The Lego Movie: briques magiques

The Lego Movie... (Photo fournie par Warner)

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The Lego Movie

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Sonia Sarfati
La Presse

(LEGOLAND, CARLSBAD) Après avoir transformé l'eau en nourriture dans Cloudy With a Chance of Meatballs et 21 Jump Street en superproduction à succès, Phil Lord et Christopher Miller retombent en enfance en jouant avec des Lego. Plus de 15 millions de briques et 183 figurines. Rencontre avec les bâtisseurs d'imaginaire de The LEGO Movie.

Il y a deux genres d'utilisateurs de LEGO: ceux qui suivent les instructions à la lettre et ceux qui préfèrent imaginer et créer. Deux écoles qui «s'affrontent» dans The LEGO Movie, écrit et réalisé par Phil Lord et Christopher Miller (Cloudy with a Chance of Meatballs, 21 Jump Street) en compagnie de Chris McKay (Robot Chicken), qui a supervisé l'animation de ce long métrage au look unique.

En effet, si ce film d'animation a été en majeure partie réalisé en images de synthèse 3D, le but était de donner l'impression d'avoir été fait en stop-motion, un peu comme si les briquettes colorées et les figurines aux sept points d'articulation (seulement!) prenaient vie. Par magie. Et pour raconter Emmet, un de ces innombrables ouvriers de construction LEGO, à veste orange, qui «répondent» à la commande, suivent aveuglément les instructions.

Emmet qui est si conventionnel que même ses pairs l'ignorent. Jusqu'au jour où, par un (heureux?) accident, il rencontre Wildstyle, jeune rebelle qui l'identifie comme le «Spécial», car porteur de «la pièce de Résistance» qui va permettre de sauver le monde menacé par Lord Business - pour lequel chaque chose a sa place et pas une autre, il veut de l'ordre, de l'ordre et de l'ordre. La créativité est son ennemie.

Commencera alors une aventure échevelée où les deux héros croiseront le mystique Vitruvius, le très sérieux Batman, un Green Lantern en quête de l'attention de Superman, des pirates menés par Metal Beard, la changeante Unikitty (mi-chatonne mi-unicorne), un policier à lui seul Bon Cop/Bad Cop, le classique Spaceman né à l'univers LEGO dans les années 80, etc. N'oublions pas que l'entreprise danoise possède les droits d'à peu près tout ce qui a connu du succès au grand écran, de Star Wars à Harry Potter, donc les «caméos» sont innombrables. Et hilarants.

Bref, en tout, 183 figurines peuplent un univers fabriqué de quelque 15 millions de briques.

Faux artisanat

«Le film aurait été trop long et trop cher à réaliser en stop-motion», expliquait Chris McKay, un pro de cette technique qui a passé un an et demi avec une équipe de 250 personnes, en Australie, pour animer le long métrage. «Mais nous voulions absolument arriver à la même impression artisanale que donnent ces courts métrages que les fans de LEGO font chez eux et que l'on retrouve sur le web.»

De l'artisanat... mais à portée épique. D'un côté, un océan se déchaîne, des flammes montent vers le ciel, des armes crachent des projectiles - tout cela, fait de ce qui semble être des briques de plastique. D'un autre, des personnages au visage jaune marqué de deux points noirs pour les yeux et d'une ligne pour la bouche; aux mains grossières en forme de pinces; aux mouvements limités en amplitude et en fluidité. Autant de contraintes que Chris McKay et ses troupes ont «magnifiées», parvenant à humaniser le résultat tout en lui conservant son identité «legoienne».

«Les animateurs ont vraiment été super nerd dans leur observation des figurines. On voulait qu'elles soient saccadées dans leurs déplacements, maladroites dans leurs gestes, qu'elles donnent l'impression d'être manipulées par une main invisible. Et dans le design, il était important d'avoir des imperfections - de l'usure, des traces de doigts, de la poussière...», poursuit le chef animateur et coréalisateur du film.

Parlant imperfections, il y en a une qui s'est imposée à l'esprit de Phil Lord et Christopher Miller quand ils ont intégré le fameux Spaceman à leur histoire. Cette figurine a toujours eu un «problème»: la partie du casque qui passe sous son menton a la mauvaise habitude de se briser. Ils voulaient qu'elle affiche cette défectuosité à l'écran. Et ont dû, pour cela, demander l'autorisation aux dirigeants de LEGO, au Danemark. Qui ont hésité. Puis accepté.

L'ivresse d'abord, les craintes ensuite

«En fait, si on nous avait demandé de réaliser une publicité de 90 minutes pour vendre des LEGO, nous n'aurions pas accepté. Mais ils n'ont pas besoin de nous pour cela, c'est une société qui marche très bien. Ils ont plutôt été d'un très grand soutien», assure Christopher Miller qui, comme son complice Phil Lord, a d'abord été enivré par les possibilités du projet. «Les LEGO font travailler en même temps le cerveau droit et le cerveau gauche, notre côté créatif et notre côté "ingénierie". Nous pouvions aller dans toutes les directions, ce qui était excitant au départ. C'est quand est venu le temps de trouver une histoire qu'on a commencé à s'inquiéter», se souvient Phil Lord. En effet, que choisir quand tout est permis?

Une fois qu'ils ont trouvé Emmet et sa mission, les doutes se sont calmés. «Nous avions un fil conducteur qui nous permettait de greffer toutes nos folies», rigole Christopher Miller. Et leur folie est grande, si l'on se fie à ce à quoi ils sont arrivés dans leur adaptation de Cloudy with a Chance of Meatballs. De même qu'à leur version de 21 JumpStreep, dont le succès a été tel qu'il sera suivi, plus tard cette année, par 22 Jump Street. Oui, ils passent de l'animation au cinéma en prise de vue réelle. «Parce que nous aimons réaliser et qu'un film tous les quatre ans - c'est le temps qu'il faut pour un projet animé - , ce n'est pas assez pour nous», explique Phil Lord.

Pas assez pour leurs fans non plus, qui vont prendre un coup de jeune avec The LEGO Movie. Dont le message est? «Même si les gens ne reconnaissent pas notre vrai potentiel, il y a quelque chose d'unique et de spécial en chacun de nous», croit Chris McKay. «Mais aussi, revenez donc voir ça une deuxième fois!», pouffe Christopher Miller.

Cerveau droit et cerveau gauche, là aussi...

The LEGO Movie (Le film LEGO) prend l'affiche le 7 février.

Les frais de voyage ont été payés par Warner Bros.

Parler LEGO

Alors que les acteurs prêtent leur voix aux «autres» versions d'un film d'animation, ceux qui sont engagés pour la version originale participent à la création des personnages. «Nous les observons dans la cabine d'enregistrement, les animateurs aussi, et nous modifions le scénario et les designs en fonction de ce qu'ils apportent», notait le réalisateur Christopher Miller dans l'entrevue qu'il a accordée à La Presse avec son complice Phil Lord.

Voici donc ce que, en conférence de presse au coeur de LEGOLAND, quelques-unes des «voix» de The LEGO Movie avaient à dire sur leur expérience.

Chris Pratt (Emmet): «Le film raconte l'aventure d'Emmet et sa personnalité est très claire. Il sait exactement qui il est, un petit bonhomme triste et solitaire, mais pas par choix. Il est sûr qu'il n'a rien de spécial jusqu'à ce que le destin - et Wildstyle - le poussent à faire quelque chose d'extraordinaire. Il se met alors à croire en lui-même et en sa valeur, et il se trouve une «famille» », fait celui dont, enfant, la spécialité LEGO était la fabrication d'épées... dont il testait la solidité sur ses frères.

Elizabeth Banks (Wildstyle): «Wildstyle veut vraiment être spéciale mais en réalité, elle n'est pas sûre de sa place dans le monde. Son vrai nom est banalement Lucy. Elle l'a changé et a adopté un style différent pour sortir avec Batman, mais est-elle vraiment plus heureuse?», demande celle pour qui, enfant, jouer aux LEGO signifiait voler ceux de ses soeurs et dont les fils de 3 ans et un an et demi se font aujourd'hui un devoir de réduire en miettes les chefs-d'oeuvre en LEGO qu'elle construit pour eux.

Will Arnett (Batman): «J'ai lu l'Ancien Testament encore et encore pour me préparer! (rires) Non, sérieusement, j'ai beaucoup parlé avec les réalisateurs, nous avons regardé tous les Batman, même ceux d'avant les dinosaures, nous avons essayé de voir ce qui nous faisait rire de ce type. Nous nous sommes rendu compte que plus il se prenait au sérieux, plus il était drôle. Le mien se prend donc extrêmement au sérieux», fait celui dont le fils de 3 ans a rebaptisé le film The LEGO Batman Movie.




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