L'ONU appelle à saisir la CPI de crimes contre l'humanité de Pyongyang

Le leader Kim Jong-un visite une unité de... (PHOTO ARCHIVES AFP/KCNA)

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Le leader Kim Jong-un visite une unité de la marine nord-coréenne, dans un lieu indéterminé, en Corée du Nord, le 13 décembre.

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Agence France-Presse
NATIONS UNIES

L'Assemblée générale de l'ONU a adopté jeudi à une large majorité une résolution appelant à saisir la Cour pénale internationale (CPI) de crimes contre l'humanité commis par le régime nord-coréen.

Ce texte non contraignant a été adopté par 116 voix pour, 20 contre et 53 abstentions sur les 193 pays membres de l'assemblée.

La résolution, coparrainée par 62 pays, demande aussi au Conseil d'envisager des sanctions ciblées contre les dirigeants nord-coréens pour la répression menée dans le pays.

Ce vote de l'assemblée en plénière confirme une décision prise le 18 novembre par la commission des droits de l'homme de l'assemblée.

Elle se fondait sur un rapport accablant d'une commission d'enquête de l'ONU qui accusait la Corée du Nord de commettre des atrocités «sans égal dans le monde contemporain».

Il revient au Conseil de sécurité de saisir la CPI, compétente pour les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité. Mais selon des diplomates, la Chine, qui protège le régime nord-coréen, opposerait certainement son veto à une saisine.

Le Conseil de sécurité doit tenir lundi sa première réunion spécifiquement consacrée à la situation des droits de l'homme en Corée du Nord, sans prendre de décision.

Dix des 15 membres du Conseil avaient exigé cette réunion, Moscou et Pékin s'opposant à ce que le Conseil se saisisse de ce dossier.

À l'assemblée, le représentant nord-coréen a fustigé «un rapport (de l'ONU) fabriqué de toutes pièces à partir des témoignages d'une poignée de personnes ayant fait défection».

«Nous ne tolérerons pas que la question des droits de l'homme soit utilisée comme un moyen de renverser notre système social», a-t-il affirmé.

Il a de nouveau affirmé que le Conseil devrait plutôt se pencher sur les «tortures perpétrées par la CIA» et dénoncées dans un récent rapport du Sénat américain.

Les représentants de l'Iran, de Cuba, de l'Algérie ou du Sri Lanka ont apporté leur soutien à Pyongyang, en dénonçant un «précédent dangereux» qui porte atteinte à la souveraineté des États. Téhéran et Damas sont régulièrement dénoncés par l'assemblée pour leurs violations des droits de l'homme.

Le vote en commission en novembre avait recueilli 111 voix pour, soit 5 de moins. «C'est un appel fort de la communauté internationale à améliorer le respect des droits de l'homme» en Corée du Nord, a estimé dans un communiqué l'Union européenne, qui avait mis au point le texte avec le Japon.

Selon une porte-parole de Human Rights Watch, Param-Preet Singh, «ce vote envoie un message fort pour dire que le monde est très inquiet des exactions atroces commises en Corée du Nord (...) et qui sont liées à des politiques décidées au plus haut niveau de l'État».

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