Le Vietnam libère un dissident en route vers les États-Unis

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Les inculpations pour propagande contre l'État communiste sont monnaie courante pour condamner les dissidents au Vietnam, un pays qui, selon les associations de défense des droits de l'homme, réprime de plus en plus la liberté d'expression.

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Agence France-Presse
Washington

Le Vietnam a libéré un de ses dissidents, le célèbre blogueur Dieu Cay, dont le cas avait été évoqué par le président américain Barack Obama, et il est actuellement en route vers les États-Unis, a annoncé mardi le département d'État.

Dieu Cay, de son vrai nom Nguyen Van Hai, a choisi de se rendre aux États-Unis où il devrait arriver en fin de journée, a précisé la porte-parole adjointe du département d'État, Marie Harf.

Le célèbre blogueur avait été condamné à 12 ans de prison en septembre 2012 par un tribunal vietnamien qui l'avait accusé de «propagande anti-État». Deux autres blogueurs avaient été aussi condamnés respectivement à 10 ans et quatre ans d'emprisonnement.

«Nous saluons la décision des autorités vietnamiennes de libérer ce prisonnier de conscience», a déclaré Mme Harf lors de son point de presse quotidien.

Son ex-femme, Duong Thi Tan, a rapporté sur Radio Free Asia que les autorités vietnamiennes n'avaient pas donné de choix à Hai, qui a été emmené directement depuis sa prison vers l'aéroport, où il a été mis dans un avion en partance vers les États-Unis.

«Hai n'a pas pu nous appeler», a-t-elle raconté. «En fait ils n'ont rien dit à sa famille sur sa libération. Il n'y a eu aucun signe. Ils l'ont expulsé vers l'exil, ils ne l'ont pas libéré comme ils l'ont dit».

En mai 2012, M. Obama avait invité la communauté internationale à «ne pas oublier (les journalistes) comme le blogueur Dieu Cay, dont l'arrestation en 2008 a coïncidé avec une vague de répression contre les journalistes au Vietnam».

Nguyen Van Hai, qui a mené une grève de la faim à au moins deux reprises pour protester contre son emprisonnement, était détenu depuis septembre 2008. Il avait été condamné à l'époque à deux ans et demi de prison pour fraude fiscale.

Les inculpations pour propagande contre l'État communiste sont monnaie courante pour condamner les dissidents au Vietnam, un pays qui, selon les associations de défense des droits de l'homme, réprime de plus en plus la liberté d'expression.

Mme Harf a renouvelé son appel à la libération des autres prisonniers politiques, ajoutant espérer davantage de libérations après celle de Dieu Cay.

Cette libération intervient quelques semaines après la levée partielle d'un embargo de 40 ans sur les ventes d'armes par les États-Unis au Vietnam, au motif en partie d'une amélioration des droits de l'homme dans ce pays.

Washington avait annoncé qu'il allait désormais vendre des armes à Hanoï pour sa sécurité maritime, un avertissement très clair à Pékin qui a de graves différends territoriaux en mer de Chine méridionale avec ses voisins d'Asie du Sud-Est.

A l'époque, la porte-parole du département d'État Jennifer Psaki avait estimé que le Vietnam aurait «besoin de faire des progrès supplémentaires sur les droits de l'homme pour envisager une levée complète de l'embargo».

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