Convention sur le mercure adoptée à Genève par 140 Etats

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«C'est assez incroyable comme le mercure est répandu (...) Nous laissons là un terrible héritage» qui affecte «les Inuit du Canada comme les travailleurs des petites mines d'or en Afrique du Sud», a souligné le secrétaire général adjoint de l'ONU, Achim Steiner (photo), chargé du PNUE.

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Agence France-Presse

Après une semaine de difficiles négociations, la Convention sur le mercure a été adoptée samedi par quelque 140 États, a annoncé le ministère suisse des Affaires étrangères.

Cet accord va permettre de réduire au niveau mondial les émissions de mercure très toxiques pour la santé et l'environnement.

Le mercure est un métal lourd très toxique pour les êtres vivants. Une exposition trop forte au mercure nuit au système immunitaire et peut entraîner d'autres problèmes comme des troubles psychologiques ou digestifs, la perte de dents, des problèmes cardiovasculaires ou respiratoires.

La nouvelle Convention a pour objectif de réduire la production et les utilisations du mercure, en particulier lors de la fabrication de produits et lors de processus industriels. Elle règle également la question du stockage et du traitement des déchets. Elle sera ouverte à la signature des États en octobre 2013 à Minamata, au Japon, en hommage aux habitants de cette ville touchée durant des décennies par une grave contamination au mercure.

Elle entrera en vigueur lorsqu'elle aura été ratifiée par 50 États, ce qui devrait prendre trois ou quatre ans, selon les experts.

La Convention prévoit l'interdiction du mercure d'ici 2020 dans les thermomètres, instruments de mesure de la tension, batteries, interrupteurs, crèmes et lotions cosmétiques et certains types de lampes fluorescentes.

La Suisse, qui avec la Norvège avait initié il y a dix ans ce processus de négociations sur le mercure, estime que cette adoption «montre la vitalité de la politique environnementale internationale et la volonté des États d'apporter ensemble des solutions à des problématiques mondiales», a déclaré Franz Perrez, chef de la délégation suisse à Genève.

Dans une étude présentée à la veille de la Conférence de Genève qui s'est tenue du 13 au 19 janvier, le programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) a donné des indications chiffrées sur la présence du mercure dans les lacs et rivières.

La déforestation s'est ainsi traduite, dans le monde, par un déversement dans les lacs et rivières de quelque 260 tonnes de mercure auparavant retenues dans les sols.

Sur les 100 dernières années, les quantités de mercure présentes dans les 100 premiers mètres de profondeur des océans, et provenant d'émissions liées à l'activité humaine, ont doublé. Les concentrations dans les eaux profondes ont, elles, augmenté de 25%, poursuit l'étude, en rappelant les risques de contamination des poissons destinés à la consommation.

Le mercure est utilisé dans un grand nombre d'objets et produits, allant des interrupteurs aux thermomètres en passant par des ampoules électriques, des amalgames dentaires ou même des crèmes de soin.

En outre les petites exploitations minières d'or, les centrales électriques au charbon, les hauts fourneaux et les cimenteries relâchent de grandes quantités de mercure.

«C'est assez incroyable comme le mercure est répandu (...) Nous laissons là un terrible héritage» qui affecte «les Inuit du Canada comme les travailleurs des petites mines d'or en Afrique du Sud», a souligné le secrétaire général adjoint de l'ONU, Achim Steiner, chargé du PNUE.

Les ONG de défense de l'environnement se sont déclarées «déçues» par la faiblesse des mesures prévues à l'encontre des deux principales sources de contamination par le mercure : les petites mines d'or et les centrales électriques au charbon.

Par ailleurs, la Convention ne prévoit pas l'interdiction du mercure dans certains vaccins. De même, aucune date d'interdiction de ce métal dans les amalgames dentaires n'a été précisée, sous la pression du lobby des dentistes qui ont cependant admis que son utilisation doit diminuer.

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