Allemagne: une loi sans précédent pour intégrer les migrants

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Les réfugiés en formation se verront attribuer un droit de séjour pour la durée de leur apprentissage, afin qu'ils puissent trouver un emploi. « Celui qui interrompra sa formation se verra retirer son titre de séjour et, par là même, le droit de rester en Allemagne », a prévenu récemment la chancelière Angela Merkel.

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Crise migratoire

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Agence France-Presse
BERLIN

L'Allemagne s'est dotée jeudi d'une loi sans précédent dans le pays encadrant l'intégration des réfugiés, leurs droits et leurs devoirs suite à l'arrivée d'un nombre record dans le pays l'an dernier.

Le texte, adopté par la chambre des députés et qui doit être définitivement validé vendredi par la chambre haute du Parlement allemand, constitue une première dans un pays longtemps réticent à se définir comme une terre d'immigration.

Ses grandes lignes sont connues depuis fin avril. Entre autres mesures, les autorités attribueront désormais un lieu de résidence aux demandeurs d'asile reconnus, afin de mieux les répartir sur le territoire et d'éviter ainsi les ghettos. En cas d'infraction, des pénalités et sanctions sont prévues pour les demandeurs d'asile.

L'Allemagne n'attribuera pas de droit de séjour durable aux réfugiés qui ne feraient pas suffisamment d'efforts pour s'intégrer, notamment par l'apprentissage de la langue allemande.

« L'acquisition de la langue est aussi nécessaire pour un séjour provisoire » en Allemagne, stipule le document.

La loi comporte également un volet dédié à l'emploi des réfugiés afin de faciliter leur embauche. Jusqu'ici, les demandeurs d'asile ou personnes de statut équivalent ne pouvaient occuper un emploi que dans la mesure où il ne trouvait pas preneur parmi les Allemands ou les citoyens de l'UE : cette restriction sera levée durant trois ans.

Les réfugiés en formation se verront attribuer un droit de séjour pour la durée de leur apprentissage, afin qu'ils puissent trouver un emploi. « Celui qui interrompra sa formation se verra retirer son titre de séjour et, par là même, le droit de rester en Allemagne », a prévenu récemment la chancelière Angela Merkel.

Ce texte sur l'intégration bouscule les traditions politiques d'un pays où les conservateurs ont longtemps refusé de valider l'idée que l'Allemagne soit une terre d'immigration, même si des centaines de milliers de Turcs par exemple s'y sont installés depuis les années 1950 en tant que « travailleurs invités ».

Ironie du sort, c'est une conservatrice, Angela Merkel, qui a ouvert la voie au changement, à travers sa politique d'accueil massive des migrants en 2015.

Depuis, le pays a durci sa politique à leur égard et la fermeture de la « route des Balkans » a achevé de réduire le flux de réfugiés venant dans le pays.

L'arrivée d'un nombre record de migrants alimente des craintes dans l'opinion, dont profite la droite populiste notamment.

Selon une enquête de l'Université de Bielefeld publiée jeudi, la population allemande juge de manière moins positive que par le passé l'arrivée des réfugiés. Une majorité d'entre eux, 55 %, estime que les demandeurs d'asile devront rentrer chez eux une fois que la situation s'y sera améliorée et ils sont 36 % à juger que l'arrivée de nombreux réfugiés constitue « une menace » pour l'avenir du pays.

Par ailleurs, l'État fédéral et les États régionaux ont finalement trouvé un accord sur la répartition des coûts liés à l'arrivée en 2015 d'environ un million de migrants, selon des sources proches des négociations interrogées par l'AFP. Depuis des semaines, les puissants Länder exigent de Berlin qu'il finance à hauteur de 8 milliards d'euros (environ 11,5 milliards de dollars CAN) par an la prise en charge des réfugiés, ce que le ministère des Finances a jusqu'ici refusé.

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