Rapatriement d'un Américain dans le coma libéré par la Corée du Nord

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Otto Warmbier avait été condamné à 15 ans de travaux forcés par la Cour suprême nord-coréenne après avoir avoué le vol d'une affiche ornée d'un slogan politique dans un hôtel de Pyongyang où il était hébergé.

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Karim LEBHOUR
Agence France-Presse
Washington

Un étudiant américain, dans le coma depuis plus d'un an après sa condamnation en Corée du Nord à 15 années de travaux forcés pour «activités hostiles», a été rapatrié après sa libération.

Un avion militaire transportant Otto Warmbier a atterri à Cincinnati, ville du nord des États-Unis où réside sa famille, peu avant 10h20 mercredi, a rapporté la chaîne CBS News.

À son arrivée, il a été transféré au centre médical de Cincinnati, selon Fox News.

La veille, la famille du jeune homme de 22 ans avait annoncé sa libération qui intervient sur fond de tensions croissantes entre les États-Unis et Pyongyang, à quelques jours de la visite du nouveau président sud-coréen Moon Jae-In à la Maison-Blanche les 29 et 30 juin.

«Malheureusement, il est dans le coma et on nous a dit qu'il se trouvait dans cet état depuis mars 2016. Nous l'avons appris il y a seulement une semaine», ont indiqué mardi ses parents Fred et Cindy Warmbier dans un communiqué cité par la chaîne CNN.

Selon le quotidien Washington Post, Otto Warmbier, 22 ans, a contracté une forme de botulisme peu après son procès en mars 2016 et s'est vu administrer un somnifère qui l'aurait plongé dans le coma. Il était en détention depuis 18 mois.

Le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson a confirmé sa libération, mais s'est refusé à tout commentaire sur son état de santé.

Le négociateur américain Bill Richardson, qui a participé aux pourparlers pour la libération de l'étudiant, a estimé dans un communiqué que la Corée du Nord «doit expliquer en termes clairs les causes de son coma».

Otto Warmbier avait été condamné à 15 ans de travaux forcés par la Cour suprême nord-coréenne après avoir avoué le vol d'une affiche ornée d'un slogan politique dans un hôtel de Pyongyang où il était hébergé.

Pyongyang l'a accusé «d'activités hostiles» et de subversion. Son procès avait duré moins d'une heure.

Il se trouvait en Corée du Nord dans le cadre d'un voyage organisé pour le Nouvel An par l'agence chinoise Young Pioneer Tours. Il avait été arrêté alors que le groupe devait rentrer à Pékin le 2 janvier 2016.

Des rubans symbolisant la «prise de conscience» sont... (AP) - image 2.0

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Des rubans symbolisant la «prise de conscience» sont accrochés dans la banlieue de Cincinnati où demeure la famille d'Otto Warmbier.

AP

Moins d'une heure de procès

Présenté à la presse étrangère et aux diplomates quelques semaines plus tard, il avait déclaré, en pleurs, avoir fait «la pire erreur de (sa) vie».

La diplomatie américaine avait exhorté la Corée du Nord à le gracier, jugeant cette condamnation excessivement dure.

La Corée du Nord est régulièrement accusée d'emprisonner des civils étrangers afin de les utiliser comme monnaie d'échange.

Au moins 17 Américains ont été détenus en Corée du Nord ces dix dernières années, dont trois se trouvent toujours derrière les barreaux.

Rex Tillerson a dit mardi continuer les «pourparlers» avec Pyongyang pour obtenir la libération des trois ressortissants américains - Kim Dong Chul, Tony Kim et Kim Hak-Song - détenus en Corée du Nord.

Il a ajouté que Washington envisageait des «sanctions» contre des pays tiers qui commercent avec la Corée du Nord.

La libération de Otto Warmbier coïncide avec l'arrivée en Corée du Nord de l'ex-star américaine du basket Dennis Rodman, qui a entamé une nouvelle visite controversée auprès de son «ami pour la vie», le dirigeant Kim Jong-Un.

L'ancien basketteur s'est déjà rendu au moins cinq fois en Corée du Nord. Il est l'un des rares Occidentaux à avoir rencontré Kim Jong-Un.

L'administration Trump a toutefois assuré que M. Rodman effectuait ce voyage «à titre privé» et qu'il n'avait rien à voir avec cette libération.

Les relations entre les États-Unis et la Corée du Nord se sont encore tendues depuis l'entrée en fonction du président Donald Trump, en raison des ambitions nucléaires nord-coréennes pourtant bannies par l'ONU.

Pyongyang a procédé à des dizaines de tirs de missiles et à deux essais nucléaires depuis le début 2016 avec l'objectif de développer un missile capable de frapper le territoire américain.




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