Stupeur chez France Télécom après l'immolation d'un employé

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Le directeur général actuel de France Télécom, Stéphane Richard, a promis que l'entreprise tirerait «toutes les conséquences» du drame survenu en Gironde.

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(Paris) La fin tragique d'un employé de France Télécom qui s'est immolé par le feu mardi en Gironde témoigne du fait que «des années» seront nécessaires pour venir à bout des séquelles laissées par les efforts de restructuration de l'entreprise.

«Il faudra du temps pour permettre au personnel de se reconstruire, il faudra faire durer l'effort... Ce n'est pas parce que la direction agit depuis un an que tout est réglé», prévient en entrevue Sébastien Crozier, un élu syndical de la CFE-CGC/UNSA siégeant au conseil d'entreprise du géant français des télécommunications.

La mort de l'homme de 57 ans, qui travaillait comme «préventeur» et devait, à ce titre, déceler les risques professionnels pour le personnel, illustre par l'absurde la profonde détresse psychologique avec laquelle se débattent encore aujourd'hui plusieurs des employés de l'ancienne société d'État.

Mobilité forcée

«Nous sommes tous ébranlés par sa mort. C'est quelqu'un dont le métier était de nous protéger et que nous n'avons pas su protéger... Il fait partie des gens qui ont été très durement touchés par les pratiques de mobilité forcée de l'entreprise», relate M. Crozier, de la CFE-CGC/UNSA.

Selon le représentant syndical, la victime avait passé plusieurs années à dériver de mission en mission au sein de France Télécom, dans laquelle l'État demeure un important actionnaire, sans réussir à décrocher un poste en bonne et due forme.

Les employés permanents «sont payés durant ces périodes, mais ils sont obligés d'accepter les missions qu'on leur propose, même si ça signifie qu'il faut bouger à l'autre bout de la France et qu'il faut vendre sa maison. C'est une situation difficile à vivre», relate-t-il.

Le fils de l'homme qui s'est immolé a déclaré à l'Agence France-Presse que son suicide découlait «clairement de la manière dont France Télécom a fait dérouler sa carrière».

Sa mort s'inscrit dans une série de plusieurs dizaines de suicides qui ont profondément secoué l'entreprise et forcé le départ définitif, l'année dernière, de son ancien directeur général, Didier Lombard.

Sous sa direction, l'entreprise avait lancé un ambitieux plan de restructuration qui prévoyait l'élimination en trois ans de 22 000 postes et plus de 10 000 mutations.

Amélioration

L'année dernière, un inspecteur du travail a recommandé l'ouverture d'une enquête pour «mise en danger de la vie d'autrui» et «harcèlement moral» contre des anciens membres de la direction, leur reprochant d'avoir ignoré les multiples mises en garde reçues relativement à l'impact du plan sur la santé des travailleurs.

La CFE-CGC/Unsa s'est constituée partie plaignante dans l'affaire, toujours pendante. «La justice avance tranquillement», note M. Crozier, qui se dit convaincu de la volonté de la haute direction actuelle de rompre avec les façons de faire du passé.

Les mutations forcées sont devenues «exceptionnelles» et les fermetures de sites ont pratiquement été arrêtées, souligne le représentant syndical. Depuis le début de l'année, 4 suicides ont été enregistrés, comparativement à 18 à pareille date l'année dernière, ce qui témoigne selon lui d'une amélioration sensible de la situation.

Hier, le directeur général actuel de France Télécom, Stéphane Richard, a promis que l'entreprise tirerait «toutes les conséquences» du drame survenu en Gironde.




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