11 millions d'enfants menacés par El Niño

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Les autorités kényanes estiment que 2 millions et demi d'enfants risquent d'être touchés par des inondations, des glissements de terrain, des coulées de boue et des maladies provoqués par la pluie qu'apportera El Niño.

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Famine, maladies, traumatismes: quelque 11 millions d'enfants d'Afrique de l'Est sont menacés par le phénomène climatique El Niño, qui pourrait être cette année le plus puissant jamais enregistré. À l'approche de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique, l'UNICEF a envoyé cette semaine un «signal d'alarme».

Les pays les plus vulnérables par rapport au réchauffement climatique ne sont pas au bout de leurs peines: El Niño risque de les frapper de plein fouet au cours des prochains mois, prévient le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF).

Dans un rapport rendu public cette semaine, l'organisation estime que le phénomène climatique causé par le réchauffement des eaux de surface du Pacifique devrait toucher particulièrement l'Afrique de l'Est, où «la vie de 11 millions d'enfants est en jeu».

El Niño, auquel on a notamment attribué la gravité de la sécheresse qui a fait des milliers de morts plus tôt cette année en Inde et au Pakistan, devrait se poursuivre durant le premier trimestre de 2016. Surtout, il pourrait être encore plus puissant que celui de 1997-1998, qui avait fait quelque 23 000 morts et plus de 46 milliards de dollars de dégâts, avance l'UNICEF.

«Les enfants sont affectés de façon disproportionnée par le type de catastrophes naturelles provoquées par El Niño», affirme l'UNICEF, expliquant notamment que la pluie et la chaleur peuvent favoriser l'éclosion de maladies comme la malaria, la dengue, le choléra et la diarrhée, «qui sont de grands tueurs d'enfants».

Les autorités du Kenya et de la Tanzanie avaient d'ailleurs observé une augmentation des cas de paludisme après le passage d'El Niño en 1997-1998, peut-on lire dans le rapport, qui cite également une étude péruvienne qui avait, à la même époque, observé une augmentation de 200% des cas de diarrhée dans le plus grand hôpital pour enfants de Lima.

Agir avant qu'il ne soit trop tard

Les crises humanitaires causées par des catastrophes naturelles connaissent une «augmentation significative», estime François Audet, directeur de l'Observatoire canadien sur les crises et l'action humanitaire de l'Université du Québec à Montréal, et El Niño a «un effet multiplicateur».

L'ancien travailleur humanitaire estime qu'il s'agit d'un «cercle vicieux»: les récoltes étant gravement touchées, les populations prennent le chemin des villes, où elles se retrouvent encore plus vulnérables.

À l'approche de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique, qui commencera à la fin du mois à Paris, l'UNICEF appelle donc la communauté internationale à prendre un engagement ferme pour agir afin de réduire le risque d'urgences humanitaires majeures dans les prochains mois et les prochaines années.

Plus nous attendons, plus la réponse sera coûteuse.

L'organisation insiste sur l'importance de la «réduction des risques», par de simples programmes de vigilance dans les communautés ou des provisions médicales et alimentaires. «Il y a plein de choses qu'on peut faire», lance François Audet. Or, la prévention est «l'enfant pauvre du développement international», se désole-t-il, parce qu'il y a «peu de capital politique à faire sur le préventif».

LES PAYS LES PLUS À RISQUE

Éthiopie

Plus de 8 millions de personnes sont touchées par l'insécurité alimentaire en Éthiopie, qui est aux prises avec sa pire sécheresse en 30 ans, et les autorités du pays anticipent que ce nombre augmentera à 15 millions d'ici le début de 2016 si rien n'est fait. Au cours des prochains mois, El Niño pourrait aussi provoquer des inondations dans certaines régions du pays.

Somalie

La Somalie se trouve dans une «situation humanitaire grave» après des décennies de conflit et des pluies irrégulières cette année, affirme l'UNICEF. L'organisation, qui craint des inondations importantes aux abords des fleuves Shebelle et Juba, estime que les effets d'El Niño commencent déjà à se faire sentir et que 3 millions de personnes ont un besoin d'aide immédiat.

Kenya

Les autorités kényanes estiment que 2 millions et demi d'enfants risquent d'être touchés par des inondations, des glissements de terrain, des coulées de boue et des maladies provoqués par la pluie qu'apportera El Niño. Ces précipitations augmenteront aussi la pression sur les réfugiés et déplacés internes, déjà touchés par la sécheresse.

Zimbabwe et Malawi

D'autres pays d'Afrique de l'Est seront aussi touchés par El Niño, prévient l'UNICEF. C'est le cas du Zimbabwe, où 1 million et demi de personnes risquent d'être touchées par l'insécurité alimentaire d'ici la saison sèche, qui s'étend de janvier à mars. Au Malawi, «près de la moitié des enfants sont sous-alimentés», selon l'UNICEF.

Ailleurs dans le monde

En Asie, 4 millions de personnes sont menacées, notamment par la saison des typhons qui pourrait être plus intense. El Niño a aussi «exacerbé l'impact des incendies de forêt et de tourbières» qui font rage en Indonésie, souligne le rapport. En Amérique latine, 3 millions et demi de personnes souffrent déjà de la pire sécheresse de l'histoire du Guatemala, du Honduras et du Salvador.

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