Colombie: la libération des prisonniers des FARC toujours attendue

Principale guérilla colombienne, issue d'une insurrection paysanne en... (Photo DANIEL MUNOZ, Archives Reuters)

Agrandir

Principale guérilla colombienne, issue d'une insurrection paysanne en 1964, les FARC, qui comptent près de 8000 combattants selon les autorités, ont présenté ces prochaines libérations comme «un geste de paix et de réconciliation». Ci-dessus, un guérillero des FARC en route vers une prison colombienne.

Photo DANIEL MUNOZ, Archives Reuters

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Philippe ZYGEL
Agence France-Presse
BOGOTA

La Colombie devra patienter jusqu'à la semaine prochaine pour la libération promise par les Farc d'un général et quatre autres personnes, condition posée par les autorités pour la reprise du processus de paix avec la guérilla.

Le président Juan Manuel Santos a admis samedi que la remise en liberté des prisonniers des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) connaissait un certain retard, deux jours après avoir annoncé que l'opération était «en marche».

«Je suis en train de donner des instructions pour permettre la libération la semaine prochaine», a indiqué M. Santos, dans un message sur Twitter.

Les coordonnées des lieux où seront relâchées les personnes détenues par les Farc «ont été reçues», a toutefois assuré le chef de l'État, qui avait interrompu des négociations avec la rébellion marxiste à la suite de ces enlèvements.

Le gouvernement attend la remise en liberté du général Ruben Alzate et de ses deux accompagnateurs, un caporal et une conseillère de l'armée, capturés dimanche dans la province du Choco, sur la côte Pacifique, ainsi que celle de deux soldats enlevés le 9 novembre dans la province d'Arauca, près de la frontière avec le Venezuela.

Alors que des missions humanitaires du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) sont à pied d'oeuvre pour aller les rechercher, les Farc avaient reproché vendredi à l'armée de retarder ces libérations par ses opérations militaires.

«Tant qu'il y a des opérations (militaires), les choses se compliquent beaucoup», avait averti Jesus Santrich, un des délégués de la rébellion à Cuba, où sont délocalisés les pourparlers avec le gouvernement de Bogota depuis le 12 novembre 2012.

«Un retard compréhensible»

Une source militaire, consultée samedi par l'AFP, a confirmé sous couvert de l'anonymat la poursuite des activités militaires.

«Les opérations vont continuer jusqu'à ce que le CICR dise: ''on y va pour la libération''. Ils fixent un horaire et à ce moment, on suspend les opérations», a précisé cette source, estimant que l'interruption des activités de l'armée durait «en général entre 12 et 24 heures».

De son côté, le porte-parole du CICR, Laura Gomez, avait indiqué à l'AFP vendredi que l'organisme attendait que «les conditions de sécurité soient réunies, pour (ses) équipes comme pour les personnes à libérer».

«Le retard pour ces libérations est compréhensible. Il y a eu beaucoup d'opérations militaires sur le terrain alors que les Farc sont en train de déplacer leurs prisonniers sur les lieux qu'ils ont communiqués aux autorités», a expliqué à l'AFP Ariel Avila, expert auprès du centre d'études Nuevo Arco Iris, spécialiste du conflit colombien.

Couverte de forêts et riche en cours d'eau, la province du Choco est difficile d'accès et les transports, qui dépendent aussi du climat, se font essentiellement par hélicoptères et par bateaux.

Une fois les prisonniers relâchés, le président Santos s'est engagé à reprendre les pourparlers visant à régler un conflit d'un demi-siècle, le plus vieux d'Amérique latine, qui a fait quelque 220 000 morts et 5,3 millions de déplacés, selon des chiffres officiels.

Principale guérilla colombienne, issue d'une insurrection paysanne en 1964, les Farc, qui comptent près de 8000 combattants selon les autorités, ont présenté ces libérations comme «un geste de paix».

L'annonce de leur report intervient le jour où une attaque, qui a causé la mort d'un policier, a été attribuée à la rébellion dans l'île de Gorgona, au large du Pacifique, conduisant M. Santos à dénoncer des «actes terroristes».

Quatre policiers ont été blessés à la suite de cette offensive menée à l'aube par des guérilleros venus en bateaux à moteur dans cette réserve naturelle, à une trentaine de kilomètres de la côte.

Les installations policières ont été détruites par des tirs d'explosifs artisanaux. Trois agents, portés disparus durant l'attaque, ont été retrouvés au cours de la journée.

Deux touristes suisses, présents sur l'île, «s'en sont sortis sains et saufs, mais leur vie a été mise en danger», s'est ému le bureau du Défenseur du peuple, organisme chargé des droits de l'Homme.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer