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«Torture»: la Biélorussie dénonce le Canada

Sur cette photo prise lors du printemps érable,... (Photo: Patrick Sanfaçon, La Presse)

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Sur cette photo prise lors du printemps érable, un jeune se fait rincer les yeux après avoir reçu du gaz lacrymogène utilisé par les policiers pour disperser des manifestants.

Photo: Patrick Sanfaçon, La Presse

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Souvent qualifiée de «dernière dictature d'Europe», la Biélorussie saisit les débordements du printemps érable pour traîner le Canada au banc des accusés. Dans un rapport qui veut «attirer l'attention sur les violations des droits de la personne dans les pays qui se présentent comme des démocraties développées», le gouvernement de l'ex-membre de l'URSS fait du Canada l'un des pires vilains.

Le document dresse une longue liste des engagements internationaux que le pays, qui fait l'objet de vives critiques de la part du Haut-Commissariat aux droits de l'homme, accuse le Canada d'avoir violés. La majorité de ces violations ont eu lieu au Québec dans le cadre de la crise étudiante. Le gouvernement biélorusse accuse notamment les autorités canadiennes d'avoir brimé les libertés d'expression et d'association de ses citoyens et compare même les arrestations de masse et l'utilisation des gaz dispersants pendant des manifestations à de la «torture».

Dans une lettre envoyée au cours des derniers jours à La Presse, le chargé d'affaires de Biélorussie au Canada, Roman Sobolev, assure que son pays ne considère pas le Canada comme «dangereux». «Mais depuis longtemps, dit-il, les critiques en matière de droits de la personne visent surtout les pays en développement. Nous voulons montrer par des faits concrets que des pays comme le Canada ne se conforment pas aux lois internationales et mettre en lumière des victimes traditionnellement ignorées par les États fautifs.»

Les doits de la personne sont devenus «un outil pour la politique internationale», écrit M. Sobolev. Son gouvernement ne s'en cache pas: il veut aussi faire la leçon.

Une quarantaine de pays

Aux côtés du Canada au banc des accusés figurent les États-Unis, la France, la Suisse et une quarantaine d'autres pays, la plupart occidentaux.

Invité à commenter les reproches qui lui sont faits, Ottawa a préféré diriger les projecteurs sur la situation des droits de l'homme dans le pays d'Europe de l'Est. «Le gouvernement a, à de nombreuses reprises, demandé aux autorités biélorusses de soutenir les principes démocratiques et le respect des droits de la personne. Le peuple biélorusse a le droit fondamental à la liberté d'expression et d'association et à la primauté du droit», a fait savoir le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Canada, Ian Trites. Ottawa impose d'ailleurs des sanctions économiques depuis 2006 au gouvernement d'Alexandre Loukachenko à cause de la «dégradation de la situation des droits de la personne à la suite de l'élection présidentielle qui, d'après les observateurs internationaux, était entachée de graves irrégularités».

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