Les États-Unis demandent la fin des frappes sur Alep

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Alep a été de nouveau bombardé par le régime ces derniers jours.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Karam al-Masri
Agence France-Presse
ALEP

Les États-Unis ont réclamé la fin des bombardements sur la ville d'Alep et le rétablissement du cessez-le-feu dans toute la Syrie, à la veille de la venue à Genève de John Kerry pour des entretiens en urgence sur le conflit.

Des dizaines d'habitants de la partie contrôlée par les rebelles à Alep ont fui samedi leurs quartiers pour échapper aux nouveaux raids aériens du régime, contre lequel la Russie a exclu de faire pression.

Dans l'espoir de promouvoir un cessez-le-feu dans cette ville du nord où près de 250 civils ont été tués en une dizaine de jours, le secrétaire d'État américain John Kerry se rendra à Genève dimanche et lundi.

Il s'entretiendra avec l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura et ses homologues saoudien Adel al-Jubeir et jordanien Nasser Judeh au sujet d'un cessez-le-feu mais aussi sur les moyens de soutenir une transition politique pour mettre fin à une guerre qui a fait plus de 270 000 morts depuis 2011.

Washington entend ainsi relancer les efforts internationaux pour rétablir le cessez-le-feu coparrainé avec Moscou -- allié de Damas -- et qui est en principe en vigueur depuis le 27 février en Syrie. Mais cette trêve n'a pas résisté aux raids aériens meurtriers ces derniers jours du régime du président Bachar al-Assad sur Alep, deuxième ville du pays.

Selon le département d'État, le chef de la diplomatie américaine s'est entretenu vendredi et samedi au téléphone avec M. de Mistura et avec le coordinateur de l'opposition syrienne Riad Hijab et leur a dit «clairement que la fin des violences à Alep et le retour au bout du compte à une cessation durable (des hostilités) étaient la première des priorités».

Auprès de ses interlocuteurs, M. Kerry a également affirmé «clairement que (les États-Unis) exhortaient la Russie à prendre des mesures pour arrêter les violations du régime, notamment les attaques aveugles sur Alep», a ajouté le porte-parole du département d'État John Kirby.

En dehors du sort d'Alep, une trêve temporaire entrée en vigueur samedi à minuit sous l'impulsion de Moscou et de Washington semblait tenir sur deux fronts, dans la province de Lattaquié et la Ghouta orientale près de Damas.

«Pousser à l'exode»

Dans les secteurs rebelles d'Alep, un correspondant de l'AFP a vu des familles quitter à l'aube samedi le quartier de Boustane al-Qasr, violemment bombardé depuis plusieurs jours.

Certaines familles se réfugient dans des quartiers plus sûrs, tandis que d'autres quittent la ville par la route du Castello, seule sortie pour les habitants des quartiers rebelles presque totalement assiégés depuis des mois. Mais cette voie est très dangereuse car prise pour cible par des tireurs.

Près de 200 000 habitants résideraient dans la partie rebelle, à l'est de cette ville divisée depuis 2012, selon des chiffres non officiels.

Samedi, 28 raids aériens du régime ont touché les quartiers rebelles, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Dix personnes dont deux enfants ont été tués, selon la défense civile.

Dans les quartiers ouest tenus par le régime, trois civils dont un enfant sont morts après des tirs d'obus, selon l'agence de presse officielle syrienne SANA qui a accusé le Front Al-Nosra, branche syrienne d'al-Qaïda.

Le régime du président Bachar al-Assad s'acharne contre Alep «car il veut pousser à l'exode ses habitants en vue d'une offensive militaire» pour reprendre les quartiers rebelles, estime le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.

Depuis la reprise des hostilités à Alep le 22 avril après quelques semaines de trêve, 246 civils ont été tués par les bombardements de l'armée de l'air syrienne et des rebelles.

L'ONU a déploré un «mépris monstrueux pour les vies de civils par toutes les parties au conflit».

L'opposition syrienne a elle accusé le régime de commettre des «crimes de guerre et crimes contre l'humanité».

Face à la tragédie qui se joue à Alep, le hashtag «AleppoIsburning» a été relayé massivement sur les réseaux sociaux et appelle à des manifestations de solidarité dans plusieurs pays du 30 avril au 7 mai.

La Turquie et l'Arabie saoudite qui soutiennent les rebelles ont de leur côté accusé le régime de vouloir torpiller les tentatives de solution diplomatique. Le Qatar, favorable aux insurgés, a demandé une réunion d'«urgence» de la Ligue arabe sur Alep.

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