Bali: près de 50 000 habitants évacués par crainte d'éruption d'un volcan

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Le mont Agung, situé à un peu plus de 3000 mètres d'altitude et quelque 75 kilomètres des principales destinations touristiques de Kuta et Seminyak, gronde depuis le mois d'août. Le niveau d'alerte maximale sur l'île avait été décrété vendredi par les autorités indonésiennes, qui recommandent de rester à plus de neuf kilomètres du cratère.

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Yulius MARTONI
Agence France-Presse
KARANGASEM

Près 50 000 habitants de l'île touristique de Bali vivant près d'un volcan ont été évacués ces derniers jours alors que l'activité sismique fait craindre une éruption pour la première fois depuis plus d'un demi-siècle, a indiqué lundi un responsable indonésien.

Le mont Agung, situé à un peu plus de 3000 mètres d'altitude et quelque 75 kilomètres des principales destinations touristiques de Kuta et Seminyak, gronde depuis le mois d'août. Le niveau d'alerte maximale sur l'île avait été décrété vendredi par les autorités indonésiennes, qui recommandent de rester à plus de neuf kilomètres du cratère.

«Le nombre d'évacués se monte à 48 540», a déclaré un porte-parole de l'agence de gestion des catastrophes naturelles, Sutopo Purwo Nugroho, lors d'une conférence de presse à Jakarta. Les évacuations devraient augmenter dans la mesure où 60 000 personnes vivent dans la zone dangereuse.

Les déplacés ont été accueillis dans des refuges temporaires ou par des proches. Mais «il y a toujours des gens qui refusent d'être évacués», a observé le porte-parole.

«La première raison, c'est qu'il n'y a pas encore eu d'éruption. La seconde, c'est qu'ils sont inquiets pour leur bétail», a-t-il expliqué, ajoutant que près de 2000 vaches se trouvant aux alentours du mont Agung avaient également été évacuées.

Certains habitants retournent dans la zone dangereuse pour leurs animaux, à l'image de Nengah Satiya, qui a quitté sa maison avec son épouse il y a trois jours, mais continue de faire des aller-retour pour ses porcs et ses poulets.

Des centaines de secousses sismiques continuent d'affecter le mont Agung, a indiqué l'Observatoire indonésien de vulcanologie et des risques géologiques.

«L'intensité tantôt augmente, tantôt baisse. C'est difficile de dire quand une éruption va se produire», a déclaré le vulcanologue Gede Suantika.

Des touristes renoncent

L'aéroport international de Denpasar, la capitale de Bali, qui accueille chaque année des millions de touristes, n'est pour le moment pas affecté. Mais les autorités aéroportuaires surveillent de près la situation et anticipent l'éventualité d'une fermeture.

En novembre 2015, l'aéroport avait été fermé temporairement en raison de l'éruption d'un volcan sur l'île voisine de Lombok, le mont Rinjani, qui avait craché des nuages de cendres dangereux pour le trafic aérien.

Le mont Agung est l'un des quelque 130 volcans actifs d'Indonésie, archipel d'Asie du Sud-Est situé sur la «ceinture de feu» du Pacifique, où la collision de plaques tectoniques provoque de fréquents séismes et une importante activité volcanique.

La dernière éruption du mont Agung remonte à 1963 et avait fait plus d'un millier de morts. Le volcan avait craché des cendres jusqu'à Jakarta, la capitale dans l'ouest de l'île de Java, à environ 1000 km.

Ce mont est un important site spirituel pour les Balinais. Le temple hindou Pura Besakih, l'un plus grand de l'île, situé au pied du mont Agung, a été fermé aux visiteurs samedi. Il avait failli être détruit par des coulées de lave au cours de l'éruption il y a 54 ans.

Sumerti Jero, un dignitaire religieux vivant près de Karangasem, district le plus proche du volcan, a affirmé que la forte activité sismique était un signe montrant que la montagne était en colère contre les touristes bafouant les coutumes locales.

Bali attire chaque année des millions de touristes à la recherche de plages paradisiaques et d'autres attractions sur la seule île essentiellement hindoue en Indonésie, pays musulman le plus peuplé au monde.

Des voyagistes suivent de près l'évolution de la situation autour du volcan, à l'image de Mangku, propriétaire de Bali Trekking Tour.

«Certains de nos clients ont annulé leurs réservations. C'est à cause du volcan, nous le comprenons», a-t-il confié à l'AFP.




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