Le 35 mm est mort, vive le 35 mm!

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Au temps du numérique, des réalisateurs continuent de préférer la pellicule. Sur la photo, un projecteur 35 mm au cinéma Beaubien.

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Le 18 juillet 2011, à l'aube de l'avènement du cinéma numérique, le laboratoire photochimique Technicolor de Mirabel fermait ses portes, quelques mois avant Deluxe, à Toronto. Six ans plus tard, le 35 mm reprend du poil de la bête. Kodak ouvrira d'ailleurs cette année un nouveau laboratoire à New York pour répondre à la demande grandissante de réalisateurs inconditionnels de la pellicule. La Presse a tenté de comprendre cet engouement pour le 35 mm au temps du numérique.

Quand Paul Dion est arrivé chez Mel's, il y a huit ans, en tant que directeur des opérations, le laboratoire photochimique qu'il dirigeait comptait 20 employés, répartis sur trois quarts de travail. Aujourd'hui, il n'y a plus que quatre personnes qui s'occupent du développement des pellicules argentiques, alors qu'une équipe de 12 employés gère le service numérique.

«Avant l'arrivée de la distribution numérique, les fabricants de pellicule comme Kodak, Fuji ou Agfa faisaient beaucoup d'argent en vendant des milliards de pieds de pellicule. Mais quand la vache à lait s'est tarie, tout a fermé», se rappelle Paul Dion.

Au cours des cinq dernières années, les grands studios américains ont fortement incité les propriétaires de salles de cinéma à faire la transition vers la projection numérique afin de réduire radicalement leurs coûts de distribution.

«Un des derniers Harry Potter a mobilisé plus de 37 millions de dollars juste pour fabriquer des copies pour la distribution planétaire! On parle de 800 $ à 1000 $ pour fabriquer une copie 35 mm d'une durée de vie relativement courte, dépendant du transport et de son utilisation», explique Paul Dion.

Transition accélérée

«La distribution numérique est beaucoup plus simple: le film est soit envoyé vers un réseau satellitaire, qui va le redistribuer à ses abonnés, soit mis sur un disque dur externe normalisé pour tous les serveurs de cinéma numérique. Ça prend le tiers du temps réel à ingérer. Il ne coûte pas cher à dupliquer et il est crypté», ajoute le directeur des opérations de Mel's.

Au cours des cinq dernières années, les grands... (Photo Olivier Pontbriand, LA Presse) - image 2.0

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Au cours des cinq dernières années, les grands studios américains ont fortement incité les propriétaires de salles de cinéma à faire la transition vers la projection numérique. Des cinémas diffusent toutefois toujours des films sur pellicule. Le cinéma Beaubien en est un exemple.

Photo Olivier Pontbriand, LA Presse

Afin d'accélérer la transition vers le numérique, les majors ont mis sur pied le Digital Cinema Initiative (DCI).

«En trois ans seulement, la pénétration du numérique dans les salles s'est faite à 98 %», se rappelle Paul Dion.  

«Il y a eu d'autres incitatifs de la part des majors, qui se sont mis à donner une allocation [Virtual Print Fee] pour chaque titre distribué dans une salle afin d'aider à faire la transition. Les majors ont aussi commencé à sortir de nombreux titres d'animation en 3D, ce qui a permis aux propriétaires de salles d'aller chercher une nouvelle clientèle et de vendre leurs billets plus cher. Ç'a été la ruée vers la 3D pour sauver le cinéma», lance-t-il.

Vincent Guzzo, propriétaire des Cinémas Guzzo et président de l'Association des propriétaires de salles du Québec, a bouclé la conversion de ses salles en 2013. «En 2009, quand on a diffusé Journey to the Center of the Universe en 3D, c'était obligatoirement avec un projecteur numérique. La deuxième semaine [en salle] a généré plus d'argent que la première semaine de Batman en pellicule!», se rappelle Vincent Guzzo.

Alors que chaque propriétaire de salles a dû négocier avec les grands studios, l'aide allouée pour la transition vers le numérique a pu atteindre jusqu'à 80 % des frais, comme dans le cas des Cinémas Guzzo.

«Ils commençaient à payer quand tu atteignais 50 % de conversion des salles pour s'assurer que tu le fasses vite», se souvient Vincent Guzzo, qui a agi rapidement pour tirer profit du Virtual Print Fee.

«Des fois, il faut être opportuniste. Tu rentres deux copies de Star Wars: une en anglais, une autre en français. Si j'ai une troisième salle qui marche moyennement, je vais prendre une troisième copie de Star Wars qui va me rapporter plus que les entrées en salle grâce à la compensation!», explique M. Guzzo.




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