Gaspésie: la carcasse d'une baleine noire fascine les experts

La carcasse de la baleine a été remorquée... (PHOTO FOURNIE PAR GREMM )

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La carcasse de la baleine a été remorquée par un navire des Croisières Julien Cloutier, en fin de journée, mercredi.

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Une opération titanesque est en branle, en Gaspésie, où une carcasse de 50 tonnes doit être transportée vers un dépotoir. Le cadavre d'une baleine noire de l'Atlantique Nord, aussi appelée baleine franche, a été découvert mercredi au large de Percé et laisse croire aux experts qu'elle sera une mine de renseignements pour décrire cette espèce en voie de disparition.

La carcasse de l'animal dérivait entre l'île Bonaventure et le cap Blanc lorsqu'un plaisancier l'a repérée. L'observation de cette espèce à l'état vivant est déjà rarissime - il ne reste que 500 individus dans le monde -, alors cette découverte donne beaucoup d'espoir aux experts.

« Ce sera intéressant de pousser l'investigation et de faire l'acquisition de connaissances physionomiques et physiologiques sur cet animal-là, a expliqué Josiane Cabana, d'Urgences mammifères marins. Nous avons très peu d'information sur la baleine noire, alors nous en profiterons pour prendre une tonne de mesures. »

La carcasse doit être sortie de l'eau pour que les scientifiques puissent procéder à la nécropsie et au dépeçage du cétacé. Déplacer une baleine de 17 mètres de long et pesant 50 tonnes nécessite une logistique hors du commun.

Parcours long et complexe

D'abord, la baleine a été remorquée par un navire des Croisières Julien Cloutier, en fin de journée, mercredi. Elle a été tirée jusqu'à L'Anse-à-Beaufils, où elle a passé la nuit ancrée au fond de la mer.

Hier, un bateau l'a remorquée jusqu'à la ville de Newport, un peu plus au sud. Ce matin, la gigantesque carcasse doit être extirpée de l'eau grâce à un treuil et être installée sur un camion-remorque. Si tout se déroule bien, elle sera transportée dans un dépotoir de Caplan, où l'équipe de Stéphane Lair, de la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal, doit procéder à la nécropsie. L'un des objectifs de cet examen est de déterminer si l'activité humaine peut être responsable de la mort de l'animal.

« Une des causes les plus importantes de la mort des baleines noires, c'est les collisions avec les navires et les empêtrements dans les engins de pêche, explique le Dr Lair, qui espère que la baleine soit encore en assez bon état pour qu'il puisse déterminer ce qui a causé sa mort. Après, nous procéderons à une autopsie standard pour voir s'il y avait une infection ou des parasites et autres éléments du genre. »

Squelette éducatif

Une équipe du Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins (GREMM) sera aussi sur place pour dépecer la baleine. Le squelette sera par la suite transporté au Centre d'interprétation des mammifères marins, à Tadoussac, où il servira à des fins éducatives.

« Ça enrichira notre collection qui est déjà très intéressante. La baleine franche a un crâne qui fait pratiquement le tiers de son corps, alors juste au niveau visuel, ce sera très impressionnant. », explique Josiane Cabana, d'Urgences mammifères marins.

La nécropsie et le dépeçage seront pratiqués directement au dépotoir, où il sera possible d'enfouir immédiatement les matières organiques.

Espèces en péril

Des 13 espèces de cétacés qui se trouvent dans le Saint-Laurent, 7 sont en péril. Pour stopper le déclin alarmant de certaines populations, comme celle de la baleine franche, des experts ont mis sur pied des programmes de rétablissement. Certaines baleines sont aussi protégées par la Loi sur les espèces en péril (LEP), qui vise à prévenir leur disparition ou à permettre leur rétablissement. La population de baleines noires de l'Atlantique Nord, qui a été décimée par la chasse à la baleine, a été ajoutée à la liste des espèces en voie de disparition de la LEP en janvier 2005.

La baleine identifiée

La baleine a été identifiée par l'équipe du New England Aquarium de Boston. La femelle, Piper, est connue des scientifiques depuis 1993. À deux reprises dans sa vie, elle s'est empêtrée dans des filets de pêche. Elle faisait partie d'un programme de parrainage. « C'était l'une de nos préférées », a écrit Moira Browm, du New England Aquarium. Piper a eu trois bébés ; le dernier est né en 2013. Il y a donc des chances qu'un foetus soit découvert lors de l'autopsie.

La baleine noire de l'Atlantique Nord

  • STATUT : En voie de disparition. L'Atlantique Nord est le seul endroit au monde où on trouve encore cette espèce.
  • LONGUEUR :  De 15 à 18 m (les mâles sont un peu plus petits que les femelles).
  • POIDS : De 30 à 100 tonnes
  • POPULATION : Environ 500 individus
  • LONGÉVITÉ : Plus de 80 ans

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