L'actrice israélienne Ronit Elkabetz est décédée

L'actrice Ronit Elkabetz, photographiée en 2009.... (PHOTO FRANCOIS GUILLOT, ARCHIVES AFP)

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L'actrice Ronit Elkabetz, photographiée en 2009.

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Agence France-Presse
Jérusalem

L'actrice israélienne Ronit Elkabetz, ambassadrice du cinéma israélien à l'étranger et notamment en France, est décédée mardi matin à Tel-Aviv à l'âge de 51 ans des suites d'un cancer, a indiqué son agent.

Mariée et mère de deux enfants, l'actrice, scénariste et réalisatrice, partageait son temps entre Israël et la France où elle avait joué notamment dans le film d'André Téchiné La fille du RER (2009) aux côtés de Catherine Deneuve, et dans Cendres et sang (2010) de Fanny Ardant.

Son dernier film, Gett, le procès de Viviane Amsalem, coréalisé avec son frère Shlomi Elkabetz, avait été nominé dans la catégorie film étranger pour les Golden Globes 2015.

C'était le dernier volet d'une trilogie familiale initiée en 2004 avec Prendre femme puis Les sept jours (2007), huis clos autour de la période traditionnelle de deuil.

Révélée à l'étranger comme actrice par Mariage tardif (2001) puis par le succès de La visite de la fanfare (2007) prix du jury Un certain regard à Cannes, elle joue dans de nombreux films israéliens et étrangers incarnant alternativement des personnages de femmes fortes ou à la dérive, ou les deux à la fois.

L'ancien président israélien Shimon Peres l'a qualifiée d'«excellente actrice», de «femme de culture de premier plan» et «d'ambassadrice culturelle exceptionnelle d'Israël», dans des propos rapportés à la radio publique.

«Elle mélangeait le talent, l'écriture et le jeu avec une signature spéciale qui lui était propre», a ajouté M. Peres.

Le décès de Ronit Elkabetz, facilement reconnaissable à son teint pâle et à sa longue chevelure noire, a provoqué de nombreuses réactions attristées également en France, pays avec lequel elle a coproduit ses derniers films.

«C'est aussi le cinéma français qui perd l'une de ses réalisatrices les plus prometteuses», a déclaré la présidente du Centre national du Cinéma (CNC) Frédérique Bredin.

Elle a salué la mémoire d'une «artiste engagée», «admirée pour son charisme et sa beauté» et qui «regardait la société israélienne droit dans les yeux en la questionnant sur ses traditions et, dans Gett, son dernier film, sur ses archaïsmes».

Charles Tesson, délégué général de la Semaine de la critique, la sélection parallèle du Festival de Cannes, dont Ronit Elkabetz avait présidé le jury l'an dernier, l'a qualifiée de «figure incontournable» du cinéma israélien.

«Si le cinéma israélien est aussi riche, qu'on en voit autant tous les ans à Cannes, ça lui doit beaucoup», a-t-il déclaré à l'AFP.

En tant que présidente du jury de la Semaine de la critique, «elle m'avait beaucoup marquée par son engagement, son exigence envers les autres et envers elle-même et cette manière de s'impliquer, d'être comme une sorte d'écorchée vive», a-t-il ajouté.

Ronit Elkabetz, qui n'avait jamais pris de cours de comédie, a reçu de nombreuses récompenses en Israël et à l'étranger comme actrice et réalisatrice.

Fille aînée d'une famille de quatre enfants, l'actrice était née en 1964 dans le sud d'Israël de parents juifs marocains d'origine modeste.

Une cérémonie en son honneur est prévue mercredi à la mi-journée à la Cinémathèque de Tel-Aviv, et son enterrement aura lieu ensuite à 8h au cimetière Kiryat Shaul de Tel-Aviv, près de Jaffa, ville jumelle de la capitale économique israélienne où vit une importante minorité arabe.

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