Demande d'extradition: Polanski s'est expliqué pendant neuf heures

Roman Polanski s'est présenté devant un tribunal de... (PHOTO ARCHIVES AFP)

Agrandir

Roman Polanski s'est présenté devant un tribunal de Cracovie, ce mercredi.

PHOTO ARCHIVES AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Stanislaw WASZAK
Agence France-Presse
Cracovie

Le cinéaste Roman Polanski a fourni pendant neuf heures mercredi des explications à huis clos au tribunal de Cracovie qui a ensuite ajourné l'examen d'une demande d'extradition américaine à son encontre pour une affaire de moeurs de 1977.

«La date de la prochaine audience n'a pas été précisée par le juge, il envisage de la fixer pour le mois d'avril», a indiqué la porte-parole du tribunal Beata Gorszczyk.

«C'était fatiguant et douloureux, a déclaré le cinéaste de 81 ans, car j'ai été obligé de revenir à des affaires que j'aurais préféré oublier». En veston-cravate, visage serein, il paraissait en bonne forme.

Interrogé par les journalistes s'il a pu manger dans la journée, il a répondu: «Oui, je peux vous recommander la cantine du tribunal».

En 1977, en Californie, le réalisateur alors âgé de 43 ans avait été poursuivi pour avoir violé la jeune Samantha Geimer, âgée de 13 ans.

«Totalement libre» de se déplacer

Après 42 jours de prison, puis sa libération sous caution, le cinéaste qui avait plaidé coupable pour des «rapports sexuels illégaux» avec une mineure s'était enfui des États-Unis avant le prononcé du verdict, craignant d'être lourdement condamné.

Mais, lorsque les États-Unis ont demandé son extradition à la Pologne, il a dit vouloir se soumettre à la procédure judiciaire.

Mercredi, il a redit faire «absolument» confiance à la justice polonaise.

Ses avocats, Mes Jerzy Stachowicz et Jan Olszewski, ont expliqué à la presse leur ligne de défense consistant «à démontrer que la demande d'extradition n'est pas fondée», compte tenu de l'accord passé à l'époque entre le cinéaste franco-polonais et la justice américaine.

Selon cet accord, accepté par le procureur et les avocats de la victime, ont dit les avocats, la peine prévue a été purgée par leur client. Ils ont réclamé que le tribunal examine les procès-verbaux des interrogatoires subis par le procureur américain qui avait mené l'affaire aux États-Unis.

La porte-parole du tribunal de Cracovie a indiqué à l'AFP qu'«aujourd'hui Polanski a répondu à toutes les questions du juge, donc pour l'instant il ne sera pas nécessaire de le convoquer une nouvelle fois».

«Aucune mesure préventive n'a été décidée contre Polanski qui est totalement libre» de se déplacer, a encore dit Mme Gorszczyk.

L'extradition de Polanski, citoyen polonais et français, «reste possible» selon le parquet polonais car la prescription, dont son acte - relations sexuelles avec une mineure - bénéficie en Pologne, ne s'applique pas en cas de requête des États-Unis, en vertu d'un accord de coopération judiciaire entre les deux pays.

En Pologne, c'est d'abord un tribunal qui statue sur une demande d'extradition. S'il la refuse, l'affaire est close. S'il l'approuve, la décision finale appartient au ministre de la Justice.

Théoriquement, si le tribunal se prononçait en faveur de son extradition, le juge pourrait demander son arrestation. Mais, a précisé la porte-parole du tribunal, «une telle demande du parquet a déjà été repoussée dans le passé et Polanski a montré qu'il collaborait avec la justice, répondant à toutes les convocations et fournissant son adresse en Pologne». Par conséquence son arrestation «paraît pratiquement improbable».

Précédent suisse 

Le huis clos a été décidé pour protéger la vie privée des personnes impliquées, a-t-elle ajouté.

Avant l'ouverture du procès, le juge présidant l'audience, Dariusz Mazur, a indiqué également que les avocats du cinéaste avaient demandé mardi d'inclure dans les actes du procès les dossiers du procès d'extradition en Suisse de 2009, comprenant des documents en anglais et en allemand.

Résident suisse, M. Polanski avait été arrêté à Zurich à la demande de la justice américaine, puis assigné à résidence pendant quelques mois, mais n'avait pas été extradé.

Le réalisateur des films Rosemary's Baby, Chinatown, Le Locataire ou encore Tess a confirmé par ailleurs qu'il préparait un film sur l'affaire Dreyfus, dont une partie allait être tournée en Pologne.

Partager

publicité

publicité

publicité

la boite:1977421:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

publicité

Autres contenus populaires

image title
Fermer