Violence contre les enfants: un rapport accablant de l'UNICEF

Plus d'une jeune fille de moins de 20 ans sur dix dans le monde a subi des... (PHOTO FOURNIE PAR L'UNICEF)

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Plus d'une jeune fille de moins de 20 ans sur dix dans le monde a subi des rapports sexuels forcés ou d'autres actes sexuels contre son gré, ce qui représente 120 millions de victimes.

C'est l'une des conclusions accablantes d'un nouveau rapport de l'UNICEF, qui a colligé des données sur la violence contre les enfants dans 190 pays, une première.

«Ce qui me frappe dans ce rapport, c'est que les victimes ne se trouvent pas dans des pays en guerre, ou des pays qui vivent une crise humanitaire, explique en entrevue David Morley, président et chef de la direction d'UNICEF Canada. C'est une crise qui se vit dans des pays en paix.»

Violence sexuelle et psychologique, intimidation, homicide: les enfants sont la cible d'une part importante des actes de violence dans le monde, note le rapport, intitulé Cachée sous nos yeux.

Beaucoup d'homicides

Le rapport note que l'homicide est l'une des premières causes de décès des enfants et adolescents dans le monde: durant l'année 2012, près de 95 000 filles et garçons de moins de 20 ans ont été victimes d'un meurtre. Près de 90% de ces meurtres se sont produits dans des pays pauvres ou en développement.

Environ 6 enfants sur 10 âgés de 2 à 14 ans (soit près de 1 milliard d'enfants) subissent des châtiments corporels infligés régulièrement par les personnes qui s'occupent d'eux.

On y lit aussi que près de la moitié des filles de 15 à 19 ans dans le monde (environ 126 millions de personnes) pensent qu'il est parfois justifié qu'un mari ou un partenaire frappe ou batte sa femme.

«Quand j'ai vu ça, ma réaction a été de dire: "wow". J'ai été très surpris, dit M. Morley. Ça en dit long sur la culture de l'acceptation de la violence. La violence contre un enfant, ça a un effet qui va le suivre toute sa vie durant.»

Comment faire pour changer les mentalités? Il faut cesser de banaliser les actes de violence commis en privé, dit M. Morley.

«Il faut que ça commence dans les écoles, dans les centres communautaires. Quand les élèves parlent d'un sujet, ils rentrent chez eux, ils en parlent avec leur famille et ça change les attitudes. C'est important d'avoir de bonnes lois et de bonnes politiques, mais pour moi, c'est dans la communauté que les changements vont prendre forme.»

Le fait que cette violence se déroule dans les foyers, derrière des portes closes, la rend difficile à identifier et difficile à stopper, dit-il.

«Il y a plusieurs années, je travaillais sur le terrain au Mexique, et un chef local m'a dit, au sujet de la violation des droits des enfants: «Comme c'est quotidien, nous ne le voyons pas.» C'est vrai. Les comportements de tous les jours passent inaperçus.»

EN CHIFFRES

- 1 sur 5: Près d'une victime d'homicide sur cinq dans le monde en 2012 était âgée de moins de 20 ans.

- 7 pays: Le meurtre est la principale cause de décès des adolescents dans sept pays d'Amérique latine, dont le Panama, le Venezuela, le Salvador, Trinité-et-Tobago, le Brésil, le Guatemala et la Colombie.

- Plus de 50%: Au Congo et en Ouganda, plus 50% des adolescentes âgées de 15 à 19 ans signalent avoir subi des actes de violence.

- 1 sur 7: Au Pakistan, au Congo et au Cameroun, plus d'une adolescente sur sept a signalé avoir été battue durant une grossesse.

Source: données mondiales de l'UNICEF, 2014




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