La ville d'un des tueurs de Charlie Hebdo veut redorer son blason

Que faire lorsque vous devenez dans l'opinion publique la ville d'un djihadiste... (Photo: AP)

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Attentats à Paris

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Attentats à Paris

Le siège parisien du journal satirique français «Charlie Hebdo» a été la cible d'un attentat terroriste sanglant ayant coûté la vie à au moins 12 personnes dont son directeur de rédaction et dessinateur emblématique Charb et ses trois autres caricaturistes vedettes: Cabu, Wolinski et Tignous. Le pire attentat en sol français depuis 50 ans. Cet attentat a été suivi par deux attaques qui seraient vraisemblablement liées au carnage chez «Charlie Hebdo». »

Agence France-Presse
Gennevilliers

Que faire lorsque vous devenez dans l'opinion publique la ville d'un djihadiste haï en France? Le maire de Gennevilliers, dans la banlieue de Paris, où l'un des auteurs de la tuerie de Charlie Hebdo est enterré, a décidé de réagir avec une campagne de «marketing territorial».

Las de recevoir des appels de journalistes demandant «s'il n'avait pas peur que sa ville devienne un lieu de pèlerinage», Patrice Leclerc s'est récemment offert une page de publicité dans deux quotidiens, L'Humanité et Le Parisien, pour lancer une invitation aux reporters.

«Vous avez été nombreux à venir faire votre travail à Gennevilliers au moment des odieux et tragiques attentats. Je vous propose de revenir montrer la richesse humaine de notre ville», affirme sa lettre ouverte, sous une photographie d'enfants pendant une fête de la ville.

L'idée, explique le maire du Parti communiste français (PCF), est d'éviter que sa ville ne se résume dans les médias au seul Chérif Kouachi, l'un des auteurs de l'attentat de Charlie Hebdo (12 morts), «parce qu'ainsi on stigmatise des personnes qui n'ont rien à voir avec ce hasard de la vie qui fait qu'un terroriste a vécu à Gennevilliers».

Avec un certain succès puisque les journalistes se pressent pour répondre à cette invitation.

Au dernier étage d'une médiathèque flambant neuve, M. Leclerc détaille la politique menée depuis quinze ans en faveur de la ville: restructuration des barres d'immeubles, lancement d'un éco-quartier ou mise en place d'activités périscolaires gratuites.

«Nous avons un théâtre national, une école d'art, un centre équestre. Cela, il faut le montrer, sinon nous cumulons les humiliations et nous obtenons un ressentiment qui peut aller jusqu'au terrorisme, ou plus couramment faire baisser les bras dans les études, la recherche d'emploi, la construction d'une société commune», ajoute-t-il.

Cette démarche de «marketing territorial», un concept importé des États-Unis, est encore peu répandue en France.

En cas de coup dur, rien n'est pire que de faire comme si de rien n'était «parce qu'alors tout vous échappe», estime Vincent Gollain, spécialiste du «marketing territorial».

Les villes frappées par une image négative doivent selon lui «engager une démarche de long terme». «Gagner en notoriété est un combat de tous les jours, mais nécessaire pour que la ville continue à attirer», estime M. Gollain. Et aussi «pour que ceux qui y habitent en soient fiers».

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