James Bond fête mondialement son anniversaire

Jane Seymour et Roger Moore dans une scène... (Photo: AP)

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Jane Seymour et Roger Moore dans une scène de Live and Let Die (1973).

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Anne-Laure Mondesert

(Londres) La sortie de James Bond 007 contre Dr No le 5 octobre 1962 a donné le coup d'envoi aux prospères aventures cinématographiques de l'inoxydable agent secret britannique au service de sa Majesté, universellement célébré vendredi, 50 ans plus tard.

À 0h07 locales, les notes du générique du prochain James Bond, Skyfall, interprété par la diva britannique de la soul Adele et dévoilé sur internet, ont lancé cette gigantesque entreprise promotionnelle de «Journée mondiale James Bond».

La chanson, dans la pure veine des musiques de Bond, s'est placée directement en tête des plus vendues sur iTunes, la boutique en ligne d'Apple.

Elle a été révélée trois semaines avant la sortie du film en salle de Sam Mendes - à partir du 26 octobre -, dernier épisode en date d'une lucrative saga qui a engrangé au box-office mondial plus de 5 milliards $.

En attendant le film, dans lequel le musclé Daniel Craig campera pour la troisième fois James Bond, les fans peuvent acquérir quelques-uns des objets mythiques des films, mis en vente par Christie's. En plus de quarante lots proposés en ligne depuis le 28 septembre, dix sont vendus vendredi à 20h30 dans les locaux londoniens de la célèbre maison d'enchères.

Le clou de la collection est l'Aston Martin DBS noire conduite par Daniel Craig dans la scène d'ouverture de Quantum of Solace (2008), lors d'une course poursuite sur les routes italiennes. La voiture est estimée entre 100 000 et 150 000 livres.

Les origines de James Bond sont expliquées dans un documentaire qui sort vendredi. Everything or Nothing: The Untold Story of 007, réalisée par Stevan Riley, rend hommage à l'écrivain britannique Ian Fleming, qui a inventé le personnage de Bond. Mais aussi aux deux producteurs qui l'ont lancé sur grand écran: Albert R. Broccoli et Harry Saltzman.

Aux États-Unis, une installation est dévoilée vendredi au Musée d'Art moderne de New York (MoMa), dédiée à Goldfinger (1964) et destinée «à capturer la suggestivité sexuelle et l'ironie désabusée» de 007. À Los Angeles, une nuit consacrée aux musiques des 22 films de James Bond est organisée par l'Académie des Arts et des Sciences du cinéma.

Une exposition, Designing 007, 50 Years of James Bond Style, ouvre par ailleurs à la fin du mois à Toronto, après être passée cet été par le centre Barbican à Londres.

Cinquante ans après son apparition sur grand écran, le plus célèbre agent du MI6 (renseignements extérieurs britanniques), macho séducteur adepte des voitures puissantes et des gadgets technologiques dernier cri, a su résister aux bouleversements historiques et culturels du monde.

Cette icône mondiale est vue au Royaume-Uni comme un joyau du patrimoine national: en témoigne son rôle aux côtés de la reine lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques. «Good Evening Mr. Bond», lui lance Elizabeth II avant de l'accompagner pour un parachutage fictif sur le stade olympique, qui a fait forte impression.

«La réputation de Bond, qui est devenu une marque internationale, signifie que si vous êtes des services de renseignements britanniques, vous pouvez aller partout dans le monde (...), les gens savent qui vous êtes, ce que vous représentez, une petite lumière s'allume dans leur tête: «James Bond!»», a expliqué sur la BBC Alan Judd, auteur de romans d'espionnage qui travaillait auparavant pour le Foreign Office.

L'agence du tourisme britannique a d'ailleurs lancé une campagne en utilisant le slogan «Bond is GREAT Britain», entrecoupant les vues de paysages emblématiques du pays avec des passages des films.

«007 a réalisé de nombreuses missions critiques pour la reine et le pays, donc il est légitime que nous en appelions à ses services maintenant pour encourager davantage de personnes à venir en vacances en Grande-Bretagne», souligne Mark Di-Toro, de VisitBritain.

Les acteurs ayant incarné James Bond au cinéma

L'Anglais Daniel Craig qui prête pour la troisième fois ses yeux bleus et ses pectoraux d'acier à l'inoxydable James Bond dans Skyfall, la 23e livraison des aventures du célèbre espion, est le sixième acteur à incarner le personnage crée par Ian Fleming.

> Sean Connery

- 1962 James Bond 007 contre Dr No

- 1963 Bons baisers de Russie

- 1964 Goldfinger

- 1965 Opération tonnerre

- 1967 On ne vit que deux fois

- 1971 Les diamants sont éternels

L'acteur reprendra son rôle en 1983 dans Jamais plus jamais, un épisode «non officiel» de la série.

> George Lazenby

- 1969 Au service secret de sa majesté

> Roger Moore

- 1973 Vivre et laisser mourir

- 1974 L'homme au pistolet d'or

- 1977 L'espion qui m'aimait

- 1979 Moonraker

- 1981 Rien que pour vos yeux

- 1983 Octopussy

- 1985 Dangereusement vôtre

> Timothy Dalton

- 1987 Tuer n'est pas jouer

- 1989 Permis de tuer

Pierce Brosnan

- 1995 GoldenEye

- 1997 Demain ne meurt jamais

- 1999 Le monde ne suffit pas

- 2002 Meurs un autre jour

> Daniel Craig

- 2006 Casino Royale

- 2008 Quantum of solace

- 2012 Skyfall

Barry Nelson et David Niven ont également endossé l'habit du célèbre agent britannique successivement en 1954 et 1967, pour des aventures «non officielles», dont la paternité n'est pas attribuée à Ian Fleming.

Les James Bond Girls, des sex-symbols légendaires

D'Ursula Andress émergeant des eaux bleues de Jamaïque en bikini blanc, un poignard à la ceinture, à Claudine Auger, Britt Ekland, Halle Berry ou Eva Green, les James Bond Girls sont devenues des sex-symbols légendaires en séduisant l'espion-séducteur numéro un.

Pour Ian Fleming, le père littéraire de James Bond, la femme idéale «doit savoir faire la sauce béarnaise aussi bien que l'amour», avoir «un corps parfait et naturellement un grand sens de l'humour, de l'élégance et une dextérité convenable aux cartes». Des partenaires de l'espion de Sa Majesté, Fleming n'aura connu qu'Ursula, avant de mourir le 12 août 1964.

> URSULA ANDRESS

La première des James Bond Girls inaugure le mythe sur une plage idyllique des Caraïbes, dans James Bond 007 contre Dr No aux côtés de Sean Connery (film réalisé par Terence Young, 1962). Quarante ans plus tard, le bikini de la Suissesse Ursula Andress sera acheté aux enchères plus de 41 000 livres à Londres.

> CLAUDINE AUGER

Opération Tonnerre (Terence Young, 1965) a lancé la carrière internationale de Claudine Auger, qui avait remporté le casting devant notamment Raquel Welch, Faye Dunaway et Julie Christie. Pour elle, face à Sean Connery, le personnage de Domino, initialement italien, était devenu français.

> BRITT EKLAND

Dans L'homme au pistolet d'or (Guy Hamilton, 1974), la Suédoise Britt Ekland, sex-symbol des années 1970, est le contact de Bond en Extrême-Orient. De Hong-Kong à Macao, Bangkok, Phuket, elle fait équipe avec Roger Moore contre Christopher Lee (l'Homme au pistolet d'or) et son associé Richard Loo.

> HALLE BERRY

Meurs un autre jour (Lee Tamahori, 2002) est pour Halle Berry l'occasion d'incarner une James Bond girl afro-américaine en bikini orange, aux côtés de Pierce Brosnan. La même année, elle est la première actrice noire à remporter l'Oscar de la meilleure actrice pour son rôle dans À l'ombre de la haine.

> EVA GREEN

La Française Eva Green, fille de l'actrice Marlène Jobert, incarne Vesper Lynd, la femme fatale de Casino Royale (Martin Campbell, 2006) face à Daniel Craig dans le rôle de l'agent 007. Elle est la quatrième James Bond Girl française après Claudine Auger (1965), Carole Bouquet (1981) et Sophie Marceau (1999).




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