sont également morts dans les quartiers gouvernementaux après des tirs rebelles sur une école.

«Le temps est compté et nous menons une course contre la montre» pour éviter une catastrophe humanitaire, a affirmé M. De Mistura aux journalistes à Damas, quelques heures après avoir rencontré le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem.

«Particulièrement à Alep-Est mais aussi dans d'autres parties de la Syrie, il y a une crainte grandissante d'une accélération des activités militaires», a indiqué l'émissaire.

Catastrophe

Environ 250 000 personnes vivent assiégées depuis quatre mois dans les quartiers est d'Alep qui sont administrés par des rebelles opposés à Bachar al-Assad.

Bombardés sans relâche et affamés, les civils se retrouvent dans une situation dramatique, selon les organisations humanitaires et le correspondant de l'AFP sur place.

«D'ici Noël, en raison de l'intensification des opérations militaires, on verra un écroulement (...) de ce qui reste à Alep-Est et vous pourriez avoir 200 000 personnes fuyant vers la Turquie, ce qui serait une catastrophe humanitaire», a mis en garde M. de Mistura.

Le chef de la diplomatie syrienne qui avait convié M. de Mistura à Damas, a de son côté rejeté la proposition de l'émissaire de maintenir une «administration autonome» des rebelles sur les quartiers qu'ils contrôlent à Alep.

«On lui a dit qu'on rejetait complètement cette (idée)», a déclaré M. Mouallem après la réunion, en se demandant comment «est-il possible que l'ONU vienne récompenser les terroristes?», terme utilisé par Damas pour désigner rebelles et djihadistes.

La proposition de l'ONU pour alléger les souffrances des civils d'Alep préconise l'arrêt des bombardements des deux côtés, le départ des djihadistes du Front Fateh al-Cham (ex-branche d'Al-Qaïda) de la ville, ainsi que de tout combattant et civil qui le souhaite, et le maintien de l'administration locale de l'opposition à Alep-Est.

Le président américain Barack Obama a demandé dimanche à son homologue russe Vladimir Poutine, allié de Damas, des efforts accrus pour limiter les violences et la souffrance des populations en Syrie, lors d'un entretien informel à Lima, a indiqué à l'AFP une source de la Maison-Blanche.

Outre les bombardements, auxquels ne participe pas actuellement la Russie, de violents combats se déroulent au sol.

«Guerre totale»

D'après l'OSDH, les forces loyales au président Assad sont entrées pour la première fois dans le quartier rebelle de Massaken Hanano dans le nord-est d'Alep et de violents combats se poursuivaient dimanche soir. Il s'agit d'une avancée symbolique, Massaken Hanano étant le premier quartier dont s'étaient emparés les rebelles en 2012.

Le régime a également chassé les insurgés d'une ancienne zone industrielle dans le nord-est, «la plus importante percée dans les quartiers rebelles jusqu'à ce jour», selon le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.

Un correspondant de l'AFP a constaté que les rues dans les autres quartiers d'Alep-Est étaient désertes, seuls des ambulances et des secouristes se déplaçant au milieu de bâtiments ravagés.

Les rares structures encore en mesure de fournir des soins médicaux aux habitants ont été très endommagées par les dernières frappes. Matériel et personnel qualifié manquent pour soigner les nombreux blessés.

Les équipes médicales ont été contraintes d'évacuer le dernier hôpital pédiatrique, transférant dans l'urgence les nouveau-nés vers des lieux plus sûrs.

Damas et Moscou semblent déterminés à reprendre coûte que coûte la partie est d'Alep. Des experts estiment ainsi que les deux capitales veulent atteindre cet objectif avant la prise de fonction de Donald Trump à la présidence américaine le 20 janvier.

Évoquant cette escalade de violence, le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault a condamné dimanche la «stratégie de guerre totale» de la Russie et du régime syrien, appelant à une action internationale pour «stopper le massacre».

À Bruxelles, le commissaire européen à l'Aide humanitaire, Christos Stylianides, a dénoncé des «violations inacceptables du droit humanitaire international».

Ailleurs en Syrie, des centaines d'insurgés et leurs familles, assiégés depuis des mois par l'armée syrienne, ont accepté d'évacuer la localité de Khan Chih, à 25 kilomètres de Damas, selon l'OSDH.

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